Parce qu'au fond de quoi parle t'on avant de parler de s&x ?
De désespoir. Mais pas que.
De la société. Et de tout ce poids qu'elle impose aux humains qui y vivent. La Société est un bouillon de culture et ces pauvres humains y sont là-dedans comme des bactéries. Ils tentent tant bien que mal de se conformer (carrément plutôt mal que bien) à ce que tous les autres qui forment ce bouillon en attendent. Mais... pourquoi ?? si un individu n'est pas heureux dans cette société où personne ne l'est alors que ce sont ces mêmes humains qui ont créé toutes les conditions de leur malheur, pourquoi ne pas tout changer ? C'est un autre débat, qui n'est pas abordé là.
Un thème important abordé est la sexualité des femmes dans la société japonaise. Abordé mais pas vraiment travaillé. Dommage, ça aurait mérité un développement.
Ce qui est abordé, de front, sans détour c'est la mal être sexuel en tant que symptôme d'un trauma. C'est très humain, il n'y a pas de jugement, c'est cash. D'autant que le médecin lui même souffre d'un trauma. Et du poids extrême de la société envers lui quand son histoire est soudainement rendue publique. Selon la société japonaise, les actes des "ancêtres" (au sens large) sont la responsabilité des enfants. C'est très difficile à comprendre pour une âme occidentale, en quoi ce qu'on fait les parents doit être expié par les enfants ? pourquoi ces enfants doivent-ils en payer le prix ? ce brave médecin qui se battait déjà pour faire reconnaître sa spécialité doit aussi violemment affronter un passé invalidant.
Le personnage de l'héroïne est intéressant et tout aussi important que celui du médecin. Sa quête de liberté intérieure, ses tentatives de communication malgré les obstacles avec l'homme dont elle est amoureuse, sa recherche de compréhension et de remise en question sont touchantes.
Il est bien dommage que dans sa forme, cette série ait été tournée sur le mode plutôt sitcom, avec trop souvent des attitudes "Kawaï", c'est assez pénible à supporter, tout autant que la tendance à surjouer ou à hurler. Terrible le hurlement japonais. Et c'est bien dommage, en évitant tout ça, on aurait gagné en qualité. Autre chose plombe la qualité de S&X c'est un personnage féminin, sexologue aussi, costumé en maîtresse Domina, officiant dans un bureau aussi glauque qu'un lupanar dans un quartier défavorisé. Je n'en ai pas compris l'intérêt. Je me suis même demandée l'intérêt de se tirer des balles dans les pieds de page....
Intéressante série mais alourdie par tout ce que j'ai listé dans le paragraphe ci-dessus...