Après avoir visionné les deux premiers épisodes de Privilège, le sentiment qui prédomine pour moi est celui d'un rendez-vous manqué. Pourtant, les ingrédients d'une excellente série étaient réunis : un pitch original comme on en voit rarement, et surtout un casting de premier ordre porté par Melvil Poupaud et Manon Bresch.
Malheureusement, tout ce potentiel semble s'évaporer derrière un vernis de modernisme clinquant et artificiel. La série multiplie les situations outrancières et exagérées, au point de devenir lassantes. On regrette également une volonté trop marquée de coller au "parler des banlieues". Pour être honnête, j'ai passé plus de temps à essayer de déchiffrer ce qui se disait qu'à m'intéresser réellement à l'intrigue. Entre le jargon et un problème de prise de son — un mal malheureusement récurrent dans beaucoup de productions françaises — une partie des dialogues devient inintelligible. Ce choix (ou ce défaut technique) finit par exclure le spectateur un peu âgé, qui se retrouve déconnecté du récit faute de sous-titres.
Comme le dit si bien la chanson de Bigflo et Oli, « c'était dommage, il y avait tout pour réussir ». À force de vouloir paraître trop actuelle ou branchée, la série passe à côté de son sujet et de la justesse nécessaire pour captiver sur la durée. Je n'ai vu pour l'instant que deux épisodes et, à vrai dire, je ne sais pas si j'aurai le courage de continuer à visionner la suite.