Une série qui m'a beaucoup plu tout d'abord pour son scénario et sa construction qui mêlent adroitement les allers-retours entre le passé (1988 ) et le présent, l'histoire policière et judiciaire et la vie personnelle des divers personnages. A la corruption des policiers et des procureurs s'ajoutent les inégalités sociales et les brutalités policières de cette société coréenne pas encrore vraiment sortie de la dictature et de ses odieux travers, d'autant que les procédures médico-légales archaïques permettent toutes les déformations possibles de la vérité. Mais au-delà de l'enquête sur les meurtres en série qui bouleversent cette petite ville de province où le héros se démène sans succès, au milieu des manoeuvres honteuses d'un procureur sans scrupules qui le harcelait déjà au lycée, de ses erreurs et ses doutes sur les proches impliqués qui l'entourent, d'autres thèmes plus profonds se dégagent peu à peu : les ravages de l'injustice qui brise des vies pour toujours et à jamais, l'acceptation ou le déni de ses responsabilités, la culpabilité, le pardon possible ou impossible selon l'attitude du coupable... L'interprétation est excellente des seconds aux premiers rôles : le meurtrier d'une précision et d'une lucidité aussi glaçantes que son imperméabilité à l'empathie et la notion du mal, le procureur englué jusqu'au bout dans son complexe d'infériorité vis-à-vis du héros qui l'a conduit à agir plus monstrueusement qu'il le voulait sans doute, le policier qui à force de se sacrifier pour réparer ses erreurs et offrir une chance de survie à ceux qu'il veut protéger n'a pas pu faire éclater la vérité comme les circonstances l'auraient mérité, les deux brutes policières à la solde du procureur aux violences révoltantes, la journaliste passionnée... La réalisation et la reconstitution historique sont soignées mais j'ai surtout apprécié la façon dont les révélations qui se succèdent combinent l'intrigue, le contexte social, les histoires personnelles et des réflexions plus larges.