Et si on s'aimait les uns les autres pour voir?

Bon soyons tout de suite clair : J'aime beaucoup Sense 8. J'adore le concept et son traitement, les personnages et leurs interprétations, les messages et leurs mise en contexte. Bien sûr tout n'est pas parfait mais chaque chose en son temps.


Sense 8 est une production américaine Netflix de 24 épisodes crée par les Watchowski (Matrix, Cloud Atlas...) et Joseph Michael Straczynski (Babylon V, Rising Star...). Et quelle bonne idée que d'avoir regroupé ces gens autour d'un si beau projet.


C'est l'histoire de 8 inconnus qui se retrouvent mystérieusement connectés les uns aux autres via une sorte de lien télépathique qui communique les sensations et les émotions, et permet aussi à chaque membre de prendre le contrôle du corps des autres. Tous sont très différents et éparpillés de par le monde et ensemble ils vont chercher à relever les défis de chacun alors qu'une agence gouvernementale semble à leur recherche.

Bon pour être honnête le scénario en lui même est peut être la principale faiblesse de la série. Pas que ce soit mauvais, mais c'est juste un peu du déjà-vu et c'est pas forcément réussi dans son développement qui a tendance à être brouillon. Mais la série se rattrape sur tellement d'autres points...

Commençons par les personnages. On suit donc en parallèle 8 personnes aux profils et origines variés :

- Nomi, une hackeuse américaine transgenre

- Capheus, le conducteur de bus à Nairobi

- Lito, un acteur star de films d'action mexicain (gay)

- Will, un flic de chicago

- Wolfgang, un truant berlinois

- Sun, vice-présidente d'un important consortium bancaire à Séoul

- Riley, une DJ islandaise

- Kala, une laborantine pharmaceutique à Bombay

Chacun à son arc narratif propre, et peu importe qu'il soit imposant (comme une guerre des gangs) ou personnel (le mariage de Kala), ils sont tous traités comme étant essentiels. Pas essentiels pour l'intrigue, essentiel pour les personnages et le groupe. Car oui, ils partagent tout, bien au delà d'un sentiment d'empathie.

J'aime vraiment beaucoup ce concept. Déjà parce que c'est très cinématographique. La magie du montage permet aux personnages d'être à plusieurs endroits à la fois, ou à une seule personne d'en être en fait 3 ou 4 (c'est pas facile à expliquer en détail en vrai...). Et l'autre raison qui fait que j'aime ce concept, c'est son message.


Sense 8, c'est une série profondément humaniste, qui nous considère tous sur un même pied d'égalité. Qui nous dit que le premier pas est de communiquer sans préjugé, que la clé est dans le partage et que la solution est l'amour universel. Certes c'est une vision très naïve, une utopie, mais c'est un beau message et j'avoue qu'en cette période, c'est une idée qui réchauffe le cœur.

Mais en parallèle on nous met en garde. Car cette solution, cette liberté absolue, a un ennemi : le corporatisme libéral. En tout cas c'est comme ça que je le comprend. Ce sont des thématiques bien connues des Watchowski qu'on retrouve mises en avant dans la trilogie Matrix : un monde qui aspire d'être en paix (Sion) menacé par le désir de contrôle des gouvernements et des grandes sociétés (l'Architecte et l'agent Smith).

Ici, la réalisatrice a décidé d'également ajouter d'autres thèmes : la politique, la sexualité, l'identité ou la notion de genre (thèmes par ailleurs peu fréquents dans les récits de science-fiction, pas de manière si centrale en tout cas). Et on comprend que ces sujets importent beaucoup pour Lana Watchoski, née Larry. Et franchement, ça fait du bien d'avoir une représentation si juste et sincère de la communauté LGBTQ (j'aime pas trop le terme communauté mais on se comprend). Ce n'est pas là pour faire bien ou pour faire de la com' (comme Star Trek et son "couple gay" qui était une vaste fumisterie), c'est là parce qu'elle a quelque chose à dire à ce sujet. Et le rendu à l'écran est vraiment excellent, en partie grâce à la mise en scène en elle même, mais aussi grâce au jeu des acteurs qui sont tous tellement justes! L'amour que ressentent les personnages et vraiment palpable, dans les baisers comme dans les scènes de sexes. Et ici, une scène de sexe c'est pas 2 personnes qui font crac-crac sous la couette, je vous rappelle qu'ils sont 8 à tout partager, ce qui donne lieu à des tableaux animés de corps nus entremêlés, montrés sans pudeur ni perversité. Un érotisme visuellement très beau.

Mais rassurez-vous, s'ils ont su filmer avec brio l'intime, les parties d'action ne sont pas mise en reste. Bah oui, on ne réalise pas LE film d'action charnière des années 2000 sans avoir un peu de savoir faire. Bien sûr ici il n'est pas question de faire du kung-fu qui envoie se faire foutre la physique, mais bordel que c'est agréable d'avoir des scènes bien chorégraphiées et un montage top qualité dans une série. C'est distrayant, fun et lisible, et mine de rien y a pas beaucoup de séries qui peuvent s'en vanter (pas en restant honnête en tout cas...). D'ailleurs je l'évoque juste dans la partie action mais le montage dans sa globalité est juste excellent, et c'est une des premières fois que je me fais cette réflexion durant un visionnage (hormis le travail de Chris Dickens, le monteur d'Edgar Wright qui est un monstre dans son domaine). Il suffit de regarder les séquences musicales pour le constater.

(Au passage la musique est très bien elle aussi)


Dernière chose à signaler toutefois : la fin de la série. le 1er Juin 2017, la réalisatrice annonce que Netflix décide d'annuler la série à la fin de la saison 2 pour des raisons de rentabilité. En effet, si la série connait un succès certain à sa sortie, elle coûte aussi cher à produire. Très cher. Beaucoup de tournages en décors naturels et partout dans le monde (Kenya, Inde, france, italie, angleterre, islande, allemagne, corée du sud...). Le 29 Juin, elle annonce que grâce au soutien des fans et des très (très) nombreuses demandes, le studio accepte de financer un double épisode de 2h pour venir clôturer l'histoire, Amor Vincit Omnia (l'amour triomphe de tout?). Alors autant c'est une bonne chose que d'avoir finalement eu une fin à cette série de qualité (bravo les fans!), autant on sent qu'il a fallu faire au mieux pour que tout rentre. Il manque clairement des petits passages et on sent un peu le forcing.

Bon...voila. C'était assez brouillon et je m'en excuse. Pas évident de faire le tri tant il y a de choses à dire. J'aurais pû encore m'attarder sur les thématiques, les liens entre les personnages, la réalisation...c'est vraiment très riche en contenu et très réussi dans son ensemble. Vous savez quoi faire.


La bise!

UltimaTom
8
Écrit par

Créée

le 3 janv. 2024

Critique lue 17 fois

Sense8

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9

Alkesh

le 8 juin 2015

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Sense9

Critique garantie sans spoilers mais 100% amoureuse, vous êtes prévenus! Véritable coup au coeur, cette série est tout bonnement un voyage terriblement humaniste . Ce lien qui se tisse (certains...

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