Une série décevante car elle avait tout pour être une grande réussite. Et là, patatras.
Le pitch ? un polar à l'ancienne...
mais à l'époque contemporaine. Le richissime producteur Jonathan Siegel (inusable James Cromwell) confie à un privé le soin de retrouver sa turbulente petite-fille Olivia, une junkie mystérieusement disparue.
(L'homonymie avec Don Siegel, réalisateur de L'Inspecteur Harry, est sans doute un pur hasard.)
Ce privé, c'est bien sûr Colin Farrell, dans le rôle de John Sugar (quel nom... eh oui). En soi cela fait plaisir de le retrouver dans une série, et à son meilleur (par comparaison avec True Detective revu récemment, le rôle lui va cette fois comme un gant, et il y prend un vrai plaisir, cela saute aux yeux).
Le premier épisode est excellent, jubilatoire même, d'un niveau de qualité extrême pour une série. Sugar s'avère un privé brillantissime, dont les actions sont ponctuées par des extraits de polars hollywoodiens en noir et blanc, une excellente idée de mise en scène.
Sugar fait entre autres la connaissance de Melanie, l'amie d'Olivia (interprétée par Amy Ryan, pas revue depuis The Wire), qui sera d'une grande importance dans l'intrigue.
(Par ailleurs, parce que c'est chouette de recroiser des acteurs qu'on aime, je mentionnerai Anna Gunn, qui jouait l'un des personnages centraux de Breaking Bad, et qui apparaîtra plus tard dans un rôle assez important.)
Mais foin de name dropping, au fond je n'ai qu'une seule chose à dire sur notre série Apple TV+... gage de qualité s'il en est pour moi, et pourtant... à la fin de l'épisode 6 se produit un twist tout à fait inattendu (règle du genre), mais proprement déplorable [JE SPOILE] : John Sugar, privé si remarquable, quasiment invincible s'il s'agit de se battre, et d'un flegme imperturbable, est en fait un... extra-terrestre.
Il n'appartient pas, comme on le pensait, à une espèce de confrérie — de franc-maçonnerie même — d'espions bienveillants, mais à une autre espèce.
Sur ce, comment relancer la machine ? Personnellement — et je ne suis pas le seul, j'ai le cas aussi parmi mes connaissances —, il m'a été impossible d'adhérer à la suite comme si de rien n'était : j'ai ressenti une déception aussi intense qu'étaient grands les espoirs suscités par les premiers épisodes. Voire, cela paraîtra excessif peut-être, un sentiment de trahison : la promesse de la série — une histoire de privé, la Californie, des secrets de famille dérangeants dans le milieu du cinéma — est percutée par l'invraisemblable.
Non pas que la série soit en roue libre à partir de là, les derniers épisodes sont résolutoires du côté de l'intrigue principale, le récit demeure crédible et bien mené ; mais l'enjeu secondaire, le rôle des aliens, commence à se dévoiler : il leur faut quitter notre planète, du diable si je comprends pourquoi, et en fin de compte, John Sugar, lui, choisira de rester.
On en est là. Bien déçu pour ma part, je me demande si je me laisserai tenter par la saison 2.