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The Riley Show
Dans ce spin off de Vice-versa on suit toujours Riley, mais cette fois non pas du point de bue des émotions qui la contrôle, mais du pour de vue des réalisateurs de ses rêves chez Dream Productions...
le 24 juin 2025
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Pixar avait déjà prouvé avec Vice-Versa qu'il pouvait transformer l'architecture mentale d'une enfant en territoire cinématographique. Rêves Productions pousse cette logique un cran plus loin, et dans une direction inattendue : plutôt que de plonger dans l'esprit de Riley, la série nous emmène dans les coulisses de la fabrication de ses rêves. Un studio. Des deadlines. Des egos. Des crises de créativité. L'idée est absurde, et c'est précisément pour ça qu'elle fonctionne.
Le format mockumentaire est le choix le plus malin que la série pouvait faire. Les personnages qui s'adressent à la caméra avec le regard légèrement épuisé de quelqu'un qui voudrait bien que cette journée se passe différemment, les apartés révélateurs, la caméra qui attrape les moments de chaos au bureau comme un documentariste qui n'en revient pas lui-même : tout cela installe une légèreté immédiate, une distance comique qui permet à la série de glisser vers des territoires plus profonds sans jamais peser trop lourd. C'est la même logique que The Office ou Parks and Recreation, cette façon de traiter le banal avec un sérieux deadpan qui finit par produire de l'émotion là où on ne l'attendait pas.
Paula Persimmon est le cœur battant de tout ça. Réalisatrice de rêves chevronnée, dépassée par les changements d'une Riley qui grandit plus vite que ses méthodes, elle incarne cette tension universelle entre l'expérience qui sait ce qui a fonctionné et la réalité qui exige qu'on réinvente. Face à elle, Xeni, jeune metteur en scène aux ambitions démesurées et à l'ego parfaitement calibré pour irriter tout le monde, représente l'arrogance du talent neuf qui n'a pas encore été confronté à ses propres limites. Leur friction est le moteur comique de la série, mais elle dit quelque chose de réel sur ce que c'est que de travailler avec quelqu'un dont on ne partage ni le langage ni les références, et d'avoir quand même besoin l'un de l'autre pour que le travail existe.
Ce que Rêves Productions réussit avec une discrétion remarquable, c'est de parler de l'adolescence sans jamais la dramatiser. Riley grandit, ses rêves changent, et cette évolution se lit dans les crises du studio, dans les projets qui partent dans des directions que personne n'avait anticipées, dans ce sentiment persistant que les outils d'hier ne suffisent plus pour aujourd'hui. La série n'explique rien frontalement. Elle montre un studio en train de s'adapter à une cliente qui n'est plus tout à fait la même, et dans cet ajustement permanent réside toute la vérité de l'adolescence : ce moment où même les gens qui vous connaissent le mieux doivent réapprendre à vous connaître.
Visuellement, Pixar ne déçoit pas. Les décors du studio sont truffés de détails qui récompensent l'attention, les rêves eux-mêmes sont filmés avec cette façon caractéristique de mêler l'absurde et l'intime, et la palette de couleurs évolue subtilement au fil des épisodes pour refléter l'état intérieur de Riley sans jamais l'annoncer explicitement. C'est du craft discret, le genre qui ne se remarque pas parce qu'il fait exactement ce qu'il doit faire.
La vraie force de la série est cette double lecture qu'elle offre sans forcer. Un enfant y verra un univers coloré et drôle où les rêves sont fabriqués comme des films, avec des personnages exagérés et des catastrophes de bureau qui finissent toujours par s'arranger. Un adulte y reconnaîtra quelque chose de plus familier et de plus douloureux : la pression créative, l'obsolescence qui guette, la difficulté de comprendre quelqu'un qu'on aime quand cette personne est en train de devenir quelqu'un d'autre. Ces deux lectures coexistent sans se marcher dessus, et cette coexistence est exactement ce que le meilleur Pixar a toujours su produire.
Rêves Productions n'est pas Vice-Versa. Elle n'essaie pas de l'être. Elle prend son univers, y installe une caméra de documentariste, et laisse les personnages se débrouiller avec leurs propres contradictions. C'est plus modeste, plus léger, et c'est assumé. Parfois, la meilleure façon d'élargir un monde est de s'asseoir dans un coin et d'observer ce qui s'y passe quand personne ne regarde.
Créée
le 13 déc. 2024
Modifiée
le 16 mars 2026
Critique lue 106 fois
7
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