Comme j’aime à le dire, je ne suis pas un amateur de sport. Je ne pratique pas et je regarde rarement les compétitions à la télévision. Pourtant, il m’arrive d’être sensible à autre chose : le geste juste, la beauté du mouvement, une forme d’élégance presque chorégraphique qui transcende la performance pure.
C’est précisément ce que l’on retrouve au tennis, dans ce que l’on pourrait appeler l’âge d’or récent du sport : l’époque Nadal, Federer, Djokovic. Trois noms déjà inscrits dans une forme de mythologie contemporaine du tennis.
Le documentaire Rafa, disponible sur Netflix, consacré à Rafael Nadal, s’inscrit dans cette continuité. À travers trois épisodes, le champion espagnol s’y livre avec une rare franchise. Mais l’intérêt du film ne réside pas tant dans le récit classique de la construction d’un champion — exercice désormais bien balisé — que dans une question plus subtile : comment demeure-t-on au sommet ?
C’est là que le documentaire trouve sa vraie force. Nadal y évoque sans détour la douleur, omniprésente, presque constitutive de sa carrière, et la manière dont il a dû composer avec elle, année après année, match après match.
En trois heures à peine, le récit file à une vitesse surprenante. Et au-delà de la légende sportive, c’est surtout un homme qui apparaît : humble, concentré, et étrangement accessible.