Ma première critique sur ce site des années pourtant après mon inscription, c'est dire à quel point cette série est extraordinaire.
J'ai terminé le visionnage il y a quelques instants seulement mais je suis transcendé depuis le premier épisode par cette œuvre incroyable et profondément mélancolique. Une BO inoubliable et des méditations métaphysiques comme on en trouve rarement dans les séries. Tout cela parvient à faire oublier un rythme lent sans être dans le contemplatif.
Les créateurs et les réalisateurs ont fait des choix radicaux et généralement surprenants s'agissant de l'écriture et de certaines mises en scène. Pour autant, on en revient toujours à ce 14 octobre durant lequel 2% de la population mondiale a disparu. Que s'est-il passé ? Chacun se fait son interprétation ; ténue est la frontière entre le croire et le savoir. A moins qu'il ne convienne plutôt d'accepter l'inacceptable.
La question n'est pas de savoir où sont ces 2% mais plutôt de comprendre : ont-ils simplement disparu ou sont-ils morts ? Comment faire le deuil quand on pense que l'esprit de l'un de ses proches est là, quelque part ?
Enfin, les personnages sont confrontés à l'injustice. Pourquoi ai-je perdu mon mari et mes deux enfants alors que mon voisin - peut-être moins bon que moi - n'a pas été victime de la "Soudaine Disparition" ? La douleur est d'autant plus vive que le prénom des deux enfants est tatoué sur le bras de cette mère qui désormais se retrouve seule.
Au-delà des interrogations philosophiques, on retrouve également des thèmes sociétaux. Comment la cité peut-elle s'organiser après une tragédie - s'il en est une ? Apparition de sectes, développement de cultes religieux, changement de paradigme de la famille, conflits idéologiques...
On l'imagine aisément, The Leftovers aurait pu être une série faussement sérieuse mais, portée de surcroît par des acteurs grandioses, elle laisse définitivement une trace indélébile.
Par ailleurs, si l'emploi d'adverbes est généralement proscrit, cette fois, je ne saurais trop en abuser pour décrire avec justesse l'émotion vécue, le trouble ressenti et mon emballement inédit. On conseille donc vivement.