The Leftovers par Antevre
C'est marrant, j'ai découvert cette série complètement par hasard. Le trailer m'a beaucoup plu, mais j'avais peur que ce soit du bon gros pathos permanent pour le plaisir "Regardez comme on est malheureux ! REGARDEZ !", et en fait... pas vraiment. Il y en a bien sûr (en même temps vu le pitch, vous me direz qu'il est difficile de passer à côté), mais ce n'est pas l'élément principal de la série.
Et puis, premier épisode, j'entends, avant de voir le type, la voix d'un de mes acteurs préférés, et je sais que je regarderai au moins pour lui. Eccleston. Rien à faire, je trouve qu'il crève l'écran ce mec. Du coup, ça m'a aidé à laisser mes craintes de côté et à me laisser aller à cette très jolie série.
Il y a deux ans (ou trois ? Sais plus), l'humanité est confrontée à l'inconcevable: 2% de la population mondiale disparait en un instant. Dans le monde entier. Simultanément. Pourquoi ? Où sont-ils passés ? Personne ne le sait. Mais le pire est sans doute que la vie a continué pour ceux qui restent, leur obligeant à avancer dans un monde qui a perdu ses repères... Les sectes fleurissent, les personnalités étranges apparaissent, les chiens des disparus rôdent, c'est un monde angoissant et détraqué qui s'offre à eux.
En raison de la présence de Damon Lindelof au scénario, les comparaisons avec Lost fleurissent. Et de fait, quelqu'un qui a déjà vu les deux séries ne manquera pas d'y trouver des points communs. Et pourtant, à mon sens, The Leftovers évite la plupart des gros écueils de Lost avec succès. Pas de surenchère de cliffhangers, pas de grands mystères à débrouiller qui s'avèrent être des pétards mouillés. En fait, c'est même l'anti-Lost par certains aspects: si l'on se demande de fait ce qui a bien pu se passer avec la disparition et tout, ce n'est en aucun cas le moteur de l'intrigue. Là où tout tendait dans Lost vers une résolution qui devait forcément être décevante en comparaison au suspens entretenu, The Leftovers est au contraire complètement nihiliste. Les motifs messianiques, les héros, les événements surnaturels sont bien présents, mais ne servent pas l'idée d'un grand plan. Il a déjà eu lieu, le grand plan, l'histoire s'intéresse à ceux qui ont été laissés derrière, très littéralement. Sans pour autant tomber dans le pathos permanent, comme je l'ai déjà dit. Finalement si on a envie de suivre la série, de lancer l'épisode suivant, ce n'est pas pour connaitre la réponse à un mystère laissé en suspens, ni pour jouer au voyeur devant les malheurs des protagonistes. C'est pour les accompagner dans leurs parcours, comprendre leurs motivations, les voir interagir entre eux, les voir construire leur futur. C'est tellement plus puissant que Lost, en fait, il n'y a pas de comparaison possible.
Et puis c'est une série HBO. Ca veut dire budget, superbe photographie, bande-son remarquable, opening marquant, et remarquable casting. On retrouve parfaitement l'idée de "réalisme" du récit typique de beaucoup de productions de la chaine.
Après une seule saison de 10 épisodes, j'ai encore du mal à évaluer correctement la série. Mais il y a du potentiel. Beaucoup même à mon sens. Je vais suivre ça attentivement.