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le 7 août 2019
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Je suis assez partagée. La proposition de départ de la série est assez intéressante et originale, elle se démarque clairement des séries habituelles sur les superhéros. Les superhéros des Seven de...
En 2022 quand on est un "geek" (par pitité, que l'on arrête de m'insulter...) et que l'on a pas vu la série "The Boys", c'est que t'as vraiment loupé quelque chose ! Un évènement dans le monde de la pop culture qui veux remplacer l'ordre établi ! Rien que ça ! Tous les avis sont dythirambiques, "c'est trop génial" ai-je entendu dans tous mes cercles d'amis et de connaissances qui ont vu la série. Après 3 saisons consommées en cours de rattrapage, pour pas me faire passé pour un has-been par mes contemporains, j'en ressors avec un avis plutôt mitigé...
Bon je vous divulgâche un peu ma conclusion, mais je trouve globalement la série plutôt tiédasse (vous l'aurez sans doute deviné à ma note). Déjà pour LE plus gros défaut de la série... Comment veut-on que je prenne au sérieux une oeuvre (qu'elle que soit le format), qui se veut être une critique de l'impérialisme américain et d'une société néo-libérale avec au centre de son intrigue, une énorme société privée qui abuse de son monopole pour faire du lobby et influence la pensée de la plèbe, quand tu es produit par Amazon ! Aucune chance que ça n'arrive en ce qui me concerne. J'en arrive à presque croire qu'il suffit de faire dire à un personnage le fameux cliché: "On vit vraiment dans une société", pour faire gober aux plus naïfs qu'on va voir quelque chose de drôlement intelligent et critique. Autant, pour "Black Mirror", j'avais détourné mon regard lors du jingle "Netflix" (à tord, quand j'y repense à postériori) mais là, on ne m'y reprendra pas. Et pour ceux qui diraient qu'on regarde pas cette série pour son message politique, mais c'est pour quoi que vous la regardez alors ? Parce que si, quand on fait une parodie en premier plan, pas en sous-texte, des mouvement #MeToo, des manifestations protestataires portés par des instagrammeurs de pacotille et des réunions markettings aux analyses aussi froides que stupides (Au moins, on ne peut pas retirer l'autodérision des producteurs, mais pour la remise en question, on repassera), c'est qu'il s'agit quand même de son intérêt principal.
D'autant que le fameux regard critique de la série qui se pose sur certains sujet d'actualités ne remettra même pas franchement en question l'ordre établi. Donc côté subversif, on repassera... Allez, un petit exemple; a un moment donné t'as un super-héros raciste qui a une forte tendance à sévir dans les quartiers noirs défavorisés. L'un des personnages principaux, A-Train, un super-héros noir qui fait partie de l'élite va, à la suite de quelques péripéties tantôt inintéressante, tantôt rigolote, le buter tout simpelment sans qu'il y aie comme conséquence aucune forme de procès, mais même se verra offrir une forme de repenti. Alors qu'on s'entende bien, si mon moi "militant" adhère au propos jusqu'à un certain degré (j'ai des amis noirs toussa m'voyez), comment ça c'est censé être subversif ? Comment on peut me faire croire que ça, c'est un message trop intelligent et critique sur notre société ? Ce n'est même pas un tant soit peu iconoclaste étant donné que le personnage qui accompli ce méfait gagne un certain capital sympathie auprès du public par après ? Et malheureusement, de ces exemples de critique faussement anti-système, la série en est remplie. J'irai pas jusqu'à dire qu'il s'agit d'une série pour Macroniste, mais on en est pas loin. Même l'un des protagonistes principaux, en la personne de William Butcher présenté comme un salopard sans foi ni loi, prêt à tout pour renverser l'ordre établi quitte a dépasser ses propres limtes, se fait régulièrement rappeler à l'ordre par un ordre moral invisible bien établi. Hé oui, "toutes des putes sauf la mère et la petite" comme on dit. Du coup, au niveau du récit, une fois cette surcouche mise de côté, ben on se retrouve finalement avec la même tambouille que Marvel et DC, les "fuck", du sexe et la violence en plus pour le côté esthétique. Les héros se retrouvent face aux mêmes problématiques, les résolutions des situations sont les mêmes et les "méchants" sont les mêmes (les nazis, les djihadistes, les narco-trafiquants, on fait le tour de la collection). La série réussi même un tour de passe-passe assez incroyable, c'est que j'ai l'impression que quiconque regarde la série y voit ce qu'il voudra bien y voire. Glorification du consumérisme décérébré, critique de la société américiane, la présence des réseaux sociaux qui nous innonde de contenus abscons. Et ça, avec les conclusions qui arrangeront bien n'importe quel spectateur étant donné qu'il suffit d'adopter le point de vue du personnage qui nous convient sur la question. Cette absence de parti-pris est bien pratique mais révèle surtout un manque de talent à l'écriture d'une satyre politique et sociale (avant d'être une série de super-héros trop stylé tavu ?).
Allez, pour souffler un peu, je vais quand même parler de ce qui m'a semblé plus original ou a défaut, qui a mérité un traitement plus travaillé. Sans conteste, l'interprétation offerte par Anthony Starr et Karl Urban de leurs personnages sont délicieuses à souhait. L'acteur de Homelander sait nous mettre mal à l'aise lors de ses apparitions avec son sourire crispé face au public et j'admet avoir rigolé tantôt d'étonnement, tantôt nerveusement plusieurs fois à plusieurs des ses réactions de grand sociopathe dégénré et surpuissant. C'est d'ailleurs sans conteste le personnage le plus intéressant de la série et ce n'est pas anodin que ce soit lui qui soit mis autant en avant dans les campagnes promotionelles de la série. L'interprétation d'Urban n'est pas en reste mais est parfois déservi par l'écriture de son personnage qui sé révèle parfois très cliché... Parce que oui, en fait, il se rappelle de son petit frère décédé qu'il a délaissé plus jeune, donc il peut pas vraiment demander à ses amis de dépasser certaines limites morales, et puis lui-même non plus finalement (alors qu'il est présenté comme étant absolument prêt à tout pour arriver à ses fins). Et puis, comme c'est incroyablement bien écrit, il aime pas les super-héros parce sa femme a été tuée et violée par l'un d'eux et donc le fil rouge de la série c'est une incroyable histoire de vengance... Oui c'est subversif on vous dit ! Allez, j'ai pourtant dit que j'arrêtais de me plaindre... A suivre donc, la mise en scène ultra-violente et grand-guignolesque le tout sur un ton parfois très léger qui, là aussi, arrive à faire mouche. Et c'est bien ça qui m'a motivé à regarder la série (et ce pourquoi je répondrai présent pour la suite malgré mes réticences). Parce qu'au final, si je n'ai pas eu l'épiphanie qui à l'air d'avoir innondé tout ceux qui ont un jour posé la rétine sur "The Boys", j'ai au moins eu le plaisir de voir des scènes d'actions d'une violence très décomplexées dont même certains films porn-gore seraient jaloux. Je veux dire, ça fait vraiment passer Hostel, Saw et A Serbian Movie, tout trois réunis, pour le film de mémé en vacance à la plage de Marseille. Du reste la caméra se pose bien, malgré des décors tantôt répétés, tantôt sous-exploités, le montage se laisse suivre certes, encore un fois, sans grande originalité, mais sans être trop plan-plan. L'humour de gamin attardé de 15 ans fontionne plutôt bien sur moi (mais j'y reviens dans ma conclusion) et les effets spéciaux sont tout à fait convaincants.
Bon, un second tour de reproche ? Promis c'est le dernier avant la fin... Il y a trop de personnages secondaires et de sous-intrigues dont on a rien à foutre. Alors qu'ils sont censés être des personnages principaux, mais qu'est-ce que j'en ai à foutre du passé de trafiquant de "Frenchie", dont les producteurs n'ont même pas eu le courage d'aller chercher un putain d'acteur francophone ! Pourquoi diable devrais-je encore m'intéresser à un enième récit de discrimination raciale subie par la famille de "La crème", je le répète, dans une foutue fiction qui prétends casser les codes et offrir du jamais vu. Alors que ces deux personnages ont servis tout du long de faire-valoirs ! Leurs sois-disantes capacités utiles contre la menace des "supers" n'est même pas exploitée en 3 saisons ! Allez, je suis mauvaise langue, pour le premier gros meurtre de la série, le Marseillais fourre une bombe dans le rectum d'un homme invisible. Un véritable génie semble-t'il dans cet univers, qui une fois passé la blague quelque peu saugrenue, nous laisse quand même finalement avec le sentiment que pour si peu, on pressent déjà une paresse à l'écriure pour tout ce qui concernera ce personnage. Même Kimiko, l'asiat' mutique de service dont l'utilité n'est d'être que l'arme de destruction massive du groupe des boys, aura droit à un arc narratif, pas inintérssant, mais rapidement expédié. Bref, tout ça, on le devine aisément est du au format série. Après tout, faut bin faire du remplissage avec des intrigues pour ne pas devoir être obligés de remplir la série de scènes grandiloquentes ou trop coûteuse. Mais du coup, je m'interroge vraiment sur le format... Était-ce bien nécessaire d'en faire des épisode d'une heure ? 40 minutes, c'est pas déjà assez ? Surtout pour un propos aussi creux et une majorité de personnage autant remplis de vacuité ?
Je vais vous faire une confession, malgré mes reproches, je n'ai pas boudé mon plaisir à voir toutes ces gueules découpés à coups de rayons lasers et tout ces affrontements épiques, mais finalement, pas plus que devant n'importe quel autre produit de divertessement un peu bateau et à la narration bien formatée. Si j'avais apprécié les deux films Deadpool, dont "The Boys" revendique quand même beaucoup d'idées et de paradigmes, c'est parce que je trouvais aussi que le propos, qui était plus centré sur la thématique de la satyre de film de super-héros, était réussie sans essayer d'en faire de trop et que le format rends le déroulé du récit plus digeste, malgré l'humour dont certains n'adhèrent pas du tout, plutôt qu'une longue série. Si je parle de ces films dans ma conclusion, c'est aussi parce qu'à l'époque j'avais trouvé que la proposition originale et frivole pouvait faire du bien à l'industrie de la grande production du cinéma de super-héros. Et en fait, avec "The Boys", c'est une autre conclusion qui se dessine (mais que je me cachais pourtant) c'est que les productions de films et séries de super-héros se sont enlisés dans un nouveau type de narration et d'exercice esthétique qui va devenir tout aussi cliché que la proposition précédente... D'où le propos que la série essaye d'étayer n'arrive pas à prendre sur moi car, contrairement à ceux qui ne consomment que de l'ignoble Monster à longueur de journée ou bien dont la curiosité culturelle s'arrête à tout ce qui est pop et Hollywoodien, voire même les deux, et bien, je ne suis pas dupe.
Créée
le 22 août 2022
Critique lue 58 fois
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