C'est finalement une expérience assez similaire à celle de la première saison. Plutôt que d'être une suite, SSSS.Dynazenon est plus un stand alone qui se place dans le même univers que SSSS.Gridman. Toujours des gros robots géants, toujours des kaijus qui détruisent des immeubles tous les matins, et toujours cette maîtrise dont témoigne le studio Trigger pour raconter de belles histoires malgré des prémisses qui n'ont pas l'air forcément folles.
On retrouve beaucoup de forces qui faisaient de la première saison une réussite, et qui sont je trouve parfois même améliorées. On garde le gigantisme à la fois des robots et des kaijus, les combats de mecha toujours aussi bien animés, et l'amour du studio pour les super robot et les monstres géants. D'un point de vue uniquement visuel, je trouve SSSS.Dynazenon plus beau que la première saison. Les scènes d'actions même des épisodes "secondaires" sont systématiquement réussis, et les scènes de "gattai" sont jouissives (mmmhhh oui, les tuyaux et les pinces qui se rentre dedans avec de la musique épique par derrière, j'en mourrais). Puis le design de robot dinosaure, bon, voilà hein, soit on retrouve une âme d'enfant de 10 ans et on adore soit on est un vieil adulte aigri et on trouve ça too much. Je vous laisse deviner ce qui est mieux.
A coté de ça, l'animé arrive à très bien mettre en place son atmosphère, qui n'est pas comme dans la première saison onirique et presque surréaliste, mais quelque chose de presque déconcertant. On suit une équipe de bras cassé, qui n'en ont absolument rien à faire de contrôler un gros robot géant, qui sèchent les entraînements pour aller à l'école, et qui hésitent à sauver la ville d'un kaiju parce qu'ils ont cours en même temps... Tout ça aboutit à un décalage entre les personnages "normaux" et Gauma, qui parait à coté être le protagoniste attendu d'une série de super robot. On peut néanmoins regretter qu'il y a moins de surprise dans cette seconde saison. C'est que quand on lance l'épisode, on sait que la mise en scène très contemplative va finir par laisser place à un bon gros tabassage de kaijus par un mecha géant. Ça n'enlève rien au plaisir de la scène, mais disons qu'on sait à quoi s'attendre, là où dans la première saison on pouvait avoir un réel effet de surprise par le décalage de tons.
J'ai également trouvé que l'aspect plus "psychologique" est beaucoup plus réussi dans la première saison. Cette seconde saison se concentre également sur la psychologie de ses personnages, sur leurs problèmes, leur passé, leurs angoisses. Mais j'ai trouvé que cet aspect était moins creusé que dans la première saison, on ressent un peu moins la force de la résolution des personnages. Peut-être que c'est dû au fait que la première saison se concentrait surtout sur un seul personnage, là où cette seconde saison "s'éparpille" sur 5 personnages différents (même plus si on prend les méchants). Ça n'enlève pas qu'il y a quelques beaux moments de poésie, notamment durant l'épisode 10 qui est de loin le meilleur épisode, et qui fonctionne sur le même modèle que le magistral épisode 10 de la première saison, c'est-à-dire quelque chose de très onirique, où on explore de l'intérieur les doutes et trauma des personnages.
Après certains éléments ont je trouve été un peu "rush" dans le sens où on aurait bien aimé que certaines thématiques soient plus développées. La relation entre la meuf et son oiseau kaiju vient de nul part et est assez vite expédiée, le passé des méchants ainsi que celui de Gauma est pas spécialement développé, et le lien avec le reste de l'univers reste assez flou (même si j'image que c'est pour le besoin du film).
Mais ce que j'ai bien aimé dans ce SSSS.Dynazenon, c'est l'aspect philosophique voire existentiel que jouent les kaijus. On comprend durant l'animé que les kaijus ne sont pas juste des gros monstres qu'il faut tuer, mais qu'ils représentent bien un aspect de l'humain, un aspect à la fois sombre et destructeur qui nous fait peur, mais également quelque chose qu'il nous faut maîtriser pour grandir et mûrir en tant qu'humain. Les kaijus sont finalement seuls, ils sont "libres" dans une certaines mesure, mais ils ne parviennent pas à se libérer de leur passé ou à trouver un sens nouveau à leur existence, comme en témoigne le personnage de Mujina, qui ne parvient pas à trouver un but à son entreprise, et lorsqu'elle en trouve un c'est une entreprise de destruction nihiliste. Là où son alter ego "mecha" Koyomi retrouve sens à la vie, trouve un travail, et accepte les relations ou erreurs passées. Et là où les kaijus représentent une face sombre mais nécessaire de l'humanité, le mecha représente l'espoir, l'esprit combatif et vitaliste de l'humanité, il représente ce dont les humains sont capable de faire en commun. Les scènes d'actions "too much" prennent alors un autre sens plus profond, celui d'une humanité qui s'exalte, qui vit véritablement. On peut alors dire qu'on prend un certain plaisir à combattre les kaijus, ils sont une sorte de catharsis pour faire ressortir ce qu'il y a de beau dans l'humain et dans sa capacité à relationner et à vivre ensemble, et cette équipe de bras cassé sans aucune alchimie gagne alors quelque chose.
Et je ne peux pas terminer ma critique sans mentionner la dernière scène d'action du dernier épisode, qui est absolument jouissive. On sent tout le talent du studio pour nous donner des combats absurdement épiques, excessifs et démesurés. Si vous avez aimé la première saison, ce serait dommage de passer à coté de la deuxième saison, qui est peut-être moins surprenante, mais n'en est pas moins maîtrisée.