Il est loin le temps où John Wayne et consort passionnaient les foules par leur péripéties héroïque et leur morale infaillible. Le cinéma a évolué, renvoyant au genre de nanar la mise en scène de ces sauveurs d'humanité. Le public en a marre. Ce qui marche, c'est de pouvoir s'identifier aux personnages. Monsieur tout le monde n'a ni 40cm de tour de bras, ni l'assurance d'être bon et juste.
Le format télévisuel suit donc cette tendance... de Walker, Texas Ranger des années 90 nous sommes passés à Breaking Bad 20 ans plus tard. On se régale devant Walter White en pantoufle et slip kangourou, parce que lui, c'est nous. Je me projette dans la possibilité que, moi aussi, on m'annonce un cancer et que du jour au lendemain je pète un câble.
Je fais ce constat car cette série pose d'entrée le décors avec non pas un true du cul auquel je vais m'attacher, mais deux. Deux foutus enquêteurs que tout oppose mais ici réunis au nom de leur crise de la quarantaine et des questions existentielles qu'elle suppose. Martin noie son ennuie dans l'alcool et le sexe quand Rust s'acharne au boulot. Ce sont limite seul ces deux personnages bien écrits et bien joués qui m'ont tenu en haleine. Qu'importe que le tueur soit gros, maigre ou petit, ce qui compte au bout du compte je trouve, c'est de comprendre ce qu'ils ressentent. Car eux, c'est nous.