Sherlock (série entière) ****
Très bonne série policière, complexe par moments (lorsqu'il faut suivre à toute allure les raisonnements hallucinants de Sherlock Holmes) et souvent ponctuée d'une note d'humour bienvenue. La première saison n'est pas celle que l'on préfère, aussi si vous avez du mal à commencer, ne vous découragez pas, la deuxième saison a été pour nous un coup de cœur et a été celle qui nous a rabibochée avec la série (plus drôle, un Watson qui s'affirme face à un Sherlock qui nous exaspérait dans la saison 1, pour former enfin un vrai duo qui fonctionne). La saison 3 est un peu en perte de vitesse, notamment à cause d'un humour trop appuyé (on cherche puérilement à faire rire toutes les deux secondes, comme en témoigne le coup de l'addiction aux smartphones de Sherlock...) et de l'intrigue de Mary qu'on aurait préférée plus discrète (on en oublie presque les enquêtes du binôme, dommage !), mais offre tout de même son lot de bons moments comme le speech de garçon d'honneur de Sherlock. La saison 4 est certainement la moins bonne, bien que toujours regardable, car l'action devient clichée et improbable (non, on ne peut pas se jeter devant une balle tirée, et puis ces explosions démesurées au ralenti toutes les deux minutes... franchement on se croirait dans un film d'action américain à gros bras et gros budgets). De même que le dernier épisode de la saison 4 ressemble trop aux films comme Saw (des gens enfermés qui décident qui va mourir, sur les indications d'un timbré à la télévision, et en se déplaçant de salles en salles...). Notre chouchou Moriarty semble ne jamais revenir, dommage, car il était pour nous le méchant (de loin) le plus charismatique de la série. "Je vous ai manqué ?" - la réponse est un immense "OUI !!!". Le choix de Cumberbatch en Sherlock Holmes a été pour notre part discutable au début, car il en donnait une version trop arrogante et antipathique comparée à celle des livres qui est plus amicale, mais avec l'accomplissement du personnage de Watson (excellent Martin Freeman), le duo semble s'imposer comme une évidence, et fonctionne à merveilles. La deuxième saison est notre favorite, et on ne serait pas mécontent qu'une saison 5 pointe un jour le bout de son nez (un peu compromis, on sait, avec les deux acteurs principaux qui sont en bisbille...), surtout si elle reprend le chemin de la série modeste et géniale que l'on a connue à ses débuts.
Sherlock S1 /*
Une série qui a déjà un atout majeur : elle ne s'éternise pas inutilement dans la première saison, composée d'à peine trois épisodes de 1h25 environ. Le contenu en lui-même est par contre un peu inégal : Martin Freeman est excellent et délicieusement drôle en Watson largué et peinant à suivre l'intellect de Holmes, quant à lui campé par Benedict Cumberbatch, qui offre une composition originale du mythique Sherlock Holmes, mais ne nous plaît pas énormément. Son interprétation du Holmes romanesque est un peu poussive sur l'arrogance et le mépris du commun des mortels du personnage, qui ne tiennent pas tant de place dans le caractère du Holmes d'origine. Les intrigues de même sont différemment intéressantes : le premier épisode est haletant, bourré d'humour et de suspens quant au final tendu... Mais les deux autres épisodes n'ont pas le même panache que cette entrée en matière, et peuvent par moments être longs. Mais il faut reconnaître que le génie de déduction exceptionnel de Holmes se retrouve parfaitement dans la série grâce au travail bien mené des scénaristes. La suite est fiévreusement attendue dès la fin en suspens de cette saison. Malgré des choix qui ne plairont pas à tout le monde, une série qui ne manque pas d'intérêt, surtout avec un premier épisode haletant !
Sherlock S2 **/**
Une saison 2 mille fois meilleure que la première (enfin, de notre humble avis). On n'avait pas vraiment été emballé par la première saison, mais la deuxième déploie étonnamment un humour hilarant (il n'y a qu'à voir comment se termine la fin à suspens de la saison précédente à la piscine, très drôle ! Ou encore les innommables vacheries que les deux compères s'envoient, ressemblant peu à peu à un vieux couple, ce que l'avis populaire londonien ne cesse d'ailleurs de leur signifier, pour notre plus grande hilarité), puis une action bien mieux travaillée qu'auparavant : pas de temps mort, les épisodes sont construits non plus comme de longs épisodes mais comme des films de 1h20. Les longueurs passées ont donc disparu. Également, on avait du mal avec l'interprétation de Benedict Cumberwatch, mais ici il est constamment contrebalancé par son Watson pragmatique qui prend plus de place à l'écran et dans leur duo, plus question de passer pour le faire-valoir, et tant mieux ! Leur collaboration n'en est que plus brillante encore. A noter en bonus de cette excellente saison : les situations loufoques (Holmes nu sous un drap à Buckingham Palace, Moriarty qui danse sur du classique tout en dérobant les bijoux royaux... Un pur régal de scénaristes) et aussi des effets visuels remarquables : les plans alternés entre les photos de Holmes et de la dominatrice, ou encore la séquence où Holmes s'endort en rase campagne qui a été réalisée sans effet numérique mais avec un lit sur vérin hydraulique... Du pur génie. Une saison 2 visualisée par curiosité, qui nous a enthousiasmée à renouer avec la série.
Sherlock S3 ****
Très bonne suite à la saison 2 (qui restera celle que l'on préfère) qu'est cette saison 3 haute en couleurs avec son humour pince-sans-rire (parfois un peu trop, on vulgarise ce qui faisait le pétillant de la saison précédente...) et sa nouvelle arrivée Mary (également épouse de Martin Freeman à cette époque, pour l'anecdote) dont l'ancienne vie va amener des rebondissements inattendus ! Le duo de compères reste parfait, ils semblent avoir définitivement trouvé leur rythme dans cette collaboration. Un premier épisode vraiment très plaisant (celui qu'on a trouvé le plus intéressant des trois) avec ses théories en tous genres sur la chute de Sherlock (le making-of montre des fans particulièrement inventifs sur ce sujet, qui expliquaient comment ils interprétaient la fin de la saison 2, dont les scénaristes ont dû tenir compte pour leur dénouement pour ne pas être trop prévisibles ou à l'inverse trop abracadabrants) et une intrigue sentimentale entre Sherlock et Watson, entre joie de se retrouver et haine face à la mascarade, qui est des plus réalistes et touchantes. Le deuxième épisode se concentre lui sur le speech de Sherlock en garçon d'honneur du mariage de Watson et Mary (bon sang que de fous rires, ce discours...). Et le troisième relève de la traque d'un certain baron du crime qui ne se salit jamais les mains du nom de Magnussen, qui retient un peu moins l'attention que les deux premiers, sauf pour la séquence de rêve mortuaire, époustouflante en tous points. L'explication des trucages, à grand renfort de roues de vélo (si si !) pour faire pivoter la caméra dans son panoramique circulaire et à l'aide d'un lit en métal basculant sur la pression d'un levier, du pur génie. Mais le personnage de Magnussen en lui-même n'est pas tellement le véritable moteur d'intérêt de l'épisode, et l'on préfère revisionner encore et encore cette incroyable séquence de rêve psychédélique. Plus sombre, plus drôle (attention à ne pas en faire de trop...) et une complicité mise à l'épreuve, sur fond d'essais cinématographiques audacieux, on en redemande. Et, une dernière chose : à la question "Je vous ai manqué ?", on a hurlé un immense "OUI !!!"
Sherlock S4 *
En-deçà des saisons précédentes, la saison 4 reste toujours pour un public mature avec ses ambiances sombres et mystérieuses, malgré un premier épisode cliché du "public ado" (il faut faire rire, beaucoup, et surtout en utilisant à foison les nouvelles technologies...). Résultat : un Sherlock Holmes qui fait beaucoup trop de vannes, qui devient insupportable à taper sur son smartphone, et balaie les affaires comme il jetterait des mouchoirs en papier usagés. Sans compter que la fin de ce premier épisode est des plus grotesques (non, dans la vraie vie on n'a absolument pas le temps de se jeter devant une balle tirée...). Et de même, l'épisode suivant est parfois un peu confus : on laisse un policier et une infirmière qui tentent d'ouvrir une porte, puis ils disparaissent complètement de nos radars lorsque Watson arrive devant cette même porte, puis le policier revient comme par magie une fois la porte ouverte... Où était-il passé ? L'infirmière était dans le coup et l'a éloigné ? On n'en sait rien...et c'est agaçant car cela ressemble vraiment à une erreur d'inattention, soit du scénariste, soit du monteur. L'épisode final de même ne nous a pas emballée, malgré son ambiance vraiment glauque, on a parfois eu l'impression de revoir une version édulcorée de Saw...avec les gens enfermés dans une pièce qui doivent choisir qui va mourir, d'après les indications d'un tiers personnage timbré à l'écran... L'analogie n'a pas pu être évitée, pour notre part. Le final est assez bien mené, nous fait creuser la cervelle lors de ses retournements incroyables, mais pour nous, il manquera toujours Moriarty... ("Je vous ai manqué ?" - "OUI !!!", ce à quoi on rajoute à présent "Ah... Tout ça pour ça.").. Enfin, quelques effets spéciaux devenus tape-à-l’œil (l'explosion et les sauts à travers les vitres au ralenti : on se croirait dans un blockbuster à l'américaine). Heureusement que l'on retrouve avec un plaisir indéniable nos deux chers compères, et que l'ambiance plus sombre que jamais apporte un réel bonus à cette saison qui est parfois un peu confuse.