Adolescence - Découvertes sexuelles - Bromance - Acceptation de soi - Vie de famille - Féminisme - LGBTQ+ - Amour et Amitié - Ambiance lycée
Difficile de passer à côté tant on en a entendu parler au cours des dernières années, je parle bien sûr de Sex Education, (enfin) de retour ce vendredi. La série a hérité de l’humour rock et décalé des British et de la réalisation léchée et de l’inclusivité d’une série Netflix. Un mélange addictif qui balaye au cours de ses deux premières saisons un grand nombre de problématiques adolescentes, et pas que. Car si Sex Education nous fait rire avec son lot de scènes fortuites propres à l’adolescence : premières cuites, profs gênants, parents intrusifs… Le ton balance entre compassion nostalgique et moquerie bienveillante envers ces adolescents qui se découvrent à leurs dépends, et nous avec.
Alors qu’est-ce que ça raconte ? ????
Otis est un jeune lycéen discret qui subit quotidiennement les indiscrétions de sa mère, une sexologue excentrique et intrusive. Avec son meilleur ami Eric, ils passent totalement inaperçus dans leur bahut de la campagne anglaise mais tout change lorsque Maeve -ado smart et rebelle- s’associe avec Otis pour créer une clinique clandestine. Les patients ? Leurs camarades du lycée, esseulés en pleine découverte de leur sexualité. Le conseiller ? Otis, notre héros puceau qui a mine de rien retenu plus d’une théorie de sa mère.
I. Pourquoi est-ce que la série porte un regard novateur sur l’adolescence ? ????????♂️????
L’ADN britannique se ressent bien sûr dans les paysages pittoresques et la bande son électrique, mais il transparaît aussi dans l’écriture et son approche familiale de nos héros imparfaits Otis, Eric et Maeve. Sex Education s’intéresse en effet à l’impact que le foyer familial peut avoir sur l’adolescence. La série fuit la famille nucléaire clichée pour s’étendre sur des parents divorcés, une famille nombreuse de parents immigrés, une famille homo-parentale… 2020s quoi. Ce cadre complète celui du lycée et donne immédiatement de la profondeur aux personnages. On est marqué par les péripéties respectives de Jackson et Maeve qui font respectivement face à une pression parentale démesurée et à l’abandon inévitable de ses proches. Ainsi les scènes les plus touchantes de la série ont rarement lieu dans l’enceinte du lycée. La série s’écarte à plusieurs reprises même du point de vue des adolescents pour prendre celui de leurs parents ou professeurs, donnant du recul aux vives émotions qu’ils ressentent tout en nous rappelant au passage que l’adolescence est éternelle et qu’on découvre toute notre vie qui l’on est -y compris sexuellement.
Et si la psychologie des personnages s’épaissit intelligemment au fur et à mesure des épisodes, c'est en partie grâce à l’exploitation astucieuse du formula show - à savoir quand une nouvelle intrigue commence à chaque début d’épisode et trouve sa conclusion à la fin même de celui-ci. Ici ces histoires anthologiques ont deux intérêts majeurs. Premièrement elle met en avant une pléthore de personnages secondaires -voire tertiaires- attachants, alternant problématiques graves et légères. De plus ce procédé préserve la fluidité de la narration et la cohérence psychologique des protagonistes puisqu’ils prennent part de manière raisonnable à ces péripéties anecdotiques parfois absurdes mais toujours drôles.On regrettera en revanche l’utilisation poussive des triangles amoureux dont on espère voir la fin en troisième saison. Un procédé narratif décevant bien que globalement, la structure des épisodes, la variation des lieux -et des points de vue- font de Sex Education une comédie au regard novateur sur l’adolescence et dont le propos est brûlant d’actualité.
Pour continuer de lire la critique (et découvrir d'autres reco) c'est par ici :
https://amauryboat.substack.com/p/4-critique-sex-education-pourquoi