Enfin un "film" réussi de SODERBERGH ?

(...)
D’un autre coté, l’évolution recherchée est d’ordre sociale et politique… Car loin de nos conceptions contemporaines de New York – ville progressiste, THE KNICK présente la grande pomme comme une ville superficielle et hypocrite, une ville d’d’inégalités. Sociales ET raciales; inégalités mises en perspective par l’accès à la médication.

Alors qu’on pensait la série tournée vers une académique anthropologie médicale, un sujet parallèle se dévoile dès l’arrivée d’Algernon. Médecin de génie, mais… noir. Enfin, Negro. Le peuple noir est en effet considéré par tous (même eux-mêmes) comme un parasite pour qui l’accès à autre chose que des taches manuelles (l’esclavage, mais rémunéré) est inenvisageable… D’où malaise.
Et malgré quelques personnages positifs – par défaut, car il s’agit toujours d’intérêt, plus que de philanthropie – cherchant à faire évoluer les mentalités… Les progrès sont minces et les efforts astronomiques. Cette logique de non-profit pour tout ce qui est d’ordre social atteindra son paroxysme dans le climax de la série, un évènement dont la cause reste moralement floue (#génie) mais qui provoquera un débordement de haine d’une intensité rarement vue au « cinéma ». Tout ce qui aura été socialement et politiquement installé – non sans d’incroyables difficultés – volera en éclats, et révèlera la misanthropie de la « masse ».
Là encore, la froideur de la mise-en-scène de Soderbergh accentue le malaise de ces séquences, tandis qu’il utilise la suggestion et la psychologie inversée pour dénoncer de façon universelle et implacable, les sociétés s’étant construites sur l’exploitation d’autrui.
D’autant plus effroyable, qu’un rapprochement avec notre monde contemporain est inévitable ; ce climax constitue un parallèle négatif extrêmement pertinent avec l’actualité. On pense ici, aux évènements de Ferguson, et aux émeutes qui ont suivi, et de manière générale, comme reflet des inégalités sociales et l’exposition de préjugés et humiliations courantes.
Du grand cinéma qui fait réfléchir, sans en avoir l’air (...)

L'intégralité de notre avis sur la monumentale THE KNICK, sur Le Blog du Cinéma
LeBlogDuCinéma
9
Écrit par

Créée

le 15 févr. 2015

Critique lue 375 fois

The Knick

The Knick

8

cinevu

le 18 nov. 2014

Suivre

Saison 1 Le Docteur House peut aller se rhabiller… puis Saison 2 Hypnotique comme la musiqie

La bonne idée c’est d’avoir choisi Steven Soderbergh pour réaliser ce petit bijou de scénario, un peu comme confier une pierre précieuse au bon orfèvre. Une écriture brillante, des dialogues...

The Knick

The Knick

8

Insomniac

le 12 août 2014

Suivre
Dernière modification

le 23 oct. 2014

Bilan saison 1

- Critique du pilote: Très bon premier épisode de cette série relatant la vie d’un hôpital américain à l’aube du XXe siècle. La scène d’ouverture est vraiment bien foutue et nous plonge tout de suite...

The Knick

The Knick

7

Vivienn

le 28 oct. 2014

Suivre

Mire in the Blood

Saison 1 Quand, il y a un peu plus d’un an, Steven Soderbergh annonçait mettre un terme à sa carrière cinématographique, on pouvait presque faire une analyse de cette décision plutôt surprenante de...

Buried

Buried

10

LeBlogDuCinéma

le 21 oct. 2010

Suivre

Critique de Buried par Le Blog Du Cinéma

Question : quels sont les points communs entre Cube, Saw, Devil, Frozen et Exam ? Ce sont tous des films à petit budget, dont le titre tient en un seul mot, et qui tournent autour du même concept :...

The Big Short - Le Casse du siècle

The Big Short - Le Casse du siècle

7

LeBlogDuCinéma

le 16 déc. 2015

Suivre

Critique de The Big Short - Le Casse du siècle par Le Blog Du Cinéma

En voyant arriver THE BIG SHORT, bien décidé à raconter les origines de la crise financière de la fin des années 2000, en mettant en avant les magouilles des banques et des traders, on repense...

Un tramway nommé désir

Un tramway nommé désir

10

LeBlogDuCinéma

le 22 nov. 2012

Suivre

Critique de Un tramway nommé désir par Le Blog Du Cinéma

Réalisé en 1951 d’après une pièce de Tennessee Williams qu’Elia Kazan a lui-même monté à Broadway en 1947, Un Tramway Nommé Désir s’est rapidement élevé au rang de mythe cinématographique. Du texte...