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Michael Scott est un con. Du genre à tenir des propos misogyne, homophobe ou raciste sans même réaliser les énormités de ses propos, un sourire jusqu'aux oreilles. Et pour couronner le tout, à...
le 15 mai 2010
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Ça y est. J'ai fini The Office... quasiment 20 ans après le début de la diffusion de la série à la télévision américaine, et presque autant de temps après avoir vu sa contrepartie anglaise. D'ailleurs, à l'époque, j'étais un peu comme tout le monde : je trouvais la version anglaise meilleure, plus efficace sur son côté "cringe comédie" où tu as tellement honte pour les personnes que tu vois que tu as envie de te terrer dans un trou. Je trouvais les personnages trop gentil, Dwight étant plus un geek coinços que le Gareth original qui lui était un vrai sociopathe. Mais surtout en saison 2 je trouvais idiot de passer d'un format 6 épisodes par saisons à 22 épisodes par saisons et le fait qu'il y ai des amourettes entre Michael et Jan ou Dwight et Angela m'avait fait dire "ha ces américains, ils disneyfient tout"
Néanmoins la perspective de voir Jim travailler dans une autre branche, en saison 2, m'avait intéressé. Mais j'avais arrêté au bout de 5 épisode en me disant que j'allais peut-être reprendre, dans un futur possible. Je n'ai repris que 10 ans ou 12 ans plus tard lorsqu'en parlant des mèmes tirés de The Office avec ma compagne, je lui propose de regarder la première saison. On se l'est bindgewatché, amorçant très vite la saison 2, avant de se dire qu'on allait peut-être tout regarder. Néanmoins, on s'est un peu arrêté dans notre élan et a fait de grosses pauses de plusieurs années entre deux saisons. L'arrêt de notre compte Amazon Prime a fait qu'on a eu un trou de 3 ans entre la saison 7 et la saison 8. Mais au final, on s'est quand même enfilé les 201 épisodes.
Donc, voilà, c'est fini. Au final, mon avis sur la série est bien remonté que la simple copie que je voyais à la base, notamment parce que la version américaine à l'intelligence d'élargir son casting, faisant qu'on passe petit à petit d'un groupe de 5 ou 6 personnes à un groupe d'une dizaine voire d'une quinzaine de personnages réguliers.
Ce qui fait que petit à petit c'est avant tout pour eux qu'on regarde les épisodes. Si Jim, Pam, Dwight et Michael tiennent le haut de l'affiche, on apprend à connaitre les autres membres de la boite (en partie basé sur la personnalité des acteurs, certains ont même gardé le même prénom, voir dans le cas de Creed, le même nom de famille) : Oscar le latino gay, Kevin le gros nounours, Meredith l'alcoolique, etc.... Pour moi l'un des meilleurs reste Creed qui est passé de "type complètement en arrière plan" a celui qui balance les plus grosses dingueries au détour d'une phrase. (Souvent lors des fausses entrevues" entre deux scènes.)
Après, on va pas se mentir, c'est LA série de Steve Carrell, qui l'a fait passé de "comique
seulement connu aux USA" à "star bankable". Son personnage, sans être l'horreur qu'était celui planté par Ricky Gervais dans la série est irritant par moment, touchant par d'autre et devient plus proche de "l'oncle maladroit et génant" que du "pire boss possible" de la version anglaise. Après, c'est un gros problème avec la série : les personnages peuvent changer complètement d'un épisode ou d'un arc à un autre et passer de "type un peu bizarre" à "incroyablement stupide" et ça n'épargne même pas Jim.
Ainsi, Dwight est dans ce cas là. Au début c'est un type coincé, psychorigide, avec un côté geek. A la fin, c'est une sorte de fermier zarbi aux lubies étrange, qui est au fond, plutôt pas méchant. C'est limite si on ne nous dit pas à la fin de la série qu'il est un bon manager, là où chaque saison nous montrait à quel point il était vraiment incompétent. On trouve aussi ça chez Ryan qui passe du "nouveau" un peu candide mais pas méchant à une sorte de trou-du-cul opportuniste. Son court passage dans le dernier épisode de la série le montre comme l'un des pire être humain au monde. A l'inverse on a Nellie qui en saison 8 est immonde et plutôt sympa en saison 9.
Le pire dans ce cas là étant Andy, qui passe de "collègue con de Jim" a "collègue rigolo mais incompétent" puis au fil des saisons à s'enfoncer à divers rôle, passant parfois du relou qui joue de la musique, puis au type bête mais rigolo et maladroit envers Erin.
Dans les dernières saisons, il devient boss et on tente de lui donner un rôle quasi similaire à celui de Michael Scott et jamais la série n'arrive vraiment lui donner un caractère fixe en deux saisons. A la fin de la saison 8 il plaque son boulot pour retrouver Erin (quitte à être rembauché dans la foulée) mais en saison 9 il est dédaigneux avec elle et stoppe tout pour faire trois mois de bateau. C'est même limite hyper frustrant tant ils ne savent pas sur quel pied danser.
Bon, on va pas se cacher au fil des ans, la série a fonctionné avec des intrigues sur les relations amoureuses avec des rebondissements sur les rapports des uns envers les autres (souvent les plus jeunes étant donné que je crois guère que la vie sexuelle de Phyllis ou de Stanley attire les foules) A vrai dire, en relisant les wikis sur la série, j'avais complètement oublié qu'Angela et Andy étaient sorti ensemble voire qu'ils envisageaient de se marier à un moment donné, tant à la fin, cette storyline est oubliée. (J'avais aussi oublié que Michael était sorti avec la mère de Pam.)
En réalité l'arc le plus réussi de la série ça reste la relation entre Pam et Jim, qui est faite de haut et de bas, mais dure avec le temps, avec sa progression logique : ils se tournent autour, sortent ensemble, s'épousent, ont un enfant, puis deux. Alors évidemment, il y a des moments où la série a essayé d'introduire une personne pour dynamiter leur couple (une nouvelle collègue, un ami qui pratique le dessin, un preneur de son) mais c'était tellement artificiel que ça ne marchait jamais. Dans la dernière saison, une dispute de couple m'a brisé le coeur parce qu'elle était vraiment bien écrite : les deux avait un point de vue très valide et ça sonnait "vrai." Mais j'avais du mal à croire qu'ils allaient finir une série par le divorce de son couple star.
C'est d'ailleurs assez intéressant à regarder car moi et ma copine avions une relation de plus en plus longue au fil du temps que nous avons regardé cette série. Aussi lorsque Jim dit à la fin de la série qu'il aime Pam depuis dix ans je m'apercevait que c'était le cas pour nous aussi. Et vu le nombre de couple qui aiment regarder des séries ensemble, ça a du résonner chez certains.
A vrai, dire, il y a des moments où The Office s'écarte vraiment de son concept initial (rire de la vie de tout les jours et des avanies de la vie professionnelle) pour parfois enchainer quelques épisodes où on a juste l'impression de les voir faire n'importe quoi. Il y a plusieurs épisodes où je me demande vraiment à quel moment les personnages bossent. Bon, après c'est pas moi qui fait tourner la boite et celle-ci semble pérenne à la fin de la série.
Le pire, c'est que la série est arrivé à être actuelle à son insu. Déjà par les nombreuses références aux choses à la mode à l'époque de la série : les voir citer certains mèmes ou faire allusion à certaines séries en vogue au moment de la diffusion ( Lost ou Battlestar Galactica) a encré la série dans son époque. Bon, c'est à double sens, puisque la série a elle-même engendré pas mal de mèmes internet. Et c'était vraiment drôle au détour d'un épisode d'où venait le "HO NO GOD NO !!" ou le "that's the same picture."
Mais la série s'est encré dans son époque sans le savoir. A la base si la série anglaise se déroulait dans une compagnie de papier c'est parce que c'est le prototype même du produit "sans intérêt" pour lequel personne n'oserait s'enthousiasmer. Toutefois la série a été produite durant l'avènement d'internet et de la numérisation des données : un moment où les industries avaient de moins en moins besoin de papier, ce qui rendait réel les histoires de réduction de personnel au début de la série. Et cette intrigue s'est calmée au moment où dans la vraie vie la situation ne se normalisait (vu qu'il existe encore de nombreuses industries qui auront besoin de papier pour des applications diverses et variées.)
Si The Office se concentrait au départ sur un casting d'inconnus (en dehors de Steve Carrell) en partie pour donner une impression de "réel" avec sa popularité montante, la série s'est mise à inviter un très grand nombre de célébrité. Dans les personnages réguliers on a eu Idris Elba, Amy Adams, Will Ferrel, Kathy Bates, James Spader (durant toute une saison) et Catherine Tate (dont j'étais étonné qu'elle reste toute une saison) mais aussi des caméos de Ricky Gervais (of course) Christian Slater, Jim Carrey, Stephen Colbert, Bob Odenkirk (qui joue un boss semblable à Michael) et un caméo très étrange de Jack Black et Jessica Alba. (Ceux qui s'en souviennent savent de quoi je parle.)
Vu que j'écris cette critique après avoir vu les saisons 8 et 9 celle-ci sont très fraiche dans ma tête. Ce sont aussi des saisons un peu bancale vu qu'elles n'ont plus Michael Scott (Steve Carell souhaitait se concentrer sur sa carrière ciné) et qu'ils ont mis Andy comme chef (j'en parle plus haut.) Et on sent qu'ils tâtonnent dans les directions qu'ils doivent donner à la série : on a un nouveau boss au dessus d'Andy joué par James Spader qui est très très bizarre dans son côté lunatique. C'est la saison qui voit de nombreux épisodes avec un séminaire en Floride avec une Catherine Tate très agaçante, une tentative d'inventer une rivale à Pam. Mais qui offrent de très bons gags (je crois que cette dans cette saison qu'il y a le gag d'ouverture où Jim se fait remplacer par un pote et fait croire à Dwight qu'il était asiatique toute sa vie.)
Je trouve la saison 9 mieux structuré : l'incursion de deux petits nouveaux, d'abord présentés comme une sorte de version plus jeune de Jim et de Dwight est intéressante (notamment quand le "Dwight Junior" s'avère n'avoir aucun rapport avec lui) et éjecte le couple Ryan et Kelly qui était devenu une caricature d'eux-même. Le personnage de Nelly est enfin intéressant voire un peu touchant. Mais c'est surtout la saison qui raccroche les wagons avec le côté documentaire de la série, lui donne un sens, voire une utilité dans le scénario.
Le meilleur plan étant pour moi ce moment où en regardant une bande annonce pour le documentaire, les employés de Dunder-Mifflin s'aperçoivent que les caméraman ont enregistrés et diffusés des séquence à leur insu. Soudainement, tout le groupe se met à regarder la caméra, paniqués.
Bon, on a l'ultime intrigue "télénovela" avec le mari d'Angela qui la trompe avec Oscar.
Le final s'avère surtout être un dernier tour de piste, à l'image de celui qui concluait la série anglaise avec une sorte de "que sont-ils devenus" et un moyen de dire au revoir à tout ce petit monde là.
Steve Carrell revient mais vraiment pour faire coucou. Il est assez peu présent et j'aurai adoré revoir Holly. Mais c'est bien qu'il soit passé. Comme dit au dessus, Kelly et Ryan confirment le fait qu'ils sont les pire personnages. Et surtout
Mais ce qui est marrant, c'est qu'en montrant des personnages qui s'apprécient, qui sont heureux de passer un dernier moment ensemble (pour certains, d'autres vont se revoir au taf le lendemain) il y a une sorte de moralité inverse de la version anglaise qui disait que l'on passait la plupart de notre vie avec des gens qu'on a pas choisi et que c'était une fatalité qu'il fallait accepter. A l'inverse, la série américaine voit une fin positive qui nous dit qu'a force de travailler ensemble une synergie se forme et qu'une amitié se construit a force de traverser l'adversité avec des gens qui nous étaient inconnus. Après, entre les 14 épisodes de la version anglaise et les 201 épisodes de la version américaine, l'attachement n'est pas le même.
Pour le reste, j'ai dit à ma compagne "bon, maintenant on regarde Parc & Recreations" et elle m'a fait un peu la tronche. Je crois que c'est un poil trop tôt.
Créée
le 19 févr. 2025
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