Alan Ball, c'est avant tout Six Feet Under, une série qui approche la perfection sous tous les angles. Et si t'es pas d'accord, c'est que t'as pas compris et c'est comme ça.
Alors avec True Blood, on l'attendait au tournant avec la fébrilité d'un daim attendant de se jeter sur un break familial pour en traumatiser les gamins.
Et qu'en est il ? On peut y voir plusieurs facettes. Le thème de la "différence" est bien sur présent dans un contexte de bled paumé au fin fond de la Louisiane où la tolérance n'est pas le maitre mot.
En se servant des vampires comme nouveau Bouc-émissaire de l'humanité, Alan Ball nous offre une réflexion sur le pourquoi du comment les rednecks-bouseux-péquenots des States peuvent pas saquer 80% de l'humanité (et les autres du coup).
Enfin ça, c'était au début. Maintenant True Blood, c'est une série Popcorn avec une réalisation chiadée et décomplexée.
Là où beaucoup de personnes pourraient trouver ça too much, niais et proche du ridicule, moi je la prend comme telle. Alan Ball ne fait pas ce genre d'erreur, Six Feet Under l'a prouvé. Il se lâche complètement et se permet TOUT ce qu'il veut. Tous les délires/dérives sont voulus, l'exagération, le Cheesy à outrance... Une fois qu'on a intégré ça, on s'éclate.
Les personnages sont bien foutus chacun dans leur style et sont franchement classieux (Big Up Lafayette, l'un des plus funky-groovy-virilement gay jamais créé ou Godric, la force tranquille Jesus style des vampires) mais peuvent effectivement énerver (cf Bill avec ses "SOOKIE, I LOVE YOU SOOKIE", would you shut up please and stop being useless?).
Bref, pour moi, c'est du kiff en barre à chaque épisode et ça, ça n'a pas de prix.