Avec la fin de Braquo et de Borgia et après le succès international de Les Revenants, Canal+ se retrouve face à deux problématiques : renouveler son offre, et s’exporter à l’international pour mieux rentabiliser ses productions. Quatre nouvelles créations originales apparaîtront donc en 2015 : Le Bureau des légendes, retour très attendu d’Eric Rochant à l’espionnage, Versailles, fresque historique sur Louis XIV, et Panthers, un polar avec Tahar Rahim. Spotless est donc la première de ce quatuor prestigieux à faire ses premiers pas sur la chaîne cryptée. Scénarisée par un ex de Shameless, Ed McCardie, et mettant en scène Marc-André Grondin, Denis Ménochet et Brendan Coyle, Spotless raconte les mésaventures de deux frères français qui se retrouvent plongés au cœur du crime organisé londonien.
Spotless évoque très rapidement Breaking Bad : cette confrontation d’un père de famille au microcosme violent des gangs et du trafic de drogue est en soit une véritable réponse au classique de Gilligan. Après quelques épisodes, Spotless accuse pourtant de grandes différences avec son aînée : s’ouvrant à des thématiques différentes, préférant davantage s’intéresser au passé de ses personnages plutôt qu’à leur destin, le duo McCardie – Marrinan dessine peu à peu une ambiance singulière à son intrigue.
Mais dans une ambition parfois trop poussive, certains arcs secondaires finissent par perdre en crédibilité, de même que leurs protagonistes. Car si on applaudit la solidité des deux rôles principaux, nombre de seconds couteaux peinent à convaincre ou n’intéressent que trop peu – la gamine, pour commencer, qui souffre du syndrome Kim Bauer.
L’ensemble possède de belles fulgurances et techniquement, c’est très maîtrisé – budget d’importance oblige. Reste que cette mise en bouche souffre de problèmes de rythmes agaçants et d’enjeux pas toujours bien sculptés. Demeure un travail accompli qui fait figure de gouvernail parmi les productions de fictions télévisuelles du PAF. Imparfait mais sympathique.