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Dernier animé en date d'un maître en la matière, Terror in Resonance résonne faux. Car après un premier épisode prometteur qui pique la curiosité de l'amateur en la matière, Watanabe jette aux orties l'originalité, la profondeur et la caractérisation de ses personnages, son intrigue, la synergie entre les protagonistes... bref, tout ce qui fait que Watanabe est Watanabe. Tout ce qui fait de Cowboy Beebop et Samurai Champloo des chefs-d’œuvre, des monuments de l'animation japonaise.

Ici on se retrouve face à un animé qui inévitablement se gamelle sous une accumulation de clichés, sur un manque de fond et une histoire qui rappelle n'importe quel animé lambda... et que je vais tenter de vous résumer ici. Sans trop vous dévoiler de l'intrigue.
Un vrai challenge quoi. Parce que j'aime les challenges, moi !

Habitué à mettre en scène des marginaux – le plus souvent des trios – dont la cohésion et la forte personnalité les attachent au spectateur, Watanabe récidive en nous plaçant dans la peau de deux jeunes dans la ville. En marge de la société, nos compères ados-rebelles décident que le monde n'étant pas assez à l'écoute de leurs problèmes, ils vont le faire péter à grands coups d'explosifs maison et puis c'est tout.
Entre-temps, ils vont au lycée. Mais après ils arrêtent. Je sais pas du tout pourquoi ils y vont en premier lieu.

Mystère.
&Compagnie.

Bref, Tic et Tac rencontrent une jeune fille lambda comme on en trouve partout dans la japanime, en train de se faire martyriser par des méchantes qui ne servent rien qu'à martyriser les filles gentilles … et c'est tout.
Faut pas déconner, en onze épisodes, on va pas s'appesantir non plus. Manquerait plus qu'on développe chaque personnage, eh !

Tac, le plus enjoué des deux – dans l'animé il s'appelle douze, mais franchement je trouve pas ça top – court à la rescousse de la demoiselle en dédramatisant la situation.
Pour peu, je serais devin, je devinerai qu'il va s'attacher à elle.
Tic – qui tire tout le temps la gueule et qui est tropdarkmysterieux avec des lunettes juste pour qu'il puisse les réajuster sur son nez de façon trop mystérieuse et qui accessoirement s'appelle neuf – est pas très jouasse à l'idée que Tac se fasse des potes. Parce qu'ils ont pas besoin de potes. Ils sont tous les deux et c'est très bien comme ça.
Ils ont une relation spéciale.

Bon, en dehors de mes insinuations gayfriendly, on comprend assez rapidement qu'ils ont été les victimes innocentes d'expérience gouvernementale pas très éthique ni très développement durable.
Le genre de truc qui avoisine les magouilles de Mengélé, quoi.
Pour nous le faire comprendre, l'ami Watanabe n'hésite pas à nous assommer de flash-back pseudo-mystérieux. Hop, Tic fait un rêve mystérieux accompagné de céphalées et sifflements d'oreille.
Mystérieux. Hein ? Tu sais pas ce que c'est, hein ?
Allez, hop, un autre passage du même flash-back !

Pour qui se trouve avoir deux neurones qui entrent en contact, même occasionnellement, le premier flash-back suffit à comprendre directement les enjeux tant le chemin que prend l'intrigue est balisé.

Entre deux cauchemars et poses sur le toit en regardant le ciel bleu et la vie qui foisonne en bas – tandis que eux sont à l'écart du tumulte, bien sûr, subtil – Tic et Tac posent des bombes à divers lieu, en prenant grand soin de virer les civils avant (sympa, les gars, ils sont gentils quand même) et de poser des énigmes surprises vachement balaise à l'élite de la police tokyoïte :
« Qu’est-ce qui marche sur deux pattes le matin, quatre le midi et trois le soir ? »

T'as compris d'où ça venait, l'inspiration de cette énigme, toi, mmmh ?
Indice pour vous, à la maison, ils se font appeler Sphinx... 'fin, Sphinge, la femelle du Sphinx.

Si tu as pensé au mythe d’œdipe envoie moi vite ton adresse pour recevoir ton encyclopédie Larousse dédicacé !

Et festival de noms massacrés à la Japonaise, les types galérant à prononcer Œdipe correctement, ils mettent bien une bonne dizaine de minutes à découvrir la réponse, « l'homme ».
Pour l'élite de la police on repassera messieurs dames, surtout qu'il y avait une fine subtilité dans l'énigme et qu'on nous éclaire au passage sur une seconde interprétation de la légende.
Heureusement, un ancien flic mis à pied parce qu'il était trop un acharné revient sur le devant de la scène, ayant compris l'énigme avant tous les autres et ayant presque réussi à prévenir ses supérieurs à temps.

Blablabla, les énigmes s'enchaînent, on apprend par moult rapprochements douteux que la mère d'Oedipe est affiliée à la race des dragons – alors là, petit point mythologie parce que j'ai personnellement bondi et suis allé consulter mes bouquins (véridique, j'ai des bouquins je vais pas que sur internet ) puis Wikipédia (mais internet c'est sympa, j'allais pas me taper l'intégrale d'Euripide et les Métamorphoses d'Ovide, non plus, sans blague) parce que j'ai pas trouvé dans les livres et il s'avère que, oui, Jocaste, mère d'Oedipe est la descendante de Créon, lui-même descendant de Ménécée qui descend selon Euripide des Spartes (à ne pas confondre avec les Spartiates, attention toi au fond) qui sont les bonshommes qui sortirent de terre lorsque Cadmos vainquit le dragon qui séjournait près d'un puits aux alentours de Thèbes (pas encore fondée à l'époque) puis en sema les dents – et autres subtilités survolées de manière proprement honteuse par l'animé, comme à chaque fois qu'un animé s'essaye à des explications scientifiques trop précises ou à des leçons d'histoire pour les nuls.

Blablabla la fille au bord du suicide qui ne sert qu'à chialer, ne fait jamais avancer le débat, n'apprend rien, n'aide en rien, a autant de profondeur qu'une plante verte en fin de vie dans un cabinet d'orthodontiste un samedi après-midi du côté de Saint Sauveur des Flées, qui n'est là que pour faire avancer l'intrigue de la manière la plus grossière et pathétique qui soit, en se faisant capturer et en pleurant à l'aide. Puis elle est même pas foutue de faire la CUIS.... [censure].

Blablablabla le flic trop intelligent qui est le seul du commissariat à savoir ouvrir un livre et LIRE !

Blablablablabla les méchants trop méchants qu'il manque plus que l'uniforme pour qu'ils deviennent Nazi (pour le point Godwin), dont on comprend vaguement les motivations (le pouvoir et le pouvoir, merci au revoir).

Attends, là je m'énerve un peu.
Non, pour me calmer un peu, je te dirais que graphiquement c'est vraiment léché, sans bavure mais sans charme non plus. Que côté histoire c'est d'un classicisme éculé qui m'a fait me demander comment Watanabe qui a initié deux des plus grandes séries à pu faire un truc manquant aussi cruellement d'inventivité. Même la bande-son est aux fraises et preuve s'il en fallait que le type à clairement torché son scénario, l'opening et l'ending prennent un temps fou réduisant conséquemment le temps d'un épisode (un épisode de vingt trois minutes commençant à

2:03 et terminant à 20:00 ça la fout mal les enfants).

Mon conseil : passe cet animé, va voir Michiko to Hatchin, road trip endiablé de Sayo Yamamoto qui pour le coup est vraiment dans la lignée d'un grand Watanabe. Ce dernier est par ailleurs Music Producer sur l'animé estampillé Manglobe et c'est pas un hasard.
Ou bien va voir Kids on the Slope, tranche de vie jazzy qui mêle agréablement émoi amoureux et jazz et surf sur certains poncifs sans se rétamer.

Petitbarbu
4
Écrit par

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6 commentaires

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