Deux arguments m'ont poussé à découvrir "The Hunting Wives", série Netflix adaptée d'un roman policier de May Cobb (et diffusé en France sur les chaînes Canal+).
D'abord la référence explicite à d'autres célèbres femmes au foyer (désespérées, celles-ci!), avec la promesse toujours excitante d'un mix assumé de soap et de thriller - et ce en dépit d'un casting féminin moins alléchant que celui de son modèle (avec en têtes d'affiche Brittany Snow et la revenante Malin Akerman, entourées de seconds couteaux assez méconnus).
Et puis surtout, "The Hunting Wives" est l'œuvre de la showrunneuse Rebecca Cutter, elle qui nous a offert la très inégale mais accrocheuse série policière "Hightown" (on retrouve d'ailleurs quelques visages communs aux deux shows, tel Hunter Emery).
Et en effet, on retrouve par moment l'écriture piquante de miss Cutter, n'hésitant pas à transgresser certains tabous narratifs/sociétaux. Mais à l'image de la dernière saison de "Hightown", l'insolence subtile des débuts a laissé place à une écriture nettement moins raffinée : en gros, tout le monde couche avec tout le monde, homme et femme confondus, à commencer par la protagoniste centrale Margo (incarnée par la suédoise Malin Akerman, toujours aussi libérée à l'approche de la cinquantaine). C'est amusant mais assez lourdingue, et pas forcément sexy car les scènes coquines sont filmées sans inspiration (et que pour mon malheur, aucune des héroïnes ne me séduit particulièrement).
Reste donc la dimension policière : sans être ennuyeuse, la trame narrative manque de vraisemblance (on s'en doutait et on aurait pardonné), et plus gênant, de rigueur. Certains évènements sont sous-traités (un personnage central meurt, et on passe très vite à autre chose), l'intrigue prend exagérément son temps au début (les 2 premiers épisodes sont plutôt chiants), avant de s'accélérer brutalement puis de s'achever sur un cliffhanger annonciateur d'une saison 2 (déjà en production, la série ayant connu un joli succès outre-Atlantique).
Bref, "The Hunting Wives" ne constitue pas une grande réussite, loin s'en faut.
Toutefois, ce thriller sexy au féminin reste divertissant : on s'attache un minimum au nombreux personnages de cette bourgade fictive du Texas profond. Ce décorum campagnard où l'on déguste des muddy buddies à la sortie de l'église locale, et où l'on écoute de la country music après une bonne chasse au sanglier, contribue assurément au petit charme diffusé par "The Hunting Wives", et explique peut-être l'engouement du public américain.
Du coup, je serais sans doute présent devant la seconde saison, par curiosité mais sans espoir démesuré.