Il y a quelque chose de dérangeant dans ce pastiche-hommage fétichiste à l'esthétique film noir des années 30-40 (avec quelques incursions de la SF des années 50). Une forme de révisionnisme, d'appropriation culturelle. Non seulement dans cette colorisation fluo, à la fois profanatrice et fascinante de mauvais goût chatoyant ; mais même au sein du noir-et-blanc dit "authentique", ces effets spéciaux Marvel cadrés façon Howard Hawks, ces dialogues de sitcom sertis de décors art déco... Oui c'est beau mais... C'est clinquant. De la copie grossière techniquement chiadée, mais puisant sans vergogne dans la verve des pionniers d'antant. La mécanique tourne à vide, le scénario est inconséquent. Le charme irrésistible des modèles fait défaut à ces antipathiques imposteurs. Même Nicolas Cage semble se parodier lui-même. Mais ça, ça fait longtemps.