ils auraient du s'arrêter de courir plus tôt
Bon exemple d’une série qui n’était pas fait pour durer et qui aurait du s’arrêter avant. La première saison lance le succès. Scénario complexe, réalisation tendue, tout était fait pour captiver.
Pour sauver son frère Lincoln qu’il croit innocent, Michael prépare un audacieux plan d’évasion qu’il dissimule dans un énorme tatouage. Il a tout préparé, chaque plan de la prison, les dimensions, les détenus, leur passé. Tout a bien été prévu, recherché dans le moindre détail. Mais une fois incarcéré il doit tenir compte des comportements humains imprévisibles, car il n’est pas le seul à vouloir s’évader. Surtout que les détenus ont des profils différents : vraie tueur psychopathe (l’inoubliable T-bag), mafieux ou simple voleur. Il doit collaborer avec eux pour réaliser son plan, tout en échappant à la surveillance des gardiens. A plusieurs reprises, ce plan manqua d’être découvert et il a fallu alors trouver rapidement un stratagème pour résoudre le problème.
En parallèle, une amie des deux frères, elle aussi persuadée de l’innocence de Lincoln, enquête pour savoir qui a fomenté cette accusation. Fuyant des tueurs impitoyables, elle découvre un immense complot remontant jusqu’à la présidente !
Si l’on veut bien accepter le plan d’évasion probablement irréaliste et surtout le complot douteux, où les morts s’enchaînent sans que les tueurs craignent d’attirer l’attention, la série s’avère vraiment prenante.
La saison 2 est celle de la fuite jusqu’au Mexique. Chaque détenu part de son côté régler ses propres affaires, retrouver sa famille ou se venger, mais l’histoire n’en a pas fini avec eux et ils ne manqueront pas de se retrouver (parfois par des hasards forcés…). Surtout qu’ils sont traqués par un redoutable agent du FBI. Et les auteurs de la conspiration sont également bien déterminés à ce que leurs secrets ne soient pas révélés. Fuite, conflits personnels, révélations, la saison poursuit dans la continuité de la saison 1, mais cette fois hors des murs. L’évasion n’a épargné personne : détenus, personnel de la prison, et même agents du complot. Chacun se retrouve entre la lutte pour la survie et ses remords, bon ou mauvais chacun se questionne.
La série aurait pu –aurait du- s’achever là mais devant le succès les producteurs en ont décidé autrement… Ils se sont débrouillés pour rallonger artificiellement l’histoire, en utilisant d’autres projets de l’organisation secrète pourtant censée avoir été dévoilée au grand jour, en renvoyant Michael en prison au Mexique pour la saison 3, pour une nouvelle évasion. Dans la saison 4, Michael et toutes les personnes impliqués doivent lutter contre la source même de l’organisation, Michael devenant un vrai génie capable de concevoir sur commande un plan ingénieux. La série ne ressemblant plus guère à ses débuts, ni prison, ni tatouage. « prison break » se contente de reprendre les mêmes ficelles, trahison et alliances improbables entre ennemis, tout en reprenant des pseudo-révélations déjà vu ailleurs qui ne surprennent même pas tellement la ficelle est grosse. Tout n’est pas à jeter pourtant, certains personnages sont intéressant (Malhone, l’agent du FBI, qui parvient à se repentir), il y a de bonnes idées et de bons moments de suspens, certains épisodes étant tout simplement très bons. Le final s’avère ainsi tout à fait satisfaisant. Mais ça ne suffit pas à remonter le niveau des deux dernières saisons et ça ne change pas au fait qu’ils auraient du s’arrêter de courir plus tôt….