On peut dire que l'année 2014 commence bien, et il sera difficile pour HBO et ses concurrents de faire mieux que "True detective", série très attendue et remplissant pratiquement toutes ses promesses, que ce soit en matière de réalisation, d'histoire, de casting ou d'ambiance.
Inspiré par le recueil "Le roi en jaune" de Robert W. Chambers et conçu comme une anthologie proposant un nouveau casting et une nouvelle histoire à chaque saison, à la manière de "American Horror Story", "True detective" nous propose au premier abord une intrigue extrêmement classique et balisée mais qui trouvera tout son intérêt dans son approche, éclatant le récit dans le temps et s'attardant avant toute chose sur le destin de ses personnages.
Ecrite par Nic Pizzolatto et mise en scène par Cary Fukunaga, cette première saison s'apparente d'avantage à un long-métrage de huit heures qu'à une série télévisée lambda (on pense forcément à "Top of the lake"), et nécessitera sûrement un second visionnage afin d'en saisir toute la richesse narrative et formelle.
Pizzolatto et Fukunaga soignent leur écrin et apposent une ambiance pesante et mortifère, nous entraînant au coeur des ténèbres d'une Louisiane plus fantasmatique que jamais, hantée par des esprits et des démons insaisissables et destructeurs, poussant l'homme à sa perte comme le ferait une nature sauvage et capricieuse sur la région elle-même.
Radiographie sur vingt ans d'une Amérique oubliée et que l'on préfère ignorer, "True detective" fascine et hypnotise pour peu que l'on soit réceptif à ce genre d'ambiance, privilégiant l'atmosphère à l'action, croquant des personnages complexes et humains, à commencer par le duo de flics incarnés avec force par Woody Harrelson et Matthew McConaughey, le premier transcendant un rôle un peu ingrat par une justesse et une certaine fragilité quand le second explose de charisme et incarne un des anti-héros les plus intéressants de la télévision actuelle. Des figures masculines qui ne seraient rien sans des seconds rôles féminins irréprochables, que ce soit Michelle Monaghan, touchante et sublime en femme délaissée, ou bien encore Alexandra Daddario, simplement atomique et apte à vamper le diable en personne.
Bien que le final ne tienne pas toujours les promesses d'une apocalypse latente et qui ne demandait qu'à surgir, "True detective" est une des séries les plus réussies de ces dernières années, compensant une intrigue banale à la "Memories of murder" par une beauté formelle ahurissante, par des protagonistes finement écrits et par une ambiance digne des plus grands romans noirs américains.
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