Il y a des événements qu’on ne parvient pas à oublier. Vous me trouverez ridicule vous disant que je n’oublierai rien du moment où j'assistais médusé au finale de The Leftovers : s'égrenaient alors sur ma vieille tablette les dernières minutes d’une série magistrale à la dernière saison exceptionnelle, à l'échange final parfait, alors que je suis secoué par les cahots d’un train Intercités me ramenant vers Paris et la fin des vacances. Le soleil se couche enfin et me permet finalement d’apprécier la beauté de la scène sans la voir barrée par le reflet de mon propre visage circonspect. Je me souviens aussi que ma voisine pour le voyage lisait "l'Evangile selon Jésus Christ" de Saramago et qu’elle avait sur les genoux un bouquet de... feuilles de figuiers, allez savoir pourquoi.
Vous me trouveriez de toute manière tout aussi ridicule si je vous racontais toutes les péripéties et les folies que vont subir les personnages de “The Leftovers” au long de leur chemin de croix ; car il s'agit un peu de cela.
Nulle autre série, nulle autre œuvre peut-être, ne m’avait laissé par moments si pantois, si interdit, sans que cela ne me dérange le moins du monde. On accepte les conséquences quand on franchit le pas de cet univers et de ses 2% d'absents. On plonge la tête la première et, soit on boit la tasse et on remonte, soit on s’y noie avec joie.
Nota Bene: critique plus complète ici.