Nicole Kidman et Jamie Lee Curtis jouent dans une série policière mal distribuée, difforme et mal née, qui finit comme un crime contre les grands romans de Patricia Cornwell dont elle est issue. C’est un poche de gare passé à la machine à prestige hollywoodienne. Chaque moment complètement dingue rappelle agréablement qu’il ne faut rien prendre trop au sérieux. Il suffit de profiter de l’étrangeté. Kidman, elle, en profite clairement.
Même si Scarpetta m’a plus ou moins diverti comme série il y a de bonnes idées d’adaptation et quelques défauts macabres et prévisibles je serai curieux de voir si son public est enclin à la souplesse. La série alterne entre deux pistes de façon métronomique, leur accordant à peu près autant de temps, et il y a beaucoup d’éléments de preuve à suivre ; ceux qui regardent en consultant leur téléphone risquent de se perdre assez vite. Ce qu’on ne peut pas manquer, en revanche, c’est à quel point l’intrigue contemporaine a été conçue comme un feuilleton hystérique.
La chronologie des débuts, à l’inverse, est rationnelle et raisonnablement captivante : une enquête procédurale simple (bien que sordide), un mystère policier direct qui n’est pas bêtement ridicule selon les standards des drames de tueurs en série. La série est plus chargée en péripéties qu’une cabine des Marx Brothers, avec un pseudo-culte spirituel du deuil, des organes humains imprimés en 3D, une station spatiale tombée du ciel, des rivalités de bureau et des coups de cœur, et, sans oublier, des meurtres.
Cannavale est le MVP de la série : il ancre Kidman dans leurs scènes et Curtis dans les siennes, et semble, plus que la plupart de ces personnages, être quelqu’un qu’on pourrait croiser dans cette vie qu’on appelle le réel. En Kay plus jeune, Rosy McEwen porte les scènes situées dans le passé, et pourrait soutenir une série à elle toute seule.
Mais malgré la notoriété et le talent des acteurs, ils n’arrivent pas à tirer Scarpetta de sa fadeur pour en faire quelque chose de plus grand et de meilleur. Au final, on a une série de meurtres très correcte, avec un casting (probablement) très coûteux.