Une série se déroulant dans le monde militaire est assez rare pour être souligné. Et en particulier quand elle se situe sur la frontière la plus protégée et hermétique du monde. On est sur la DMZ, qui est une zone démilitarisée servant de zone tampon entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. D'une longueur de 249 km pour une largeur d'environ 4 km à cheval sur la frontière entre les deux pays, elle coupe la péninsule coréenne suivant approximativement le 38e parallèle qui formait la ligne de démarcation intercoréenne avant le conflit. Elle fait l'objet de patrouilles et de surveillance étendue de la part des armées nord et sud coréennes, mais aussi américaine. D'ailleurs c'est une grosse erreur dans la série, on ne montre jamais un seul soldat yankee, alors qu'au minimum il y en a une dizaine à chaque check point.
L'histoire prend son origine en 1997 quand une patrouille sud coréenne tombe sur une officier nord-coréenne avec son bébé, poursuivie par une escouade de nord coréens dans la DMZ. Celle-ci tentait de rejoindre son mari qui lui avait déjà pénétrée dans la zone quelques temps avant. S'en suit une fusillade qui laissera peu de survivants. 2020, près d'un village frontalier de la DMZ, le sergent Yong Dong-Jin( Jang Dong-Yoon) s'apprête à finir son service militaire. Mais quelques jours avant de partir, on lui donne l'ordre de rejoindre une mission spéciale et top secrète menée par le capitaine Song Min-Kyu(Yoon Park). D'après les travaux menées par le lieutenant Son Ye-Rim(Krystal), ex petite amie de Dong-Jin, une bête mystérieuse roderait dans la DMZ et doivent la mettre hors d'état de nuire. Ce qu'ils ne savent pas encore, c'est que le passé de Dong-Jin et de Ye-Rim est directement lié aux évènements de 1997.
D'entrée, à moins d'être complètement à l'ouest, on devine aisément que la créature est un mutant infecté par une substance transportée par les nord coréens en 1997. On apprendra rapidement que elle ramène des morts tout être contaminé, lui octroyant super vitesse, super force et une résistance surhumaine. Si le postulat de départ et le scénario apparait bon sur le papier, on va vite s'apercevoir que ce drama est beaucoup trop long pour ce qu'il a raconté. Limite, on aurait pu (dû?) en faire un film parce que le rythme va constamment être haché et coupé par des séquences de blablas totalement inutiles, souvent soporifiques. Ainsi à part le premier épisode, les 5 autres qui suivent sont beaucoup trop fades et plats. On oscille entre les phases d'action et d'infiltration, comme dans un film de guerre, et des phases explicatives ou narratives plus ou moins intéressantes. Dans les séquences d'action ou de thriller, on ressent bien toute l'angoisse et la tension qui pèse sur le groupe par contre. Toute la pertinence de l'histoire va intervenir vers les derniers épisodes, quand tous les secrets seront dévoilés.
Le casting est relativement bon, mais n'étant pas un grand fan de Jang Dong-Yoon, j'ai quand même apprécié sa crédibilité en maitre chien. J'ai bien aimé les prestations de Krystal, Yoon Park, Moon Jeong-Hee (j'adore cette actrice) mais surtout de Lee Hyun-Wook dans le rôle du lieutenant Lee Joon-Sung. Fils du député Lee Hyuk, et survivant du massacre de 1997, ce soldat est un homme bon, tiraillé entre le devoir envers son père et son esprit de droiture envers ses camarades. C'est celui qui dégage le plus d'émotions dans le drama. Comme certains l’ont dit, si la réalisation est correcte ainsi que la mise en scène, par contre je n’ai jamais vu un montage aussi calamiteux qui rend les transitions foireuses, vu que des scènes ont été coupése n’importe comment, et c’est souvent du grand n’importe quoi. Quel gâchis! heureusement que le final vient sauver l'ensemble parce que sinon c'était très très moyen. En fait la série fait le yoyo entre la partie action militaire et la partie psychologique, où des hommes qui ont un lourd passé sur la conscience vont réagir à leur manière à la situation actuelle qui est entrain de leur échapper.
Car la série met aussi en exergue le fait que l'armée est bien la grande muette: rien de doit sortir de la base et des opérations en cours, même si des fautes lourdes ont été commises. Après il a quelques d'aberrations par ci par là et des erreurs de traduction dans les ST de chez Viki : non un général 4 étoiles n'est pas un commandant. Et un lieutenant ne devient pas capitaine au milieu de la série. Pas très sérieux, surtout dans le monde militaire où je suis impitoyable. Cette série comme toute série coréenne qui se respecte mettra en valeur les thèmes chers de la repentance, de la résiliation et de l'abnégation. On verra surtout que la monstruosité et le dégoût ne proviennent pas toujours du "monstre" mutant, car l'homme pourra montrer un visage encore pire. Pour terminer, les à cotés du village jouxtant la DMZ sont sympathiques, mais ce n'était pas la peine d'en faire autant pour cacher la pauvreté de certains épisodes. Niveau suspense, c'est moyen, mais quelques rebondissements sont bien ficelés.
Pour conclure, je dirais que vers la fin on tire un peu trop vers la fibre "pathos", ce n'était pas la peine d'en faire autant. Les gros points noirs de Seach sont sa durée(c'est beaucoup trop long), son scénario parfois tortueux et mal amené, mais surtout, et çà c'est inadmissible, son montage calamiteux digne d'un stagiaire. Comment la production a-t-elle pu valider ce travail? L'interet de la série est surtout factuelle : c'est de nous rappeler que la Corée du Sud est toujours en guerre avec la Corée du Nord, et que la frontière qui sépare les deux pays est la plus militarisée du monde. Avec l'Irlande, la Corée est un des deux derniers coupés en deux de la planète, vestige de la guerre froide entre communistes et forces onusiennes mandatées par les Etats Unis. Ah oui je suis impardonnable, j'allais oublier de citer la meilleure actrice de la série, à savoir la chienne malinoise. Quel talent:)
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