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48 critiques
Classique. .
C'est un peu énervant cette propension des gens à 'kiffer' des films ou séries dès que cela apparaît un tantinet trash ou subversif ... Dès qu'on enlève la forme la série est quand même très moyenne...
le 29 juil. 2019
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Les « Supers », élevés au rang d’astres et de divinités par l’admiration des foules, exercent une influence digne des plus hauts puissants. Mais sous l’or de leur légende se tapit une nuit profonde : corrompus, orgueilleux et dévoyés, ils trahissent la lumière qu’ils prétendent incarner.
Je veux pas coucher avec toi. Juste une pipe
En vérité, notre monde — qu’on en convienne sans fard — s’abîme dans une déliquescence spectaculaire : violences triviales, crimes abjects, frénésie terroriste déraisonnable, tandis que d’insolents sybarites amassent des fortunes en une oisiveté insolente. Dès lors, quelle étrange naïveté que d’imaginer des surhommes exempts de ces mêmes dérives ! La première saison de The Boys embrasse cette hypothèse avec une audace incendiaire, peignant des figures héroïques déchues, gangrenées par le narcissisme et la corruption, administrées par une vaste machinerie corporatiste d’une froide efficacité.
Combien de nounous secouent les les bébés ?
Ce récit se plaît à dynamiter les mythologies contemporaines en exhibant, sans la moindre mansuétude, l’envers du décor : une industrie du sauvetage savamment orchestrée, où l’image publique s’élabore comme une marchandise, où la morale se négocie, où la vérité se travestit. La parodie des grandes figures héroïques, transfigurées en célébrités creuses, atteint une justesse redoutable. L’omniprésence des réseaux d’influence et des stratégies mercantiles compose une critique acérée de notre époque saturée de simulacres.
Faites du bruit pour Jésus
Les scènes les plus outrancières, loin de n’être que de vains excès, participent d’une esthétique du choc remarquablement maîtrisée. L’usage fulgurant de la vision laser — variation redoutable d’un pouvoir devenu instrument de carnage — imprime à l’ensemble une signature visuelle saisissante, voire sidérante. Ce déferlement d’images crues, d’une intensité parfois insoutenable, ne vise pas tant à scandaliser qu’à révéler la monstruosité tapie sous les oripeaux héroïques.
Plus verrouillé qu’une culotte de nonne
Au cœur de cette production tumultueuse, le personnage de Hughie intrigue par son ambivalence : engagé dans une liaison clandestine avec une héroïne tout en conspirant contre ses semblables, il incarne une tension dramatique d’une subtilité inattendue. Quant à Annie, son parcours s’articule avec une intelligence rare : loin des archétypes convenus, elle affronte avec une détermination poignante les mécanismes pernicieux du sexisme et du harcèlement, offrant une résonance moderne d’une justesse remarquable.
La sécurité est resserrée comme le trou de balle d’un enfant de chœur
Bref, cette première saison s’impose comme une œuvre profondément novatrice, qui pulvérise les conventions du récit de justiciers pour en révéler les failles, les impostures et les ambiguïtés. D’une richesse expressive foisonnante, elle captive et dérange tout à la fois, laissant derrière elle une impression durable et obsédante, d’avoir contemplé non pas des sauveurs, mais les reflets exacerbés de nos propres turpitudes.
Tu aimes te faire doigter les branchies ?
Là où tant de séries périclitent lamentablement dès leur second cycle, alourdies par le poids de leurs propres attentes, The Boys accomplit ce prodige peu commun de se dilater sans se diluer. Cette seconde saison constitue un rallongement idéalement proportionné, une expansion organique qui enrichit l’édifice sans en compromettre les fondations. La série y gagne en densité thématique ce qu’elle conserve en mordant satirique, confirmant qu’elle n’est point de ces feux de paille dont l’éclat initial n’est que l’annonce d’une extinction prochaine.
Les soirées mousse, ça change la vie
La trouvaille la plus éclatante de cette saison réside dans l’introduction de Stormfront, cette super-héroïne à l’apparente modernité si séduisante et si soigneusement fabriquée, sous les dehors enjoués de laquelle se dissimule une idéologie nauséabonde d’essence néonazie. Aya Cash campe ce personnage avec une maestria glaçante, instillant dans chaque sourire, chaque saillie d’une désinvolture calculée, le venin d’une conviction monstrueuse. Son duo — et duel — avec le Protecteur constitue l’un des affrontements les plus subjuguants et les plus inquiétants qu’il m’ait été donné de contempler sur un écran : deux monstruosités se contemplant mutuellement avec une fascination réciproque aussi troublante qu’instructive.
Regarder Urgences ne rend pas expert en médecine
Mais The Boys ne saurait se réduire à ses outrances gore et à ses situations d’une pittoresque démesure — aussi savoureux que soient ces agréments. La série déploie une intelligence satirique d’une acuité redoutable dans sa dissection de nos turpitudes contemporaines : la manipulation algorithmique des masses, la propagation tentaculaire des extrémismes via les réseaux, et surtout — trait le plus cinglant — la manière dont la corporation Vought instrumentalise le progressisme avec une hypocrisie aussi cynique qu’efficace, transformant les idéaux les plus nobles en marchandises dont elle tire profit. Ce faisant, la série cesse d’être une simple facétie superpuissante pour accéder au statut de miroir déformant — et donc révélateur — de notre société.
Si un mec te fourre sa bite dans la bouche, arrache-la avec les dents
Soulignons avec une admiration non feinte deux partis pris scénaristiques d’une témérité remarquable. Le massacre au Congrès — septième épisode — constitue un pivot narratif d’une brutalité si totalement imprévisible qu’il redistribue l’ensemble des équilibres dramatiques avec la violence d’un séisme. Les scénaristes y démontrent une audace que l’on croyait définitivement bannie des productions contemporaines. Mentionnons également le choix, aussi délicat qu’inattendu, de confier le jeune Ryan aux mains de Butcher plutôt que de saisir les occasions — pourtant généreusement offertes — de s’en débarrasser définitivement. La série préfère à la facilité mortifère la complexité fascinante, ce qui est, en ces temps de récits formatés, une vertu cardinale.
Pour mille dollars, tu peux me couper la bite
Évoquons enfin, avec toute la révérence qu’elle mérite, la séquence conclusive où le Protecteur, au bord de quelque abîme intérieur, offre son visage ravagé en gros plan à la caméra — l’œil suggérant imminente l’explosion d’une violence dévastatrice — avant que le néant ne réponde à cette attente insoutenable. Ce silence, cette retenue calculée, cette déflagration annoncée et différée constitue peut-être la démonstration la plus éloquente du talent de son réalisateur : savoir ne point montrer, c’est quelquefois la forme la plus redoutable du spectacle.
Cette série est décidément bien davantage qu’une parodie caparaçonnée de sang et d’irrévérence. C’est une œuvre qui pense.
Je ne peux pas sacquer Ed Sheeran
Que l’on se rassure — ou que l’on s’alarme, selon la sensibilité de chacun : cette troisième saison pousse plus avant encore dans les contrées les plus scabreuses et les plus délibérément outrancières que la série eût jamais fréquentées. Et c’est précisément là que réside son mérite le plus insigne, sa distinction la plus précieuse dans le panorama contemporain de la fiction sérialisée : voilà une œuvre qui s’affranchit avec une désinvolture souveraine et insolente des carcans pudibonds que les instances de régulation et les comités de bienséance numérique imposent ordinairement à ce genre de productions.
Une série de superhéros qui répugne à toute autocensure, qui empoigne ses propres excès avec une jubilation franche et revendiquée, qui transforme la transgression non point en posture adolescente mais en instrument satirique délibérément affûté — cela constitue, dans le paysage audiovisuel actuel, une rareté dont on ne saurait trop souligner le caractère précieux et roboratif.
Hashtag rêvez grand
Mais que l’on ne s’y méprenne point : cette outrance n’est point gratuite, elle n’est point le simple exhibitionnisme d’un créateur épris de sa propre audace. Elle est au service d’un propos thématique d’une richesse et d’une acuité proprement remarquables. Car The Boys, en cette troisième livraison, ne se contente plus de railler avec bonhomie les conventions du genre superhéroïque — elle élève son ambition à la hauteur d’un véritable pamphlet sociétal, d’une charge frontale et méthodique contre les dérives les plus caractéristiques de la société américaine contemporaine.
Et ce qui confère à cette charge sa vigueur particulière, c’est son absence totale de partialité complaisante. La droite conservatrice et ses populismes triomphants, la gauche progressiste et ses dérives doctrinaires — l’une et l’autre sont flingées avec une égale et jubilatoire férocité, sans que l’œuvre daigne ménager quiconque ni distribuer des bons et des mauvais points avec la condescendance habituelle des satires à thèse. Les grands studios de divertissement superhéroïque eux-mêmes — ces cathédrales du spectacle formaté que sont les franchises concurrentes — y sont égratignés avec une malice d’autant plus savoureuse qu’elle émane de l’intérieur même du genre qu’elle pourfend.
La parodie des mouvements populistes, du culte de la personnalité médiatique et des réseaux sociaux comme amplificateurs de la démagogie atteint ici une précision satirique qui donne à la série une valeur documentaire presque inquiétante.
J’adore Charmed
Parmi les apports les plus heureux de cette saison figure l’introduction de Petit Soldat — cette créature paradoxale, bête de guerre surentraînée et parodie sombre et cinglante du mythe américain du super-soldat patriotique. Son irruption dans l’univers de la série apporte ce que les dramaturges les plus avisés savent reconnaître comme une denrée rare : une dynamique nouvelle qui revitalise l’intrigue sans en trahir l’esprit.
Car Petit Soldat incarne avec une cohérence troublante la forme la plus accomplie et la plus monstrueuse du patriarcat militarisé — une masculinité formatée, conditionnée, dépouillée de toute humanité résiduelle au profit d’une efficacité létale absolue. L’humour noir qui nimbe son personnage n’atténue point la menace qu’il représente — il l’exacerbe, lui confère une dimension grotesque et glaçante qui est précisément la marque des meilleures créations de la série.
Tu veux que je baise un poisson ?
Cette saison accomplit par ailleurs ce prodige narratif trop souvent négligé par les productions du genre : accorder à ses personnages périphériques une épaisseur véritablement humaine, des trajectoires intérieures dignes de ce nom. A-Train et Black Noir — ces figures jusqu’alors reléguées dans les marges de l’univers — bénéficient d’arcs narratifs d’une profondeur et d’une résonance émotionnelle qui enrichissent considérablement la texture de l’ensemble.
Les séquences d’animation consacrées à l’exploration de l’intériorité de Black Noir constituent à cet égard un choix formel d’une inventivité particulièrement heureuse — une manière de pénétrer dans une conscience lacunaire et brisée par des voies que le réalisme ordinaire n’eût pu emprunter sans maladresse. Ces incursions dans l’animation apportent à l’univers une dimension supplémentaire, une stratification narrative qui témoigne d’une ambition créatrice point dépourvue de raffinement.
Dans quel univers de fées défoncées et de godes enchantés ?
Il serait proprement inexcusable de clore cette chronique sans évoquer ce qui demeure, saison après saison, l’une des performances les plus stupéfiantes que la fiction sérialisée contemporaine ait produites : celle d’Antony Starr dans le rôle du Protecteur. Cet acteur accomplit à chaque apparition quelque chose d’inexplicable — il rend fascinant, magnétique, presque attachant un être dont chaque fibre morale est gangrenée par la mégalomanie, la cruauté et le narcissisme pathologique.
La manière dont il module les nuances infinitésimales entre le charme calculé et la folie sous-jacente, entre le sourire immaculé et l’abîme qu’il dissimule, relève d’un art du comédien porté à un degré d’excellence que l’on contemple avec une admiration mêlée d’un léger vertige.
Traiter quelqu’un de raciste, c’est raciste
The Boys, en sa troisième saison, confirme et amplifie ce qui faisait déjà la singularité de l’entreprise : une satire totale, sans refuge ni sanctuaire, qui utilise l’excès comme instrument de lucidité et la provocation comme vecteur de vérité. Ce n’est point une œuvre pour âmes délicates — mais c’est une œuvre pour esprits éveillés.
Lis un putain de livre, gamin
Bien sûr, Jeffrey Epstein s’est suicidé
Non, c’est non. On n’est pas au ranch Neverland
Que l’on ne s’y trompe point : The Boys demeure, en cette quatrième saison, fidèle à cette philosophie de l’excès organique et de la provocation méthodique qui constitue depuis ses origines sa marque la plus reconnaissable et son pacte le plus franc avec son public. Les membres amputés voltigent toujours avec cette désinvolture festive qui caractérise la série, les métamorphoses charnelles atteignent des paroxysmes d’une inventivité répugnante qui n’avait point encore été imaginée dans une production quelconque, et l’ensemble conserve cette trivialité souveraine et assumée qui, loin d’être une tare, constitue le véhicule d’une satire dont la morsure demeure, par instants, fort appréciable.
Tu pourras m’enculer en matant Kim K. et Ray J.
J’aimerais que tu t’astiques devant nous - Gicle, gicle, gicle
La saison se distingue par l’acuité de son regard polémique porté sur certaines franges du conservatisme ultracatholique américain — ces milieux prompts à amalgamer avec une mauvaise foi doctrinale l’infanticide et l’interruption volontaire de grossesse, confondant délibérément ce qui ne saurait l’être qu’au prix d’une malhonnêteté intellectuelle consommée. Le traitement de ces thématiques, quoique dépourvu de toute subtilité excessive, possède une franchise roborative qui tranche salutairement avec les prudences habituelles de l’industrie télévisuelle.
Avorter est un meurtre
Le pastiche de la mécanique phasique des grandes franchises superhéroïques — ces univers cinématographiques tentaculaires perpétuellement relancés par quelque « phase énième » annoncée en fanfare — est mené avec une irrévérence jubilatoire. La série se moque de son propre genre avec la lucidité d’un parodiste qui en connaît chaque rouage et chaque imposture, et l’univers Vought devient ainsi le miroir grossissant et déformant de ces empires mercantiles du divertissement costumé.
Mon dernier film remonte il y a un an, il est grand temps de faire un reboot
Firecracker, propagandiste délirante aux théories complotistes d’une absurdité méticuleusement documentée, constitue une création satirique d’une pertinence fort réjouissante.
Les lasers spatiaux juifs vous lavent-ils le cerveau pour vous convertir ?
Je vais poser mon clito enflé sur ta gueule masquée et pisser comme un putois et je viens de manger des asperges
Il serait proprement scandaleux de ne point s’arrêter longuement devant ce qui constitue le joyau incontestable de cette saison — et peut-être de la série dans son entièreté : la performance d’Antony Starr dans le rôle du Protecteur. L’acteur y orchestre avec une maestria confondante une partition d’une complexité psychologique abyssale, faisant cohabiter en un même être la folie la plus déliée, le complexe de déité le plus boursouflé, et — surprise poignante — le drame existentiel d’un être surpuissant confronté à sa propre décrépitude temporelle.
Comment torturer un maso ?
La scène des cheveux blancs — ce moment où l’immortel se découvre mortel, où le surhomme entrevoit sa propre finitude dans le miroir — possède une densité émotionnelle et une justesse d’interprétation qui en font l’un des instants les plus mémorables de la série. Mais c’est l’épisode consacré au retour du Protecteur dans le laboratoire de son enfance qui constitue le véritable sommet — une séquence d’une noirceur psychologique et d’une profondeur dramatique qui hisserait presque l’ensemble au rang des grandes œuvres télévisuelles contemporaines.
Ça sent la sueur anale et les rêves brisés
Les moutons tarés volants
Il serait néanmoins par trop complaisant de taire les défaillances qui alourdissent considérablement cet édifice par ailleurs fort estimable. Plusieurs arcs narratifs secondaires méritent d’être sévèrement pointés du doigt, sans la moindre indulgence coupable. Le périple intérieur de Frenchie aux prises avec ses démons passés constitue une digression d’un ennui poli mais tenace, et sa romance surgissant avec la soudaineté peu vraisemblable d’un champignon après l’averse laisse une impression d’artifice narratif des plus fâcheux.
Tu as déjà vu un ninja noir ?
La quête de Hughie tendant vers quelque pardon filial à l’égard d’une mère défaillante, les traumatismes d’enfance laborieusement excavés de la Crème — autant de digressions psychologiques qui sentent le rembourrage narratif à pleine narine, ces expédients auxquels recourent les scénaristes en manque de substance pour meubler leurs épisodes sans les nourrir véritablement. Ces intrigues, loin d’enrichir les personnages, les appauvrissent en les réduisant à leurs blessures les plus convenues.
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Cette quatrième saison est donc une œuvre que l’on respecte davantage dans ses saillies que dans son ensemble — une série qui demeure debout, combative et mordante, mais dont les inégalités structurelles trahissent peut-être les premiers signes d’un essoufflement que ses créateurs auraient tout intérêt à prendre en considération. Starr seul vaudrait presque le déplacement, et la virulence satirique de certains passages rachète généreusement les longueurs qui les environnent.
Mais une série ne saurait vivre indéfiniment sur la seule prodigalité d’un interprète, si magistral soit-il.
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Branleur de chiens
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La cinquième et ultime saison de The Boys s’avance vers son dénouement avec la démarche pesante et délibérément funèbre d’un condamné qui connaît son heure. Le ton y est résolument, obstinément crépusculaire — le plus sombre, le plus chargé, le plus saturé de mélancolie poisseuse que la série ait jamais osé depuis ses origines. Kripke délaisse ici en partie les outrances organiques et la frénésie burlesque des saisons précédentes pour s’aventurer sur les territoires plus périlleux et plus ingrats de la psychologie abyssale, de la dérive morale irréversible et des traumatismes que ses personnages traînent derrière eux comme autant de boulets inamovibles. Ce choix mérite d’être salué dans son principe, quand bien même son exécution appelle quelques réserves considérables.
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La dérive morale de Butcher constitue sans conteste le fil le plus riche et le plus âprement satisfaisant de cette saison terminale. Cet homme ravagé, rongé de l’intérieur par une haine aussi viscérale qu’autodestructrice, se trouve confronté à ses propres limites avec une brutalité psychologique qui force une admiration mêlée d’inconfort. La série explore avec une profondeur inaccoutumée les traumatismes fondateurs des Boys — ces blessures originelles qui expliquent, sans les absoudre, les exactions dont ces personnages se sont rendus coupables avant même le début. Ce tournant introspectif confère à l’ensemble une gravité et une densité humaine qui élèvent ponctuellement la série au-dessus de ses propres complaisances habituelles.
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Antony Starr poursuit dans cette saison l’incarnation de ce Protecteur mégalomane et dément avec une maestria qui demeure, saison après saison, la colonne vertébrale la plus solide de toute l’entreprise. Son personnage, désormais pleinement convaincu de sa nature divine et de la légitimité absolue de ses caprices les plus sanguinaires, atteint des paroxysmes de folie grandiose qui eussent mérité — et c’est ici que commence notre grief principal — un dénouement à la mesure de leur démesure.
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Car le Protecteur qui se prosterne devant sa propre image, qui exige la dévotion comme d’autres réclament la simple politesse, qui confond sa propre volonté avec celle de l’univers entier, est un personnage d’une amplitude tragique et d’une noirceur philosophique considérables. L’acteur l’habite avec une générosité et une précision qui forcent l’estime la plus sincère.
Orson Welles portait une cape pour cacher son gros cul
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Il convient de pointer avec une franchise sans ménagement excessif l’une des défaillances les plus préjudiciables de cette saison : les motivations réelles du Petit Soldat demeurent d’une obscurité proprement exaspérante tout au long du récit. Ce personnage, dont on eût été en droit d’attendre une complexité psychologique et une lisibilité narrative dignes de l’enjeu dramatique qu’il représente, se trouve réduit à une silhouette dont les ressorts intimes restent laborieusement opaques — non point de cette opacité féconde qui suscite la fascination et invite à l’interprétation, mais de cette obscurité stérile qui trahit simplement un travail d’écriture insuffisamment abouti.
Cette imprécision caractérielle prive plusieurs séquences de la tension et de la profondeur qu’elles eussent pu atteindre, laissant le spectateur dans un état de perplexité peu satisfaisante.
Je t’ai vu sniffer de la cocaïne par la queue
Voici venu le moment d’aborder ce qui constitue la blessure la plus vive et la plus difficilement pardonnable de cette conclusion — ce grief que nulle qualité antérieure ne parvient tout à fait à cicatriser : l’affrontement terminal entre Butcher et le Protecteur. Des saisons entières de construction dramatique, d’accumulation de haines réciproques, de promesses implicites d’un duel titanesque entre ces deux forces antagonistes — tout cela pour aboutir à une confrontation d’une expéditivité aussi consternante que frustrante.
On s’attendait — on était en droit d’attendre — une scène d’une envergure et d’une intensité proportionnelles à la folie mégalomane du Protecteur et à la détermination suicidaire de Butcher. On espérait quelque affrontement cathartique, dantesque, digne des mythologies que la série avait convoquées avec une si généreuse prodigalité. Las — le dénouement arrive et repart avec la précipitation indécente d’un visiteur pressé, escamotant en quelques minutes ce que des années de récit avaient laborieusement érigé en promesse sacrée.
C’est là une faute narrative grave, une trahison du pacte implicite entre l’œuvre et son public, et elle laisse un goût d’inachèvement que nulle satisfaction partielle ne saurait tout à fait dissiper.
Ça sent la pisse de cerf
Cette cinquième saison est donc une conclusion que l’on respecte davantage dans ses intentions que dans ses accomplissements — une saison qui vise haut, qui touche parfois juste, mais qui trébuche précisément là où l’on eût voulu la voir triompher. Son ambition psychologique est réelle, sa noirceur assumée est appréciable, et Starr demeure jusqu’au bout d’une souveraineté interprétative sans égale.
Mais une série ne se juge pas seulement à ses hauteurs — elle se juge aussi à la façon dont elle prend congé. Et ce congé-là, hélas, manque de la grandeur qu’il méritait.
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Créée
le 3 déc. 2022
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