Eleonore Shellstrop se réveille pour apprendre qu'elle est morte et qu'elle est au "bon endroit", un concept du paradis que je qualifierais d'agnostique. Sauf que de son vivant c'était plutôt...disons une connasse, et sa simple présence semble perturber la structure même du "bon endroit". Elle décide donc de chercher à devenir une meilleure personne pour mériter sa place et éviter "le mauvais endroit" avec l'aide d'un ex-professeur d'éthique et de philosophie morale, Chidi Anagonye.
The Good Place est une série qui ne paye pas de mine comme ça mais qui est bien meilleure qu'il n'y parait. C'est avant tout une série humoristique qui arrive à faire mouche avec ses personnages et ses concepts sans donner dans la surenchère. Cependant elle est arrivée à me garder à bord avec une histoire de fond qui s'intensifie au fur et à mesure que les enjeux prennent de l'ampleur. Mais il y a plus que ça.
En effet, la série traite beaucoup d'éthique et de philosophie via le personnage de Chidi et d'une mise en application de ces concepts pour résoudre un problème ou un dilemme rencontré durant l'épisode. C'était un choix assez audacieux qui pourrait facilement effrayer le spectateur cherchant généralement des comédies plus légères mais il y a une vraie maitrise de l'équilibre qui rend le tout particulièrement fluide. Les concepts sont amusants, les blagues sont marrantes, les connaissances intéressantes et les intrigues....bein intrigantes.
Le (très) gros point fort de The Good Place, c'est son écriture. Chacune de ses 4 saisons est un arc à part entière et les épisodes qui les composent ont un but et ne sont que très rarement de simples péripéties. Le tout s'enchaîne assez bien et est plutôt cohérent dans son ensemble. Et oui je sais que la structure de la saison 2 peut être inquiétante sur le continuité de la série mais je vous jure que ça a du sens, poussez la curiosité!.
Même la romance est bien traitée, et je suis particulièrement difficile à ce sujet, les trouvant souvent forcées et artificielles. Mais là où la plume est d'après moi la plus juste, c'est dans les dialogues. Ils sonnent vrai et donnent du corps au récit et aux personnages, dans la comédie comme dans le drame, dans l'exposition comme dans le développement, dans l'intellectuel comme dans la poésie. Ca apporte un gros plus aux personnages qui ont une vraie personnalité et on se projette assez facilement en eux, créant un fort sentiment d'empathie à leur égard. (C'est cependant bien moins le cas pour certains antagonistes qui ont pour la plupart un rôle comique un poil redondant mais c'est pas gênant pour autant).
Et pour éviter le gâchis, la série a un casting vraiment bon, avec en staring Kristen Bell connue pour son rôle de Véronica Mars en 2004 et que j'ai trouvé vraiment excellente. C'est également le cas de D'Arcy Carden qui joue le rôle de Janet, une encyclopédie magique anthropomorphique quasi-omnipotente, et qui donne une vraie identité à son personnage (ses personnages puisque Janet existe en plusieurs versions). Seuls quelques rôles secondaires en font un peu des caisses mais vu la teneur humoristique de la série ça s'y prête plutôt bien.
Comme vous l'aurez deviné, j'aime bien cette série. Les 52 épisodes durent 20 minutes chacun donc c'est niquel pendant qu'on mange ou avant d'aller se coucher. Et j'ajouterais que la fin est franchement réussie, faisant succéder au climax une belle conclusion à chacun des arcs des personnages dans un double épisode calme et plein de poésie.
La bise.