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Game of Thrones
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le 8 juin 2017
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Il y a, dans cette fresque nordico-saxonne, comme un parfum d'ambition avortée, un souffle épique qui tousse, une grandeur qui trébuche sur la marche du trône. Tout y est, rois d'Angleterre en carton-pâte, ferveur chrétienne en toc, drakkars tournés en studio, mais tout semble un peu trop huilé, un peu trop net, comme si l'Histoire avait été passée à la cire, brossée, polie, puis rincée d'âpreté.
Le protagoniste, censé porter l'angoisse des siècles et la fureur des clans, traverse les batailles et les deuils avec la constance émotionnelle d'une statue de bronze. Il tue, il aime, il souffre, mais toujours avec cette voix grave de prophète de salle de sport, cette mâchoire d'ébène taillée au compas. Il est Ulysse sans l'ironie, Roland sans panache, Hamlet sans doute.
Les dialogues claquent parfois comme des portes mal huilées dans un monastère déserté : lourds, sentencieux, gorgés de solennité mais vidés d'âme. La philosophie de comptoir y remplace la dramaturgie, et les enjeux glissent sur la surface des choses sans jamais s'ancrer dans une chair véritable.
Certes, les complots se trament, les épées s'entrechoquent, les drapeaux claquent au vent. Mais il y manque la fange, la sueur, la peur viscérale du néant. L'on devine le décor derrière le décor, l'écran vert derrière les collines, les figurants payés à l'heure qui font semblant de mourir. On assiste, plus qu'on ne vit. On regarde, plus qu'on ne ressent.
Et puis il y a cette répétition cyclique, ce carrousel tragico-héroïque où le héros, tel Sisyphe en armure, perd, reconquiert, trahit, pardonne, et recommence. Le sort ne semble plus une fatalité, mais un algorithme. On ne suit plus une destinée, on déroule une mécanique.
En somme, l'œuvre se donne des airs de chronique du fer et du sang, mais elle n'a que la silhouette de l'épopée. Elle avance, noble mais creuse, telle une relique vide portée en procession par des moines distraits. On aurait voulu vibrer avec elle, mais on ne fait que l'observer, à travers le verre dépoli de la belle intention.
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le 22 juin 2025
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8
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