J'étais un peu sceptique à l'idée de regarder une série de David Simon (n'ayant pas apprécié The Wire), et même durant la première saison de The Deuce mon scepticisme semblait me donner raison. Cependant, j'ai très vite compris que ce n'est pas un show "bling bling" extrême à rebondissement, mais une maquette très réaliste qui s'assemble au fur à mesure.
Beaucoup de personnages composent l'affiche et c'est d'ailleurs ce qu'on ressent durant chaque épisode, le focus sur chaque personnage est bref pour nous montrer que tout se joue en même temps, tout est interconnecté.
Bon sinon parlons du synopsis "De quoi ça parle ?", et bien au delà d'une série sur l'avènement du porno au détriment de la prostitution, The Deuce dépeint surtout le portrait poisseux et froid du New York des années 80, celui où l'envie d'y trainer la nuit n'est pas envisageable. Le N.Y de Taxi Driver, où le jour semble ne pas exister pour donner place à la nuit éternelle. C'est ce genre de visuel (que j'avais beaucoup aimé avec Scorsese) qui m'a vraiment plu ici, c'est extrêmement bien filmée, les décors et les costumes sont absolument géniaux. À chaque saison, on fait un saut dans le temps, on change de générique, c'est spécial mais cette notion de "temps qui passe" est le sujet principal de la série, caché sous l'évidence scénaristique.
Les acteurs sont tops aussi, on a un bon casting, un James Franco qui joue 2 rôles, Maggie Gyllenhaal qui est le personnage principale de sa propre histoire (car oui dans The Deuce chaque personnage est le "principal" de sa propre trame).
Pour parler du scénario : il est cohérent, très cohérent car il nous montre que bien que certaines "voies" ne mènent jamais à la gloire éternelle, tout finit par être rattraper. C'est la règle du "chacun pour soi" dans un environnement aussi impitoyable que la 42e rue, il faut s'en sortir le plus vite possible pour ne pas être aspirer en son sein.
Je trouve quand même quelques défauts à The Deuce qui m'avaient fait lui mettre au départ un 7/10, auquel j'y ai rajouté 1 unité grâce à la fin qui est absolument tragique de réalisme. Mon avis sur ces défauts sont purement "personnels", bien sûr que pour quelqu'un qui aime ce genre de séries c'est un 10/10 assuré. Mais pour commencer, le rythme : je trouve le rythme vraiment lent , parfois même trop, le fait qu'on change souvent de focus, qu'on revienne longtemps après, qu'on ne voit pas certaines scènes, c'est "haché". Même si c'est le style de David Simon, je n'aime pas particulièrement ce genre de réalisation où on doit être 100% du temps dans l'analyse, j'estime qu'il faut parfois un peu se laisser porter pour apprécier le charme d'une série.
Deuxième problème, des personnages insignifiants : Il y'a beaucoup de personnages dans The Deuce où on ne comprend pas pourquoi ils apparaissent autant à l'écran, des bouts d'histoires inachevées, un impact quasi nulle sur la trame principale, même si c voulue je pense qu'il aurait était plus judicieux de donner plus de temps aux personnages importants (car pour certains je suis resté sur ma fin).
Pour autant ça reste une excellente série, et dernier point de vigilance (même si vous vous y attendiez) : c'est le sexe. Il y'a beaucoup de scènes à caractères sexuelles et parfois même très explicites, donc si vous craignez ce genre de choses passez votre chemin.
Sinon bienvenue au club.