Bof, bof... "The Last of Us" est vraiment très moyen, et je crois que j’ai passé plus de temps à attendre une montée d’adrénaline qu’un Cordyceps n’en met pour transformer un humain en champignon sur pattes. Pourtant, sur le papier, tout avait de quoi me séduire : un monde ravagé où la civilisation a explosé en mille morceaux, Joel, survivant aussi chaleureux qu’un radiateur en panne, escorte Ellie à travers les États-Unis dans un périple où chaque rencontre peut se terminer par une accolade… ou une morsure très mal placée. La série reprend l’univers du célèbre jeu vidéo avec un soin évident et propose une aventure où la survie, les choix moraux et les liens humains occupent une place centrale. Impossible de nier les immenses qualités de la production. La réalisation est particulièrement soignée, les décors post-apocalyptiques sont magnifiques, l’ambiance est constamment pesante et la photographie offre de très beaux tableaux de désolation. Pedro Pascal et Bella Ramsey livrent des prestations solides et leur relation évolue de manière crédible au fil des épisodes. La tension fonctionne souvent très bien lorsqu’elle est présente, et certaines séquences émotionnelles touchent juste sans tomber dans le mélodrame. On comprend parfaitement pourquoi beaucoup considèrent cette adaptation comme l’une des meilleures jamais tirées d’un jeu vidéo. Mais voilà... de mon côté, la mayonnaise n’a jamais vraiment pris. J’ai trouvé le rythme beaucoup trop lent, avec une succession d’épisodes qui privilégient les dialogues et les histoires secondaires au détriment de l’action et du sentiment d’urgence. J’attendais davantage de tension permanente dans un monde où chaque sortie devrait théoriquement ressembler à une partie de cache-cache avec la mort, mais j’ai souvent eu l’impression que les infectés avaient eux aussi pris des congés payés. Quant à la deuxième saison, elle m’a encore moins convaincu. Certaines libertés scénaristiques m’ont laissé perplexe et j’ai trouvé l’ensemble moins captivant, au point que plusieurs épisodes m’ont semblé avancer au ralenti comme un zombie qui aurait oublié pourquoi il était sorti de chez lui. Je garde malgré tout l’espoir que la saison 3 redonnera davantage de souffle à l’histoire, mais pour l’instant, malgré toutes ses qualités techniques et artistiques, la série reste très moyenne par rapport à mes attentes. Tout le monde me vendait une œuvre exceptionnelle, presque une révélation télévisuelle capable de faire pleurer jusqu’aux spores, mais je suis resté spectateur plus qu’investi. Au final, "The Last of Us" est une série ambitieuse, superbe visuellement et portée par d’excellents acteurs, mais dont le rythme et certaines orientations narratives m’ont empêché de ressentir l’enthousiasme général. Je la conseillerais sans hésiter aux amateurs de drames post-apocalyptiques contemplatifs… mais si, comme moi, vous espériez une aventure plus intense et plus nerveuse, préparez-vous à patienter plus longtemps qu’un champignon avant de pousser.