Parfois même un pilote peut laisser dubitatif. Durant la saison de printemps 2021, Shadows House était l'un des rares animés diffusé sur Wakanim dont la bande annonce m'avait fait dire "ha, je regarderais peut-être ça" parce que le concept d'avoir une partie des personnages qui ne sont que des ombres m'avait plutôt intrigué, même si j'avais soupçonné un subterfuge afin d'éviter de montrer des bouches en mouvement. (Halala, ces studios japonais, tout pour réduire les coûts.)
Et puis, le pilote ne m'avait pas emballé plus que ça. On y raconte l'histoire d'Emilico, une poupée servante qui vient de naitre et se démène pour que sa maitresse, une femme-ombre, soit la plus heureuse car celle-ci produit une suie bizarre qui dégueulasse sa chambre tout les jours. Pour le coup les histoires de servantes et de maitres ça ne m'emballe jamais plus que ça. C'est limite un genre à part entier qui a donné des oeuvres comme Black Butler ou Rozen Maiden... et que ça a tendance à partir vers le fétichisme facile.
Mais fort heureusement ça n'en reste pas là et il y avait des questions autour de la suie produite par les personnages, le fait que le personnage dise qu'elle est une poupée mais agit comme une humaine et quelques mystères qui m'ont assez intrigués pour regarder quelques épisodes supplémentaires.
Et grand bien m'en a pris, parce que très vite, Shadows House commence à dévoiler son univers et à aligner les moments mystérieux (notamment lorsqu'une poupée se met à mimer à l'identique les expressions que son maitre est censé avoir) et on arrive sur un très bon récit fantastique mâtiné de mystère qui m'a un peu rappelé la première saison de Promised Neverland (animée elle aussi par CloverWorks) : à savoir que toute la série est vue par un protagoniste enfermé dans un lieu mystérieux dont il doit apprendre petit à petit à connaitre les règles, voire tout en sympathisant avec les autres. Et comme Promised Neverland il y a quelques moments chocs où malgré l'optimisme de son personnage principal, la série n'hésite pas à être cruel envers le destin de certains personnages.
La série décolle avec tout l'arc de l'exhibition qui m'a fait enchainer les épisodes que j'avais de retard et j'ai fini par regarder la saison en entier. Là où c'est finement écrit c'est qu'à chaque fois qu'on en apprend sur ce monde, il reste assez pour nous pousser à suivre. Et que les personnages autour d'Emilico deviennent sympathiques y compris ces ombres on ne voit pas le visage du tout (ce qui est un gros frein à l'identification.) Il y a aussi tout un jeu de miroir entre la personnalité des serviteurs et de leur maitre, certains étant le reflet de ceci, d'autres s'y opposant. Et au final, un rapport qui ne m'intéressait que peu a réussi à m'appâter et ça c'est fort.
Le problème, c'est qu'évidemment ça s'arrête à la saison 1 et qu'on est encore dans ce genre d'animé où la question de la saison 2 est foutue dans les limbes de l'indécision. Bon, le manga est disponible en France, c'est déjà ça.