Enfin un "film" réussi de SODERBERGH ?
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D’un autre coté, l’évolution recherchée est d’ordre sociale et politique… Car loin de nos conceptions contemporaines de New York – ville progressiste, THE KNICK présente la grande pomme comme une ville superficielle et hypocrite, une ville d’d’inégalités. Sociales ET raciales; inégalités mises en perspective par l’accès à la médication.
Alors qu’on pensait la série tournée vers une académique anthropologie médicale, un sujet parallèle se dévoile dès l’arrivée d’Algernon. Médecin de génie, mais… noir. Enfin, Negro. Le peuple noir est en effet considéré par tous (même eux-mêmes) comme un parasite pour qui l’accès à autre chose que des taches manuelles (l’esclavage, mais rémunéré) est inenvisageable… D’où malaise.
Et malgré quelques personnages positifs – par défaut, car il s’agit toujours d’intérêt, plus que de philanthropie – cherchant à faire évoluer les mentalités… Les progrès sont minces et les efforts astronomiques. Cette logique de non-profit pour tout ce qui est d’ordre social atteindra son paroxysme dans le climax de la série, un évènement dont la cause reste moralement floue (#génie) mais qui provoquera un débordement de haine d’une intensité rarement vue au « cinéma ». Tout ce qui aura été socialement et politiquement installé – non sans d’incroyables difficultés – volera en éclats, et révèlera la misanthropie de la « masse ».
Là encore, la froideur de la mise-en-scène de Soderbergh accentue le malaise de ces séquences, tandis qu’il utilise la suggestion et la psychologie inversée pour dénoncer de façon universelle et implacable, les sociétés s’étant construites sur l’exploitation d’autrui.
D’autant plus effroyable, qu’un rapprochement avec notre monde contemporain est inévitable ; ce climax constitue un parallèle négatif extrêmement pertinent avec l’actualité. On pense ici, aux évènements de Ferguson, et aux émeutes qui ont suivi, et de manière générale, comme reflet des inégalités sociales et l’exposition de préjugés et humiliations courantes.
Du grand cinéma qui fait réfléchir, sans en avoir l’air (...)
L'intégralité de notre avis sur la monumentale THE KNICK, sur Le Blog du Cinéma