South Park
7.7
South Park

Dessin animé (cartoons) Comedy Central (US) (1997)

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l'horizontale verticalité du mal (et autres couilles violettes)


En géographie, le centre est le fond. Le milieu des USA est le "terrain vague" de White Trash coupés du monde, un espace que traversent encore quelques trains et autoroutes mais essentiellement survolé par les avions. Entre-soi congénital qui entretient les traditions séculaires, comme montré dans la lignée de films inspirés par Deliverance. Les voyageurs ne s'y arrêtent pas, de crainte de s'enfoncer non dans les marais de Louisiane, mais dans les profondeurs de la connerie locale. Comme dans les marais, la stagnation entretient une vie abondante - mais ici, excessivement endogène et dégénérescente.



Saison XX : Troll Drôle (2015)

(première élection de trump à la présidence)


Cette saison dilate un seul récit, et narre à la fois l'arrivée de Trump à la présidence, et l'émergence d'un Troll Suprême, un "evil mastermind" jamesbondien qui, sous prétexte de démasquer les trolls, veut rendre accessibles tous les historiques internet de la population mondiale, dans l'intention réelle de provoquer une troisième guerre mondiale.

Les personnages "flawed" de Southpark deviennent les reflets des "maîtres du monde" : Trump est monsieur Garrison, l'ancien prof ancien homosexuel refoulé; et le père de Kyle (le "token jew" de Southpark), est le troll qui a provoqué le processus de traque des harceleurs d'internet - en ayant conduit au suicide une personnalité publique danoise survivante du cancer du sein.


Cette saison insiste sur la malfaisance masculine : l'adulte et le gosse, le père de Kyle et Cartman, sont des "psychopathes banals" qui confondent l'humour avec sa forme la plus primaire, l'agressivité la moins "sublimée", la cruauté.

Les filles de l'école décident d'un commun accord de rompre avec leurs petits amis, punition collective pour les exactions d'un seul troll. Ces derniers deviennent des incels vindicatifs, revendiquant leur zizi comme le personnage de tom cruise dans Magnolia.

Cartman, inversement, "succombe" aux charmes d'une camarade ; aveuglé par l'amour, il abandonne ses préjugés et se convainc que sa petite amie a de l'humour. Mais plus tard, réalisant que les femmes sont trop intelligentes pour avoir besoin des hommes, l' "utopie" futuriste de son fantasme sexuel de vie martienne se transforme en cauchemar dystopique - vraisemblablement, elles les garderont dans des caves pour "miner" leurs blagues et leur semence.


Ni le père de Kyle, ni le premier homme à envoyer un mail sur l'internet réinitialisé après la crise (un sage vieux fermier vissé à un rocking chair sur son porche), ne comprendront la leçon.

La série explicite sa propre mise en abîme lors du combat final entre le minable petit troll papa de Kyle, et le Troll aux ambitions génocidaires : des intentions louables suffiraient-elles à rendre la cruauté de l'humour acceptable? Mais le père juif a trahi ses acolytes trolls qui le croyaient animé par des visées politiques, alors qu'il revendiquait juste l'exercice d'une cruauté gratuite nihiliste et infantile.

Il ne lui serait pas venu à l'esprit de pratiquer cet art dans lequel les anciens impérialistes en chef excellent : l'autodérision.


C'est d'ailleurs d'angleterre que parviendra l'avertissement trop tardif contre la contamination par les "memberberries" - mais le nouveau président Trump/Garrison a déjà été empoisonné par la nostalgie de ces grappes de raisin déraisonnables couilles molles dont le jus fermenté passe d'entrailles à entrailles - vomi dans la bouche comme le "liquide amniotique" qui donne naissance à l'antéchrist dans "Prince des ténèbres" de Carpenter (c'est donc encore non explicite à ce moment du récit, mais Trey Parker continue d'associer des dirigeants politiques au diable - ce fut le cas avec saddam hussein, ça le sera de nouveau avec trump).

Et si le passéisme sociétal (culturel et politique) n'est pas désigné sous ce terme qui passerait mal auprès du public US puisqu'il est issu de la gauche, c'est le même sentiment réactionnaire qui anime ces mâles malfaisants - du "Make Star Wars Great Again" de J.J. Abrams au "Make America Great Again" de Steve Bannon/Donald Trump. Après tout, chaque génération réinvente l'eau froide ; les oppositions se reformulent. La situation évolue : elle se dégrade en entretenant des conflits stériles.



Et dans le monde miniature des "memberberries" ("member" imitant l'anglais parlé, mais évoquant aussi LA BITE) s'opère aussi une prise de pouvoir : le "nostalgisme" populaire est récupéré par un vieux grain mafieux qui s'installe à la "Maison Blanche".

Car in fine, ces valeurs dont certains regrettaient la perte, sont celles du crime organisé, allié traditionnel des pouvoirs politiques et économiques anti-progressistes : la domination violente des mâles. Might is Right. La bonne vieille Droite. Et deeper yet, l'opposition droite-gauche est un leurre : pendant que JFK partageait avec les mafieux le cadavre en devenir de Marilyn Monroe, l'invasion du vietnam se préparait - l'une des pires guerres impérialistes du siècle.


En génétique des populations comme en alchimie, le haut est le bas : les "pures races" (white trash & blue bloods - "lie" et "élites") s'allient ; les "puissants" employant les innovations technologiques à entretenir la stagnation de la société (la "transmutation" de Garrison en Trump, qui emprunte son "process" à la création de Dark Vador dans Star Wars). Contre le renouvellement et la diversité génétique, le transhumanisme crée une nouvelle évolution "sur"-naturelle, qui réalise le rêve d'échappée aux contraintes naturelles et pérennise les hiérarchies traditionnelles (que les racistes associent pourtant à la nature - aux singes) (les "primates" étant les modèles des "primitifs", et l'ethnographie raciste assimilant les supposées relations sociales des "tribus" à celles des "singes" ...modèles des fantasmes de harems et d'autocraties de nos actuelles élites technophiles - la boucle est bouclée).


Star Wars était un conte - "In a galaxy far away a long long time ago..." - qui créait un cadre rural de Western où incarner les fantasmes technologiques de la science fiction (inventant de la sorte l'imagerie réaliste des vieilles tôles usées, mais qui doit encore trop aux boîtes de conserves de la vieille s.f. pour relever d'une ironie rétrofuturiste) ; une métaphore "hippie" opposant la technique et la magie, inspirée par la représentation cyclique du monde (temporel, moral et matériel) des "philosophies asiatiques" ("l'équilibre de la force" a vocation à être rompu : c'est la racine philosophique avec laquelle Rian Johson tentera de renouer en reniant le passéisme formaliste de J.J. Abrams, ce que les "fanboys" ne comprendront forcément pas). Hé, George Lucas est un gauchiste qui aime les bagnoles, on ne se refait pas.


N. B. :

Pattern recognition

Le hasard m'a fait regarder à quelques heures d'intervalles cet épisode où la copine de Cartman opère par analogie (pour appliquer la même aptitude de reconnaissance des schémas qu'elle avait employée à identifier les emojis désuets utilisés par le troll à l'origine de toute cette crise, à une énorme équation des laboratoires d'elon musk), et lire l'introduction de "Weird Scenes inside Laurel Canyon" où l'auteur explique que la démarche l'ayant fait qualifier de conspirationniste, consistait à reconnaître les patterns, les coïncidences trop souvent répétées qui signalent les structures réelles dissimulées derrière le narratif officiel (en l'occurrence, les relations familiales entre les plus éminentes figures du mouvement musical hippie, et les sphères de pouvoir politique et surtout le renseignement militaire)(on verra quelles conclusions il en tire)*.

(* J'ai vu est c'est assez déconcertant, ça renvoie à son livre précédent, qui relie le "phénomène" des tueurs en série aux tests demainpulations mentales opérés par les agences de l'état) (très complotiste)

Cette saison de Southpark repose sur la mise en relation de ces schémas ("make SW/USA great again") - puisqu'en tant que satire, la série examine un microcosme significatif, une sorte d'élevage de primates en captivité. Us small town folks...

Quand trump reviendra au pouvoir politique, l'attaque sera frontale - plus de monsieur Garrison possédé par le jus de couilles violettes du terroir (cuvée 2015). Juste le ptit zizi de donald.


And remember : rednecks aren't the only white trash !

ChatonMarmot
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le 18 juil. 2026

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