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Une série aussi drôle qu’émouvante.

Cette série en quatre saisons nous raconte l’histoire de Cathy Jamison, une femme de la quarantaine, enseignante en lycée, qui apprend qu’elle a un mélanome à un stade trop avancé pour qu’elle puisse guérir. Pendant la majeure partie de la 1ère saison, elle décide de ne rien dire à sa famille, son mari Paul, son fils ado Adam, son frère Sean au départ marginal et refusant la société de consommation. Cathy décide de vivre à fond le peu de temps qui lui reste, sans entrave, sans souci des convenances, quitte à choquer son entourage : elle est obsédée à l’idée d’installer une piscine dans le jardin de sa maison, se fait tatouer, achète une voiture de sport, prend un amant avec lequel elle s’éclate et finira même par quitter le lycée, n’ayant jamais aimé son métier d’enseignante. Une des scènes les plus drôles se passe quand elle décide d’aller chez l’esthéticienne se faire faire une épilation intégrale du maillot, juste pour voir ce que ça fait ! « The Big C » aborde aussi de façon très crue le sexe, qu’elle en parle ou le montre. La maladie et la mort qui l’accompagnent sont bien sûr présentes dans chaque épisode, Cathy doit faire avec et avant même de partir, elle verra disparaître certains de ses amis, comme sa voisine Marlene et son ami Lee qui lutte contre un cancer depuis douze ans. On pourrait penser à une série macabre mais ça n’est pas du tout le cas : c’est la vie qui est bien présente, continuer à en profiter ne serait-ce qu’un jour de plus. Après ? On verra bien si on sera là demain ! Voilà le message délivré par Cathy ; elle luttera jusqu’au bout et ne lâchera pas, même si on sait dès le début que le cancer gagnera. Sa maladie la pousse à s’affirmer, ne plus ne laisser marcher sur les pieds, dire tout haut ce qu’on rêve de balancer aux casse-noisettes.

Ça ne l’empêche pas de s’interroger sur ce qui se passe après la mort, elle qui n’a jamais été croyante : s’il y a quelque chose, qu’est-ce que c’est ? Le résultat est une série résolument drôle, un humour souvent sombre, c’est vrai mais on éclate de rire à certaines scènes, ce qui n’avait rien d’évident au départ. Et quand la tristesse s’installe, avec la dernière saison et son départ pour l’hospice où Cathy souhaite finir ses jours, ça n’est jamais désespéré ni ne tombe dans la sensiblerie. Par contre l’émotion vous étreint quand par exemple, elle décide d’acheter à l’avance tous les futurs cadeaux d’anniversaire pour son fils et de les stocker dans un garde-meubles. Cette série est magnifiquement écrite par Darlene Hunt et interprétée avec brio par une équipe autour de Laura Linney qui campe une somptueuse Cathy : Oliver Platt (Paul), John Benjamin Hickey (Sean), Gabriel Basso (Adam), Gabourey Sidibe (Andréa, la lycéenne pétillante et grande gueule, qui finit par habiter chez Cathy et Paul), Phyllis Somerville (Marlene). Et puis on croise aussi des guests de prestige qui se nomment Idris Elba, Liam Neeson, Alan Alda ou encore Susan Saradon. Une série magnifique constamment sur le fil qui mêle comédie et drame mais aussi absurde et surnaturel (quand Cathy commence à voir des personnes mortes…). Aucune mièvrerie ni facilité là-dedans, au contraire. Ça n’est bien sûr pas la 1ère fois que le cancer est abordé dans une série mais le traiter ainsi était infiniment casse gueule. Attention, il n’est pas question de sous-estimer la maladie ou la prendre comme une plaisanterie, on voit saison après saison la dégradation physique de Cathy, les effets secondaires lourds de la chimiothérapie mais elle nous donne, à sa famille et aux téléspectateurs, une sacrée leçon de vie. Elle part et c’est nous à travers elle qui nous interrogeons bien sûr. Attention, vous n’êtes pas à l’abri d’être ému aux larmes (ça a été le cas de ma femme à chaque épisode de la dernière saison).

JOE-ROBERTS
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le 19 mars 2026

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