Nul besoin d’aller au bout de sa première saison pour comprendre que The Strain ne nous emmènera pas loin ; autant donc descendre en cours de route.
Guillermo Del Toro, cinéaste inégal mais rompu au mode de production américain, adapte ici ses propres romans. Le but est clairement de donner une nouvelle image du mythe du vampire, en le débarrassant de son imagerie romantique (à rebours de Twilight et True Blood), et en lui donnant l’aspect d’une série d’horreur scientifique, le vampirisme étant envisagé comme un virus – ce qui, ça tombe bien, est à la mode.
Mais cet opportunisme de bon aloi n’est pas le pire défaut de The Strain. On pouvait s’attendre, de la part de Del Toro, à un style visuel soigné – et c’est le cas : les lumières sont contrastées, les cadres précis, les effets spéciaux particulièrement réussis – mais pas forcément aux affèteries inutiles qu’on trouve d’habitude dans les séries de seconde zone, comme ces indications spatiales oiseuses (« Vestry Street, Tribeca, Manhattan, New-York City, USA » – j’exagère à peine).

De la même manière, on aurait pensé trouver, chez l’auteur du Labyrinthe de Pan, un peu plus de recherche dans l’écriture des personnages. Tout le monde sait aujourd’hui que la force d’une série réside précisément là, dans la cohérence et la finesse d’une caractérisation : dans The Strain, les personnages sont brossés à gros traits, sans une once de personnalité. Quant au développement de l’intrigue, il suit son bonhomme de chemin, confortablement tracé par le sillon de dizaines de films de genre avant lui (Le héros est confronté à l’incrédulité de l’establishment / il rencontre un vieux fou qui sait / le traitre n’est pas si méchant / etc.)
Enfin, que dire de l’évocation que fait la série du nazisme comme source ultime du mal, sinon que plusieurs comics, récemment adaptés avec succès au cinéma (et par Del Toro lui-même) ont déjà exploité à fond cette idée pas très subtile ?
A ce stade (c’est à dire, pour ma part, l’épisode 5) on aura compris qu’il n’est plus de temps à perdre avec cette médiocre production, et on sera passé à quelque chose de plus consistant.
cinematraque
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le 6 sept. 2014

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