"Walking Dead" s'embourbe dans un coma dont il aurait été préférable que le héros ne sorte jamais.
[il n'y a pas de spoiler dans cette critique]
Alors voilà... je suis un adepte du mythe du zombie, mais attention, du zombie-intelligent (non, ce n'est pas antinomique) version Romero... Quand le décervelage a un sens social, quand l'abrutissement collectif nous conduit à errer dans les grands magasins, dans une société de consommation moribonde d'humanité et de coeur...
Alors voilà... on m'a dit "Purée, t'as pas lu / vu Walking Dead ?!" (entre parenthèse, implicitement, "Sale loser !")... c'est chose faite, maintenant. J'ai vu la série (je ne suis pas super fan de bd, et j'avais peur de décrocher une oeuvre d'art). Alors, j'étais d'autant plus impatient que ces préconisations venaient de non-fans de zombie, et de personnes plutôt "intellos"... Chouette-chouette... j'allais me régaler avec une série qui s'annonçait profonde et divertissante.
Bref... je m'attendais vraiment à du renouveau, à de l'intelligent, à de l'action et de la profondeur... A du Romero revisité d'une manière personnelle et originale. Bha, non. C'est tout planplan... Le scénario est aussi décérébré que les zombies qui peuplent la série. [je ne parle même pas des effets spéciaux qui ressemblent à du "Bad Tast", de la série B des années 80, ou du "Thriller", sur certaines scènes.. je me suis même retenu de rire, par moment, devant la gueule des zombies-polystyrénés !]... Alors, on m'a dit, "la psychologie des personnages est vachement bien travaillés, trop profondes". Bha, non, je ne trouve pas. Chaque personnage est le cliché des personnages des années 70/80... des petites statuettes mises en mouvement par le truchement d'un réalisateur qui n'a pas franchi l'an 2000. On a le gentil shérif beau gosse... Le sale facho de merde... le noir maladroit mais bien gentil... le petit garçon timide et effrayé qui sert de faire valoir ou de prétexte à tout ce joli monde... le vieux compatissant et sage... la bimbo-blonde un peu conne... l'autre bimbo-brune moins conne (car femme du héros, vous savez le gentil shérif beau gosse)... le fermier idiot (voire un peu bizarre)... le bouseux qui frappe sa femme... le frère du facho qui est tout aussi facho... Des caricatures. Et y'a rien à voir de profond. Tous les personnages sont si peu épais qu'ils n'ont même qu'une face. J'ai beau cherché un truc que j'aurais zappé, ben non... Circulez, y'a rien à voir.
Non, rien de nouveau sous le soleil grisâtre de cette atmosphère ni flippante, ni haletante, ni surprenante... ni rien du tout. Que du déjà vu, lu, revu, passé, repassé, délavé... une bonne cinquantaine de fois.
En résumé :
- Attention... des zombies !!
Alternative 1:
- Courez... Courez !!!
Alternative 2 :
- Prends ça, enfoiré !!
**
Voilà. Alors, bien sûr, je surligne le trait, car il y a quelques petits moments presque bien vus (mais pas, en fait), car cela reste du déjà vu... aucune surprise, rien de nouveau. Tel personnage infecté (en secret), tel personnage qui pète une durite dans la communauté, tel personnage qui est méchant et finira méchant ("qui vit par l'épée finira... avec une épée dans la tronche")...
Quant au scénario, il n'est pas sans rappeler l'excellent "28 jours plus tard". Je note "rappeler", car je reste mesuré. Lisez plutôt : un homme sort du comas, dans un hôpital déserté, et se retrouve dans un monde peuplé de zombies... je parle de quel film ? Oui, les deux. Clin d'oeil de l'élève au maître ? petit plagiat entre amis ? ou contrefaçon de bâtard ?... A vous de juger. En tout cas, "28 jours plus tard", et son second volet "28 semaines plus tard" sont d'excellents films, qui dépoussièrent réellement le genre du zombie, avec une histoire intéressante, une réalisation bluffante (et vraiment flippante) des protagonistes contemporains et pertinents...
Alors que "Walking Dead" s'embourbe dans un coma dont il aurait été préférable que le héros ne sorte jamais, finalement.
Entre la mise en scène convenu, le scénario déjà vu mille fois, les acteurs clichés (pourtant pas mauvais), les effets spéciaux à rire par moment... quant à la chute finale, c'est plus mélo d'un pédalo sous la pluie.
Je vous le déconseille. Juste parce que j'aime vraiment ce genre de films et le mythe du zombie, et que ce genre de productions creuses et sans saveur (sinon fadasse), c'est donner de l'eau au moulin de ceux qui pensent que le zombie est réservé à un public d'ados aussi idiots que ces personnages.
Personne ne mérite de voir ce film... Si vraiment vous êtes fan du genre, comme je le suis, regardez-le, par curiosité... Mais attendez vous à un nanar (l'humour second degré en moins).