Je déteste le torture porn.
Le torture porn, cette volonté créative de faire souffrir les personnages, toujours plus, leur donner de l'espoir pour les faire tomber toujours plus bas, toujours plus misérables.
Madoka Magika. Higurashi no Naku koro ni. Bokura no.
L'animation japonaise ne manque pas de séries adulées par la majorité. Or je déteste ces séries, malgré leurs qualités : leur tendance excessive au torture porn me met mal à l'aise, me fait perdre toute crédulité en ses personnages qui se présentent alors à moi comme des outils créés dans un seul but : faire de la souffrance un spectacle, sans autre but sous-jacent.
L'utilisation de la souffrance en elle-même n'est pas le problème. J'aime beaucoup des séries comme Steins;gate, Re:Zero ou Evangelion, car si construites sur le désespoir que soient leurs intrigues, je les trouve moins gratuites dans leur usage de la souffrance.
Parlons maintenant de Takopi no Genzai. J'avais lu le premier chapitre de son manga dès sa publication sur l'application Manga+ et je m'étais arrêté là : Takopi me rappelait les compagnons "mignons", innocents et traitres de Madoka Magica ou Bokura no, le personnage principal ne recevait aucun développement et je voyais déjà que l'histoire allait se complaire dans la dépiction d'une violence extrême et gratuite... Bref, tout laissait à croire que j'allais passer un très mauvais moment devant cette œuvre si je continuais. Le succès critique du manga ne m'a pas fait changer d'avis. Après tout, Higurashi et Madoka jouissent jouissent d'une popularité encore plus grande, ça ne m'a pas empêché de les détester.
Puis il y a eu l'adaptation animée et fin 2025 (ou début 2026 ?), les awards du site sakugabooru blog. La quantité d'éloges que l'adaptation animée de Takopi y recevait était impossible à ignorer, c'est pourquoi j'ai décidé de lui redonner sa chance (d'autant plus que 6 épisodes, c'est court. Très bon point si ça ne me plaisait pas).
Verdict : mes craintes étaient fondées. Cette œuvre se complaît à dépeindre de la violence bien plus que nécessaire. Tout le scénario semble construit avant tout pour maximiser ce potentiel de souffrance qui me sort du récit par son artificialité.
Oui, mais derrière cet aspect détestable se cache une intelligence que je ne soupçonnais pas. Une diversité des points de vue qu'on ne voit que trop rarement réalisée avec une telle justesse et une telle impartialité dans ce genre d'œuvres. Des schémas de relations malheureusement trop authentiques, qui nous rappellent que la souffrance gratuite n'est pas qu'un élément fictionnel (la fiction a simplement tendance à la caricaturer). Un refus de plonger dans le manichéisme, car être victime n'est pas synonyme d'irréprochabilité. Les vrais martyrs ne sont généralement pas des saints. Même derrière cette mascotte artificiellement innocente se cache finalement une trame scénaristique touchante, tout ce qu'il y a de plus humain.
Certes, la résolution de l'histoire est un peu trop facile à mon goût, tout comme l'est la morale qu'elle essaie de véhiculer, mais elle est juste et c'est pour moi le principal.
Je n'accorderai pas une note remarquable à cet animé à cause de son aspect torture porn, malsain, que j'ai décrit plus haut dans ces paragraphes, qui prend bien trop de place dans cette histoire pour que je puisse l'ignorer. Mais je tenais à écrire cette critique pour mettre en valeur les qualités indéniables dont peut se targuer cette œuvre, malgré tout le mal que je pense du reste.