Ryan Murphy a-t-il percé le mystère de Twin Peaks ?

Depuis que Marvel nous assomme avec son fan service et ses easter eggs, bon nombre de réalisateurs se perdent dans un florilège de références et de clins d’œil, persuadés que cela suffit à construire une œuvre forte et intéressante, ou à donner corps à un scénario qui tienne la route.


Et c’est exactement le problème majeur de The Shards. Les clins d’œil fusent, mais frisent parfois le ridicule.


Les créateurs de la série savent pourtant toujours composer des univers visuellement forts, nourris de références et d’influences. Seulement voilà : Ryan Murphy se fourvoie et, de toute évidence, regarde dans la mauvaise direction. Celle du maniérisme, de la surenchère et d’un recyclage de références devenu franchement désintéressant.


À trop vouloir citer ses idoles (Brian de Palma, Stanley Kubrick, Wes Craven, David Lynch, Debbie Harry, David Bowie, Lou Reed, Andy Warhol), Murphy se noie dans un véritable bal de références qui finissent par paraître cheap, kitsch et surtout terriblement ennuyeuses. En se perdant dans ces hommages, il en oublie sa propre série et délaisse progressivement son intrigue principale.


Le showrunner pratique ici une véritable chirurgie de l’image, une forme de sampling pop à la Brian de Palma. À ceci près que le réalisateur de Pulsions et Body Double, lui, puisait dans l’œuvre de son mentor Alfred Hitchcock pour mieux la remodeler, la détourner et, surtout, la sublimer, jusqu’à faire émerger son propre langage cinématographique.


Dans The Shards, rien de tel. Les scènes ne semblent même plus convoquées pour être détournées, réinterprétées ou investies d’un sens nouveau. Elles sont simplement recopiées, vidées de leur substance, de leur chair et, surtout, de leur humanité.


Le problème n’est donc pas que la série refuse de donner une réponse. C’est qu’elle confond le refus de répondre avec le suspense. Or, comme souvent avec Murphy, la promesse d’une révélation finit par s’avérer bien plus complexe que la révélation elle-même.


À trop fantasmer sur l’œuvre de Lynch et Twin Peaks, Ryan Murphy en oublie son propre parcours, de ses débuts avec Nip/Tuck à Glee, ainsi que l’étendue et la richesse de son œuvre. Même son goût pour la chronique satirique, sociale et souvent férocement réaliste semble avoir disparu de ses productions récentes.


Et pourtant, The Shards sait parfaitement quels films nous ont effrayés, quels visages nous ont hantés et quelles images savent encore nous faire frissonner. Depuis The Beauty et All’s Fair, les citations se multiplient. Mais depuis quelque temps, Murphy semble davantage chercher à impressionner par le visuel qu’à provoquer des sensations et des émotions.


Comme si Pose ne faisait déjà plus partie de son propre catalogue.


Le résultat est plus que navrant. Plus la série avance, plus les scènes s’enchaînent sans relief, devenant ternes, apathiques et finalement vides de sens. On a davantage l’impression d’assister à un feuilleton soap-opéra bavard, absurde et banal des années 1980 qu’à une série maîtrisant réellement son propos.


Et le final ne fait qu’enfoncer davantage le clou. D’autant plus que Disney n’a toujours pas donné son feu vert pour une éventuelle suite.

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le 27 août 2026

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