The art of Sarah était dans ma liste depuis sa sortie et comme la plupart des séries et dramas que j’y mets, je prends une éternité pour me lancer alors que j’ai adoré. J’ai mis plus de temps pour ne décider que pour la regarder. Et je pense que c’est une des meilleures façons que regarder les thrillers coréens. Ne pas laisser de temps pour trop réfléchir pour aller là où l’on veut nous mener petit à petit.
The art of Sarah repose sur le secret, la construction d’une identité et qu’une marque qui tient la route alors qu’elles sont fausses, créer quelque chose de vrai à partir de quelque chose de faux, plus que le meurtre en lui-même. On ne recherche pas uniquement le ou la coupable de ce meurtre, mais on retrace toute la vie de la victime et de son meurtre. On recherche à mettre un contraste entre la vie précaire et la vie plus luxueuse et les dérives qui y sont liés. On montre à quel point le travail et la société peut détruire une personne jusqu’à ce qu’elle renonce à elle-même.
Tout cela dans le cadre d’une enquête avec des membres de la police criminelle. On suit l’enquête, la recherche, se confronter à un mur pendant l’enquête, voire plusieurs. On est témoin de la folie qui gagne petit à petit le principal concerné par l’enquête. Il faut toujours un peu de folie dans la rationalité.
C’est loin d’être révolutionnaire. Ce n’est pas plus original. Et ce n’est pas ce que l’on recherche. C’est bien amené. Tout est pensé pour emmener pas à pas vers le dénouement. Dans ce type d’histoire, ce que j’aime, c’est que le fin n’apporte pas tout à fait une réponse, mais en apporte une quand même. Il reste des secrets et des mystères qui n’appartiennent qu’à Sarah.
Néanmoins, il y a des choses pas très naturelles. Notamment dans certaines décisions. Je n’ai pas tout compris à la psychologie de Sarah qui la mène à faire ces choix. Pourquoi avoir autant jouer avec le jeu ? Qu’est-ce qu’elle ressent vraiment ? J’ai du mal à l’imaginer.
Le petit nouveau dans la brigade criminelle apporte une fraîcheur, mais pas grand-chose non plus. Il est mis en lumière à quelques moments, mais on ne le connaît pas vraiment. En fait, on reste en surface sur un peu tous les personnages au profit de l’enquête, des arnaques et de la fausse identité. Le policier principal de l’enquête, on ne le connaît pas vraiment. Au final, je ne me suis attachée à aucun personnage. Je ne les connais pas plus que cela.
Par contre, j’ai été happée par toute l’intrigue. C’est le point fort de ce kdrama. Petite parenthèse. J’ai quand même assisté à une sugar mommy qui finance son petit ami qui l’aide pour la couvrir avec l’argent de son sugar daddy à elle et pour ça, merci pour les travaux. C’est qu’une petite partie, même pas 1 % de l’intrigue, pas un spoil donc.
Aussi, ce qui sublime cette intrigue, cette arnaque et cette enquête, c’est toute la DA. Les lumières, les bâtiments, les égouts, toutes les métaphores que l’on peut y retrouver, tout ce qui se lient au fur et à mesure. Les scènes et les décors participent activement à rendre l’intrigue haletante et la DA est sublime. Elle permet une immersion complète. On n'a pas les plans de paysages magnifiques (ce que je préfère d'habitude), mais des plans sur des situations qui permet de mettre l’accent sur quelque chose de particulier dans cette situation. C’est une scénographie qui illumine l’intrigue de l’histoire à la perfection. Et le côté artistique à chaque début d’épisode, quel plaisir.