Saison 1 : Notre furieuse (et inattendue) addiction de l'été.
Happés dès les premières minutes par le voile de mystère qui plane autour du White Lotus, vous ne voudrez/pourrez pas quitter Hawaï, son hôtel de luxe et sa clientèle pleine aux as avant d’avoir eu le fin mot de l’histoire… Parce que vous voudrez savoir…. Au-delà de ses paysages splendides, sa somptueuse photographie et cette musique entêtante que vous ne pourrez plus vous sortir de la tête (une drogue cette BO), The White Lotus installe en très peu de temps des personnages aussi détestables que fascinants, dont les névroses sont aussi bien dissimulées que leurs sourires de façades sont éclatants.
Les dialogues sont caustiques, les réparties assassines, The White Lotus est une comédie satirique jubilatoire qui rebondit avec malice et acidité sur les sujets de société actuels sans jamais chercher à s’en excuser.
Légèrement déconcertante car on ne sait pas vraiment où elle veut aller, la série nous maintient cependant en permanence concernés grâce à l’excentricité de ses personnages, que ce soit le personnel ou les clients, tous génialement construits et interprétés. Mention pour Jennifer Coolidge, qui livre sans doute les meilleurs moments de la série.
Commencez, vous ne vous pourrez plus vous arrêter !
Saison 2 : La série conserve intacte l'énergie bizarre et addictive qui avait porté la saison 1. Des personnages identifiables immédiatement et qui accrochent tout de suite l'attention, des décors idylliques et une mort mystérieuse en flash-forward dès le premier épisode. On se pose et on regarde ce petit observatoire de la nature humaine, miroir grossissant des petites mesquineries et des gros défauts de chacun. Ce qui est admirable avec White Lotus, et peut-être plus encore cette saison, c'est qu'on est plus intéressés par l'évolution de personnages toujours à la limite que par savoir à qui appartient ce corps qu'on voit flotter au début. Et elle parvient à créer un suspense électrisant avec trois fois rien, juste une écriture au cordeau. On a qu'une envie en terminant le season final, que Jenifer Coolidge fasse le tour de tous les White Lotus de la planète. On prendra la chambre d'à côté.
Saison 3 (6/10) : Passé le regret de ne pas avoir un générique à la hauteur de celui de la saison 2, on se console rapidement avec l’entêtante musique originale, les images splendides de Koh Samui en Thaïlande et la mise en scène ultra-léchée, marque de fabrique de la série. Mais le cœur de White Lotus, ce sont ses ses personnages. Et ils sont une nouvelle fois admirablement bien croqués, délivrant de délicieuses punchlines tout au long des 8 épisodes. Tour à tout mauvais, hypocrites, détestables ou pathétiques, ils semblent évidemment tous avoir quelque chose à cacher.
Le whodunit qui suit le flash forward du premier épisode introduisant THE cadavre est maintenant bien maîtrisé, les histoires qui se croisent forment un solide storytelling qui fait qu’on ne s’ennuie jamais.
Mais le gros problème de cette saison, c’est son scénario. Oui, on aime quand c’est over the top, excessif, à la limite tiré par les cheveux, mais là il n’y pas pas grand chose de crédible (au hasard une histoire de pistolet, une sobriété contrariée, un bonne âme virant vénale…), et ça gâche fortement l’impression générale, renforcée par un final bâclé sauvé in extremis par la royale Carrie Coon. Une saison 3 beaucoup moins aboutie, moins iconique, il va falloir se ressaisir pour la prochaine!