Cette nouvelle adaptation du manga de Masamune Shirow est proposée par le studio débridé Science Saru, dans l’optique d’offrir une version plus fidèle à l'œuvre papier. Immédiatement, on remarque le chara-design plus cartoon (rappelant la BD Frontier) qui s’agite au gré du dynamisme exubérant du studio. On nous propose un futur cyberpunk vibrant et excentrique. Les décors surchargés transmettent cette impression d’expansion opulente et de bordel technologique. Ils sont très réussis, et servis via de jolis celluloïds à la colorisation séduisante. Les différents réalisateurs des épisodes amènent chacun leur sensibilité, ce qui donne un 6ème moindre en qualité, et un climax d’anime se reposant un peu trop sur les plans statiques. Les 10 épisodes adaptent tout le premier manga de Shirow, soient des histoires déjà vues grâce aux films d’Oshii. Néanmoins, le ton est plus absurde et humoristique, en plus de favoriser le fan service. On est alors moins dans la dystopie existentialiste et davantage dans la techno-thriller politique.
Au vu du pedigree du studio, on s’attendait tout de même à plus de folie pour se démarquer d’un cadre qui reste sage. Comme le manga, il s’agit surtout d’une succession d’affaires à résoudre par la Section 9, sur des crimes d’IA, de robots, et autour de la conscience des machines. Il n’y a pas tant de développement des protagonistes ; on se contente de leurs humeurs dans des péripéties expéditives et confuses à relier. Cet aspect “tranche de vie” rend l’anime hétérogène et n’intéresse pas plus que cela, même si les réflexions philosophiques du Major Kusanagi sont approchées au cours des derniers épisodes. Or, ce revirement détonne avec l’ambiance initiale de cette adaptation. Cela montre à quel point Oshii était parvenu à transcender le matériau d’origine pour lui donner toute sa consistance philosophique et en faire une œuvre mémorable.