Alors oui, je le reconnais, le jeu d'acteur est incroyable, la mise en scène grisante, l'ambiance enivrante, le décor - le bayou louisianais, morne et tortueux- est somptueux, magnifié par le travail remarquable d'une photo impeccable (Adam Arkapaw épatait déjà dans top of the Lake) ... Le plan séquence est vraiment surprenant tant parce qu'il arrive après 4 épisodes de mise en tension que par les enjeux techniques qu'il a du demander. J'avoue avoir dévoré les 8 épisodes d'une seule traite mais je ne m’étend pas sur le sujet tant vos critiques encensent déjà la série.
Cependant je ne comprend pas cet engouement: la série présente des personnages profonds qui ne sont en fait que des stéréotypes. Le système est simple, Nic Pizzolatto nous dévoile des personnages "types" qu'il développe par leurs antithèses tout aussi poncives.
- L'élégant policier et sa petite famille cache un policier qui picole et fornique avec tout ce qui bouge pour oublier l'horreur de son travail.
- L'inspecteur maigre et asocial qui répète à qui veut l'entendre que le monde est une bouse abjecte en biberonnant et en fumant clope sur clope est en fait un vieux de la vieil (à moitié) philosophe à la vie horrifique.
Un duo d'une originalité folle donc !
Outre ces clichés, le bon Nic, tout bon fidèle qu'il est, prêche en fait tout au long de la série. “Il n’y a qu’une histoire… La plus vieille de toutes… La lumière contre les ténèbres", Matthew Mcconaughey chie sur le monde et sur dieu pendant presque 7 épisodes mais se rétracte finalement et distingue la lumière divine dans un élan de souffrance christique. Le plan final exalte alors la pensé tonitruante du réalisateur: la religion c'est pas les salops qui profitent d'une fange au QI d'ectoplasme, la religion c'est regarder les étoiles et se rendre compte qu'il y à quand même quelque chose.. Splendide...
Autrement, Nic s'inspire certainement du king et de Chambers, peut être même de Lovecraft, mais merde on est quand même bien loin de l'horreur des maîtres, de celle qu'on pourrait espérer en décryptant vos critiques. Le premier tueur est incroyablement caricatural, grotesque, ridicule. Après une attente monstre ( alléchante au possible) on nous livre un monstre en slibard, une machette à la main et un masque à gaze en prime... Je passe sur la singularité de ses crimes... Le deuxième, plus travaillé, est tout de même loin d’être insolite. ( protégé par un énième complot ... )
Le rendu est donc génial mais standard et tellement moraliste...