L'Espagne de Franco était un enfer, et cette série le montre à l'envie. Peut-être trop, car ça perd un peu en crédibilité.
Pourtant, les premiers épisodes étaient assez prometteurs en installant cette ambiance lourde et malsaine, pleine de violence à peine contenue, d'hypocrisie et de faux-semblants. Et le prétexte de l'ambiguïté sexuelle du fils prodigue instillait un ressort dramatique plein de potentiel.
Hélas, au fur et à mesure que se dessinait le caractère intrinsèquement malfaisant de deux des personnages féminins principaux, l'édifice commençait à se délabrer. Seule le troisième personnage féminin, antagoniste des deux autres, parvenait à exister. Tous les personnages masculins devenaient des pions ballotés dans les stratégies machiavéliques de ces 3 femmes, des "pauvres choses" se débattant avec les affres de leur conscience et manipulés par les 3 mégères (certes, l'une des 3 agit pour la "bonne cause", mais de façon particulièrement retorse).
Je veux bien que l'heure soit à l'égalité des sexes, mais de là à inverser complètement les rôles, il y a une limite à respecter si on veut rester crédible. Et puis, on est dans l'Espagne franquiste, un régime particulièrement machiste. Nous faire croire que les femmes régentaient tout en sous-main, c'est un peu gros.
Enfin, quitte à partir dans le délire en inventant un personnage aussi grotesquement haïssable que cette "abuela" cauchemardesque, il aurait fallu en donner plus au spectateur en la faisant souffrir progressivement et longtemps plutôt que cette fin expédiée.