Ride or Die, t'en as forcément entendu parler ces deux dernières semaines. Numéro un sur Prime Video aux États-Unis dès sa sortie, top 10 dans quarante-neuf pays, quatre-vingt-seize pour cent sur Rotten Tomatoes... sur le papier, c'est un carton absolu. Et pourtant, en la regardant, il y a un truc qui coince. Pas le pitch — une meilleure amie de vingt ans qui découvre que l'autre est en réalité tueuse à gages internationale, ça, ça fonctionne à tous les coups. Le malaise, il est ailleurs. Il est dans le fait que la série le sait très bien, qu'elle a une intrigue d'espionnage au kilomètre, généricissime, et qu'elle s'en fiche complètement — parce qu'elle a compris un truc que beaucoup de séries d'action oublient : ce qu'on regarde vraiment, c'est deux actrices.
Octavia Spencer et Hannah Waddingham, franchement, elles portent le truc à bout de bras. Toute la presse le dit, et pour une fois elle a raison : Variety parle d'un show "middling", Looper d'une "histoire fade" — et pourtant tout le monde s'accorde sur un point, leur alchimie est réelle. C'est là que je veux qu'on s'arrête deux secondes — d'ailleurs si t'es pas encore abonné, c'est le moment, parce qu'on va justement creuser pourquoi cette alchimie fonctionne alors que tout le reste autour est du pilote automatique.
Le twist, c'est que Ride or Die assume complètement d'être un décalque de True Lies ou de Mr. and Mrs. Smith, version féminine et quinquagénaire. Et c'est précisément ça, l'angle mort de la critique américaine : elle reproche à la série d'être générique, sans voir que c'est peut-être la seule chose qui compte vraiment ici — voir deux femmes de cet âge porter un blockbuster d'action, ça, on ne l'avait jamais eu.
Côté France, l'accueil suit : les spectateurs AlloCiné donnent autour de 3,7 sur 5, avec des retours qui insistent tous sur le même point — un duo attachant, des cascades crédibles. Alors non, Ride or Die ne réinvente rien. Mais est-ce que ça change vraiment quelque chose, si le duo, lui, tient toute la promesse ?
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