Présumé coupable part d’une idée pleine de potentiel : un homme qui retourne dans son village basque, marqué par la disparition de sa petite amie et par les soupçons persistants d’en être le responsable. L’intrigue promet tension, secrets familiaux et une atmosphère de silence qui aurait pu se transformer en pur suspense. Pourtant, ce qui aurait pu être un thriller captivant s’essouffle à cause d’un développement beaucoup trop lent.
Le cadre est sans doute le point fort. Les paysages basques, entre forêts et côtes escarpées, ne sont pas seulement spectaculaires, ils apportent aussi une atmosphère troublante qui contraste avec le mystère central. La photographie donne du poids à chaque plan, accentuant cette ambiance de noir scandinave qui a visiblement inspiré la série.
Du côté des interprétations, Miguel Ángel Muñoz s’en sort bien dans un rôle plus mûr et exigeant que d’habitude. Mais ce sont surtout Susi Sánchez et Elvira Mínguez qui brillent, donnant de l’ampleur à chaque scène. Le problème vient de certains seconds rôles peu crédibles et d’un scénario qui tourne parfois en rond pour maintenir artificiellement le suspense.
Le rythme est l’obstacle principal : la série met trop de temps à décoller et abuse des flashbacks et des intrigues secondaires qui n’apportent pas toujours grand-chose. Cette cadence volontairement lente pourra séduire ceux qui aiment les thrillers contemplatifs, mais elle risque d’agacer ceux qui attendent plus de dynamisme.
En définitive, Présumé coupable est une production visuellement soignée avec de solides performances, mais alourdie par un scénario inégal et une narration trop lente. Pas un désastre, mais loin d’être marquante : on garde surtout l’impression que la matière aurait pu donner beaucoup plus.