Potnawak le grand nain
J'ai adoré ces 3 premières saisons (les seules que j'ai vu jusque là). Alors bien évidement ce n'est pas une série qui fonctionne sur l'empathie avec les personnages.
Ceci dit objectivement j'ai à peu près autant à voir avec les bouseux de True Blood qu'avec les héros de séries plus consensuelles (à base de trentenaires adulescents hyper bourgeois dont les seuls problèmes sont leurs histoires de fesses et de cœur).
C'est sans doute l'une des séries les plus folles depuis Twin Peaks, je m'attends à voir débarquer des nains parlant à l'envers dès le prochain épisode. Toutefois, il s'agit ici d'un Lynch version Sailor et Lula, dopé au South Park et marqué au fer rouge par les films de Robert Rodriguez.
On prend un plaisir sadique il faut bien le reconnaitre à voir Sookie se faire massacrer, encore et encore (telle Kenny), à voir Jason se lancer dans des entreprises toujours plus stupides, à voir Sam essayer de jouer les héros alors que son rôle de chien garou fait penser à Alain Chabat dans Didier, en beaucoup plus drôle. Au passage, alors qu'on pouvait craindre un hymne gnangnan à la tolérance, argument de vente fallacieux s'il en est de la série; tout le monde en prend pour son grade.
Les bouseux sont flippants comme dans un bouquin de Cormac Mac Carthy, on peut aussi penser à Deliverance. Les flics sont incompétents, brutaux et alcooliques. Les religieux sont des escrocs, des cinglés dangereux voire les deux. La rebelle Tara, d'abord séduisante, devient vite plus que lourdingue à force de victimisation. Effectivement le seul personnage un peu sympathique est Lafayette, une grande follasse qui deale et se prostitue. Autant dire que pour ce qui est de l'ambiguïté et d'une atmosphère poisseuse on pouvait difficilement espérer mieux.
Et la troisième saison avec l'apparition de russell edginton et ses loups garous nazis marque une étape fabuleuse dans la folie furieuse.
Pour être synthétique, comme le true blood qui donne son titre à la série; c'est une des séries les plus barrés et originales de ces dernières années, une charge féroce et furieuse contre l'amérique d'aujourd'hui et d'hier en même temps qu'un hommage à la série B horrifique (anna paquin fait une formidable scream queen). C'est un peu ce que romero ou carpenter on toujours voulu faire sans jamais y arriver, à mon gout, aussi bien.