1/8/2026 : Saison 1 Épisode 1 : Pilote :
C’est la troisième fois que je tente de regarder cette série et c’est donc la troisième fois que je regarde cet épisode que je connais bien maintenant. Le début de l’épisode est très bon, on voit les réactions de presque tout le monde, ce qui permet de nous faire ressentir la tragédie de la situation, mais aussi de nous présenter quelques personnages. La science du cadre de Lynch, les couleurs, la magnifique musique créant par moment à elle seule des climax émotionels, ce questionnement constant du « pourquoi quelqu’un ferait une telle chose ? », bref, tout marche à merveille. Niveau mise en scène, on peut parler de plusieurs choses. Il y a par exemple ce magnifique plan en contre-plongée montrant la mère montant les escaliers pour voir que sa fille n’est pas dans sa chambre, plan qui, en revenant plusieurs fois dans l’épisode, hantera à la fois la mère, mais aussi le spectateur.
Mais tout ça est vite brisé et on se rend assez vite compte que ce n’est finalement que de la télévision. On nous présente donc les personnages de façon directe et explicite, ça parle beaucoup, et les dialogues ne sont souvent que de l’exposition. Il reste quand même le charme du ridicule émanant du premier degré constant.
Note : 7/10
Plaisir : 2~3/5
On se fait sacrément chier, mais le rythme des dialogues et les répliques pas du tout naturelles m’ont fait rire plusieurs fois.
1/15/2026 : Saison 1 Épisode 2 – Traces to Nowhere :
Le principal défaut du premier épisode, à savoir le rythme qui devient trop lent et la longueur, n’est pas présent dans ce second épisode qui ne dure, Dieu merci, que 45 minutes. Épisode qui affirme définitivement la volonté des créateurs de rester dans le premier degré constant et de ne, en aucun cas, dénaturer les codes des soap operas classiques. On prend un cadre extrêmement restreint et on décide de le prendre au sérieux, sans aucune ironie, de faire de la mise en scène, d’avoir une magnifique photographie, de traiter des sujets lourds de façon non superficielle (reconstruction d’un couple qui a perdu sa fille ou panique morale d’une ado qui se met en couple avec le copain de son amie décédée, par exemple), et je ne parle même pas de la musique du thème principal, qui n’a pas peur d’être réutilisée à toutes les sauces (comme dans les soap operas classiques, j’imagine), tant elle est bonne et “passe-partout”.
Cette confrontation constante entre l’envie de faire quelque chose de vraiment bon et la nature médiocre d’un soap opera rend la chose très déroutante. Cette envie de fidélité à ce cadre rend paradoxalement la série consciente d’elle-même : on a donc l’impression que les personnages savent qu’ils sont des acteurs dans une série, que leurs répliques sont écrites, que tout cela est faux, ce qui donne un aspect très « rêve ». Et même si je sais que le thème du rêve va être discuté de façon explicite dans les prochains épisodes, on remarque qu’il est déjà présent ici sans être mentionné.
D’un point de vue scénaristique, on comprend bien que cette histoire de meurtre n’est qu’un prétexte et que le cœur de Twin Peaks réside dans ses personnages et leurs sous-intrigues. L’épisode réussit parfaitement à continuer la présentation des personnages commencée dans le pilote et à mettre en place les bases des intrigues à venir.
Note: 7?8/10
Plaisir: 4/5
1/22/2026 : Saison 1 épisode 3 : Zen, or the Skill to Catch a Killer :
Épisode réalisé par David Lynch, et ça se ressent. Pas seulement pendant la scène culte du rêve à la fin, mais durant tout l’épisode. À aucun moment je n’ai eu l’impression qu’une scène était filmée de façon conventionnelle, et il y a clairement une envie de faire de la mise en scène. On se croirait vraiment devant un film de Lynch.
Mais voilà le problème : ce n’est pas un film, c’est un épisode de soap opera, avec beaucoup de personnages, beaucoup d’arcs narratifs qui s’entrechoquent, et même s’il y a de brillants moments, et que si on prend chaque scène séparément c’est excellent, ça peine à créer une cohérence dans sa globalité. Chaque scène raconte quelque chose toute seule, sans se concerter avec celle qui vient après. On passe donc du coq à l’âne, de tel perso à tel perso, de telle situation à telle situation, sans transition. C'est plus un enchainement de scènes chelous qu'un épisode de soap opera.
Mais dans le fond, je ne pense pas que faire un épisode où Lynch peut s’amuser soit un problème. Ca casse la monotonie, permet de creer des scènes marquantes et rappel au spectateur que ce n'est pas une série comme les autres, et à part le problème de cohérence dans sa globalité, c’est un bon épisode avec de très beaux moments, qui introduit bien les concepts spirituels et mystiques qu’on verra dans la suite de Twin Peaks.
Note: 7/10
Plaisir: 4/5
J'ai éclaté de rire quand l'agent cooper a pris le nez de son acolyte en disant "bop"
1/29/2026 : Saison 1 Episode 4 : Rest in Pain :
Puisque le train est bien lancé après trois bons premiers épisodes, ça arrête de faire des efforts et laisse la locomotive avancer toute seule. Je ne demande même pas à l’épisode de faire de la mise en scène, mais juste de filmer ce qui se passe de façon digeste. Il y a beaucoup de scènes où l’on a du mal à comprendre ce qu’il se passe, tant le découpage est confus. Le manque de maîtrise (que ce soit dans la façon de filmer ou dans le scénario lui-même, extrêmement lourd et explicatif) fait que le « bon » ridicule du début de la série est remplacé par un vrai ridicule, peut-être drôle, oui, mais malgré lui. C’est dommage, parce que cet épisode sur les obsèques de Laura Palmer aurait pu être fort émotionnellement et nous en apprendre plus sur certains personnages.
Note: 4?5/10
Plaisir: 3/5
2/6/2026: Saison 1 Episode 5 : The One-Armed Man :
Cette fois, le problème n'est pas qu'il n'y a pas de mise en scène, au contraire, mais qu'il y en ait trop, et qu'elle soit mauvaise. L'épisode commence avec un travelling très tape à l'œil qui ne sert absolument à rien, et on comprend vite que c'est fait par un réal de soap opera à qui on a demandé de faire quelque chose de "cinématographique". Bref, pendant tout l'épisode, on a un découpage indigeste, qui en fait trop sans rien faire de concret. Les idées de mises en scènes qui marchent se comptent sur les doigts d'une main, je pense par exemple à la scène avec le hibou vers la fin par exemple (tiens, peut-être qu'elles se comptent avec un doigt seulement ^^)
Mais malgré ce gros problème, l'épisode se rattrape avec un bon script, qui fait avancer intelligemment plusieurs intrigues en même temps, sans que ça paraisse forcé. On se rend compte aussi que l'une des forces de Twin Peaks est le fait que chaque épisode est différent. La multitude de réalisateurs qui travaillent sur le projet donne à la série un côté "travail collectif" qui est très sympa à mon avis. Chaque épisode a son propre ton, et celui-là décide de faire dans la comédie absurde, chose qu'il réussit à merveille. Plusieurs scènes semblent tout droit sorties d'un film des Zaz ou des Nuls et il y a pas mal de gags qui sont bien trouvés.
Note: 5,5/10
Plaisir: 3/5
14/2/2026: Saison 1 Episode 6 : Cooper's Dreams :
Je pardonne à cet épisode ses quelques moments hasardeux de mise en scène (mouvements de caméra inutiles, choix de cadrages bizarres, etc.) parce que, contrairement aux deux précédents, on a enfin un découpage digeste, compréhensible, qui ne crie pas à chaque instant “JE SUIS UN SOAP OPERA POUR GRAND-MÈRE”. En plus de ça, il y a des idées de mise en scène assez sympathiques. Je pense par exemple aux choix dans la manière de filmer les conversations : quand ça veut montrer que le lien entre les persos est fort, les deux discutent dans un seul plan, et quand c’est le contraire, que la relation est en danger ou qu’une séparation existe entre les personnages, c’est filmé avec un champ/contrechamp sans amorce. Ça donne par exemple une belle scène entre Donna et James, au début séparés par deux cadres différents, et puis, quand la tension s’est estompée, réunis dans un même plan.
Mais en plus de simples outils de mise en scène intelligents, cet épisode crée parfois des moments puissants et évocateurs. Comme exemple, je pense tout de suite à la magnifique scène de danse vers la fin de l’épisode, où les gestes et les gémissements du père de Laura se transforment en une chorégraphie enjouée qui ravit la foule.
Pour ce qui est du scénario, le fil rouge de l’enquête permet à d’autres sous-intrigues de vivre et de se développer de façon fluide et naturelle, et bien qu’elles soient toutes sur le papier des problèmes de cœurs et de tromperies, elles sont en réalité très différentes, et chacune d’entre elles parle de quelque chose d’unique.
Épisode aussi important, car il casse définitivement l’image angélique et innocente de Laura Palmer des premiers épisodes, il remet aussi sur la table ce qui semble être le thème principal de la série, à savoir le combat éternel entre le bien et le mal, combat qui semble toujours être gagné par le mal…
Note: 7/10
Plaisir: 4/5
Soirée de saint-valentin Twin Peaks=peak
2/19/2026 : Saison 1 Episode 7 :
Simple épisode de préparation au final. C'est beaucoup plus sombre et froid que les épisodes précédents, et on sent que ça devient sérieux, le spectateur est donc préparé, il sait que quelque chose d'important va bientôt arriver. En termes de mise en scène c'est très basique, ça ne prend pas de risque. La signature de l'épisode est de commencer les scènes avec des plans larges, et de zoomer petit à petit sur l'endroit où se passe l'action. Il y a aussi beaucoup d'aisance dans le découpage pour ce qui est des mouvements de caméra de manière générale, mais je doute qu'ils aient un but autre que celui de fluidifier les scènes ou de donner un petit air "cinéma" au truc. Scénaristiquement, ça met en place, de façon très conventionnelle, les éléments qui devront servir à construire le final de la première saison. Il n'y a donc pas grand chose à dire : un épisode "fonction" correct qui fait bien son boulot.
Note: 6/10
Plaisir: 3/5
2/19/2026: Saison 1 Episode 8 :
Le final de la saison 1 est réalisé par le scénariste de la série Mark Frost, et sa manière de filmer est clairement celle de ceux que j'appelle les "scénaristes faux modestes", qui en surface, font une mise en scène invisible (ce qui est déjà assez compliqué à faire), voulant tout d'abord mettre en avant le scénario, mais qui se retrouvent à faire (peut-être sans même le savoir) beaucoup plus. Le découpage est à l'écoute de la situation, il n'y a pas un unique dispositif passe-partout utilisé pendant tout l'épisode, et chaque scène est filmée d'une manière qui prend en compte ce qu'elle montre. Ce final offre à la fois une bonne conclusion à la première saison, mais laisse en même temps beaucoup de questions en suspens tout en ajoutant de nouveaux mystères. Pour chaque question à laquelle on répond, on en a trois qui s'ajoutent. L'équilibre trouvé est parfait, laissant le spectateur sur sa faim, sans être pour autant frustré.
Note: 8/10
Plaisir: 4/5
SAISON 1:
Il y a un truc très particulier avec Twin Peaks où les écarts paranormaux (rêves prémonitoires, visions... etc) ne sont pas pris comme des éléments surnaturels, mais plutôt de façon très sérieuse et au premier degré. Lynch impose au spectateur une métaphysique qu'il accepte sans broncher, ce qui fait de Twin Peaks une expérience "spirituelle" très intéressante. C'est d'ailleurs étonnant et dommage que très peu de films ou de séries n'abordent le paranormal de cette façon. C'est comme si les cinéastes avaient oublié qu'en art, tout est permis.
Prise dans sa globalité, la première saison est super. Il y a certes un ou deux épisodes moyens, quelques mauvais choix (l'épisode lynchéen qui arrive trop tôt dans la série par exemple) et la mise en scène est parfois un peu plate pour ne pas dire amateur. Mais c'est rattrapé par les belles couleurs, l'atmosphère, la musique, les intrigues et sous-intrigues, le pouvoir comique, la profondeur dramatique, l'écriture des personnages et... de jolies filles et du café !
Note: 7/10
Plaisir: 4/5
3/5/2026 : Saison 2 Episode 1 : Que le géant soit avec vous :
Nous avons affaire à du cinéma. Lynch fait du Lynch, il n y a donc pas grand chose à dire ou à analyser, car le cinéma de Lynch est un cinéma pur, limpide, d'une simplicité effrayante qui ne peut pas être expliqué ou traduit en mot. Avec sa caméra, il crée des mots qui n'existent pas dans le dictionnaire, et pour décrire ce qu'il fait, il faudrait d'abord les inventer. En d'autres termes, (et comme il le dit si bien lui meme) il est inutile de parler de ses films, il faut les voir.
Le premier episode de la saison 2 ne commet pas la meme erreur fatal de celui du pilote. Pour le premier épisode de la serie, Lynch n'a pas réussi a maintenir un bon rythme sur 1h30. Dans cet épisode, il regle le probleme en rendant les scènes plus lente, ce qui dilate le temps, et rend les 90 minutes plus naturelle. En plus de rendre le rythme fluide, cette lenteur est justifié par le fait que c'est un épisode qui arrive juste apres un épisode ou énormement d'evenements se sont passés, il faut donc clarifier les choses et prendre son temps pour que la reprise des evenements ne soit pas brusque.
Autre chose qui j'ai trouvé impressionnant, l'atmosphère burlesque et le surjeu des acteurs ne minimise jamais la charge dramatique des scènes. Un cohabitation de tons tout à fait etonnante.
Bref, c'est pour l'instant le meilleur épisode de la série.
Note: 8,5?9/10
Plaisir: 4/5
3/11/2026: Saison 2 Episode 2: Coma :
Rien à rajouter sur ce que j'ai dit pour le dernier épisode, apart que, vu que l'épisode est plus court, on n'a pas des scènes à rallonge pour maintenir un rythme cohérent. Je ne sais pas ce que réserve la suite, mais Twin Peaks s'est radicalisé artistiquement parlant avec ces deux épisodes, et l'impression d'être devant un soap opera lambda qu'on avait tout au long de la saison 1 (pas forcément une mauvaise chose en soi) s'est plutôt estompée. Dans « Coma » on a le droit à de vraies idées de cinéma, à une séquence musicale, à un montage « psychédélique » à la fin, et à de longues conversations qui développent des idées « annexes » qui n'ont pas vraiment de lien avec l'histoire. Bref, un super épisode, signé Lynch !
Note: 8/10
Plaisir: 4/5
3/18/2026: Saison 2 Episode 3: L'homme derrière la vitre :
Certes, ce n'est plus Lynch derrière la caméra, mais est-ce vraiment un problème ? Je ne pense pas qu'une overdose de cinéma soit vraiment bénéfique pour un soap opera. De plus, ce n'est pas comme si c'était mal filmé, et on est clairement au-dessus de la moyenne des séries TV en termes de mise en scène. La superposition des tons marche toujours aussi bien ; on passe du comique au dramatique, en passant par du lyrisme et même du fantastique, et tout ça sans difficulté et sans que ça paraisse forcé.
Dans cet épisode, on a pour la première fois l'impression que l'enquête avance vraiment, les sous-intrigues se développent plus vite que d'habitude et on a le droit à deux ou trois nouveaux personnages (j'aime bien le perso de Dick). C'est évidemment une force pour l'épisode, mais en même temps, j'ai un peu peur que si ce rythme continue, ça finisse par s’essouffler et que ça commence à tourner en rond.
Le peak de l'épisode est évidemment les quelques secondes de "confrontation" entre l'agent Truman et Albert Rosenfield, et la tirade de ce dernier sur l'amour et le pacifisme. Clairement, Lynch qui parle à travers un des persos de la série : ça ne se soucie pas de savoir si le personnage en question dirait vraiment ce "monologue" de lui-même et si ça va avec sa personnalité, mais je trouve que ça marche quand même pour deux raisons :
-Si on réfléchit bien, la tirade est plutôt cohérente avec le personnage
-Y a un petit côté "Lynch qui possède un perso", comme une sorte de fantôme, que je trouve sympa
Note: 7/10
Plaisir: 4/5
3/25/2026: Saison 2 Episode 4 : Le journal de Laura :
Alors... tellement de choses à dire que je ne sais pas par où commencer. C'est à la fois un épisode très sérieux et dramatique, et en même temps, l'un des plus ridicules et légers — on est quasiment sur une sitcom niveau intrigue. J'ai souvent répété que l'une des forces de Twin Peaks est sa capacité à faire cohabiter plusieurs genres et tons, sans qu'un prenne le dessus sur l'autre, et je pense que cet épisode est celui qui réussit le mieux à le faire.
D'un côté, il y a Leland, qui a tué un homme en voulant venger sa fille, et qui doit maintenant préparer son procès. Une question est posée au spectateur : Leland est-il une victime ou un coupable ? Et dans quelle mesure son crime est-il justifié ? Ce meurtrier est traité par le reste des personnages comme s'il n'avait tué personne. Tout le monde comprend sa situation et la profonde souffrance qu'il vit. Leland n'est absolument pas jugé par les autres. Mais qu'en est-il de la justice ? Que doit faire le juge ? La décision doit-elle être froide et condamner cet homme doublement, ou doit-on laisser entrer nos sentiments dans un jugement qui se veut pourtant parfaitement rationnel ?
Toutes ces problématiques, la série les traite sérieusement et au premier degré, mais que se passe-t-il en même temps dans le même épisode ? Eh bien des mini-intrigues de sitcom, des gags, et une scène de combat en pyjama.
Twin Peaks, c'est un peu comme ce pote hyper con dans la vie de tous les jours avec qui tu te tapes des barres, mais qui en même temps est premier de sa classe. Parfois c'est très con, parfois c'est très profond, mais c'est toujours dans son contexte, au bon moment.
Note: 7,5/10
Plaisir: 4/5
3/31/2026: Saison 2 Episode 5 : La malédiction de l'orchidée :
En plus d'être une série bien écrite avec plusieurs fils qui se développent simultanément au cours des épisodes et un tas de personnages bien développés, Twin Peaks donne parfois l'impression d'être un film. Il n'y a rien de vraiment extraordinaire dans la mise en scène, mais le simple fait qu'il y en ait dans un Soap Opera (quasi une sitcom quand on voit certaines intrigues ou codes) est extraordinaire. Le travail sur la photo et la lumière est impeccable et digne de n'importe quel "vrai film" de cinéma. J'aime beaucoup la façon avec laquelle les visages sont proches et souvent de profil dans cet épisode. Beaucoup de "persona shots" qui permettent par exemple de montrer le rapprochement entre Donna et Harold Smith, dont les deux visages finissent par être séparés par des orchidées signifiant l'amour naissant (orchidées qui disparaissent de l'écran aussitôt le premier baiser échangé — un amour qui disparaît et qui est trahi aussitôt qu'il est avoué).
Cette caméra tremblante et cette atmosphère de suspense à la fin de l'épisode nous transportent dans une série B d'action. On a aussi droit à de la narration visuelle, et même à du symbolisme parfois. Il y a bien sûr quelques zooms et travellings malvenus, et des indices qui nous rappellent que ça reste du "cinéma" très rudimentaire, mais on peut voir ça comme la preuve que derrière la caméra, il y a une vraie volonté de faire quelque chose de bien.
Note: 7/10
Plaisir: 3/5
4/8/2026: Saison 2 Episode 6 : Démons
Même si je trouve la mise en scène un peu moins maîtrisée ici (quelques mouvements de caméra grossiers, des champs-contrechamps mal pensés… etc.), c'est tout aussi bien que ce que propose la saison 2 de Twin Peaks depuis maintenant 6 épisodes. Cependant, on voit le début des intrigues inutiles et interminables dignes d'une sitcom (censées prendre le relais après l'annonce du meurtrier) se dessiner, et on comprend rapidement que la qualité va bientôt baisser…
Il est intéressant de voir comment la folie de Leland est cachée par son déni (déni personnel et collectif). Le personnage de David Lynch, en plus de faire avancer le récit, et assez drole et loufoque. Il vient alimenter le potentiel comique et meme fantastique (la seule présence de Lynch suffit-elle à rendre le tout fantastique xD ?)
La scène de possession à la fin est super, et a le mérite de rendre explicite ce que nous raconte la série depuis plusieurs épisodes (l'omniprésence du mal, l'irrationalité de la malveillance qui trouve son origine dans la peur des humains, l'éternel combat pour la justice… etc.). Dans cette scène, l'atmosphère fantastique et pesante est bien maintenue grâce aux nombreux gros plans sur les visages et à la musique qui consiste en une longue note grave et angoissante.
C'est dommage que le meurtrier soit bientôt annoncé, car comme le dit si bien Lynch, le mystère autour de Laura Palmer est celui qui maintient tous les autres mystères ensemble. Je profite donc de mes derniers instants du bon Twin Peaks, en espérant que le final et le film rattrapent un peu le truc.
Note: 6,5/10
Plaisir: 4/5
4/11/2026: Saison 2 Episode 7 : Âmes solitaires :
Comme d'habitude avec les épisodes réalisés par Lynch, et comme je l'ai déjà dis dans la review de l'épisode 1 et 2 de la deuxieme saison, je n'ai pas grand chose à dire. De simple champs contre champs ont une puissance indescriptible, et certain plan donne l'impression d’être devant une peinture. C'est simplement du Lynch, c'est du cinéma, c'est excellent. Ça devient tellement abstrait par moment (tout en restant tres simplement fait) qu'il est difficile de mettre des mots sur ce qu'on voit. On atteint donc un abstraction qui fait penser à de la musique.
Je pardonne donc à cet épisode les moments de sitcoms chiants et dis que c'est très bien (à vrai dire, même ces moments la, j'ai l'impression que Lynch arrive à en faire quelque chose d’intéressant). Je pardonne aussi un gros défaut: celui de dire qui a tué Laura Palmer aussi tôt dans la série.
Note: 8,5/10 (surement plus proche d'un 7/10 si on prend l'épisode dans son ensemble)
Plaisir: 4/5
C'est juste mon avis, mais pour moi le cheval qui apparait dans la maison représente Leland (il est blanc, comme ses cheveux) et ca sert a montrer que le coupable etait la depuis le début devant nous, aussi évident à voir qu'un cheval dans un salon, mais que le déni de sa femme (et le notre aussi) empêchait de voir.
4/11/2026: Saison 2 Episode 7 : Âmes solitaires : (rewatch)
En vrai j'en ai peut-être fait un peu trop à mon premier visionnage.
Ce que fait Lynch a certain moment reste très bien (la conversation entre Nadine Ed et norma arrivant à montrer le triangle amoureux rien qu'avec un choix de cadre judicieux formant un triangle entre les trois personnes et mettant Ed face à face à Norma; Le champs contre champs entre Norma et Shelly ou on sent la proximité entre les deux personnages grâce aux amorces et au choix d'une longue focale, et ou derrière Shelly on voit la porte de sortie symbolisant sa peur de quitter son job; le plan sequence au début montrant un salon remplis de portrait de Laura Palmer, opposé a sa cousine dont la similitude physique aide le couple à surmonter leur deuil, et ou la caméra filme l'arrière du tourne disque de façon a ce qu'on ait l'impression qu'un cercueil est entrain de s'emparer du cadre; le ventilateur et le tourne disque symbolisant le cycle et le recommencement... etc etc) mais j'ai quand même l'impression que la scène de meurtre dure un peu trop longtemps et que (comme dans la plupart des épisodes réalisés par Lynch) y a un pti probleme de rythme.
Y a aussi la musique qui s'adaptent a chaque scène, et truc tres sympa, puisqu'il y a souvent plusieurs tons qui se superposent dans les scènes, on a parfois deux musiques en meme temps qui sont joué pour accompagner les deux registres. Je ne sais pas si c'est grace au mixage ou a des similarités dans l'harmonie des musiques superposée, mais a aucun moment ça ne sonne faux à l'oreille.
Ça aurait donc été un tres bon épisode si il n'y avait pas la sous intrigue avec Shelly et je sais plus quoi son mec handicapé qui dit "new shoes" ou jsp ptn.
Note: 7/10
Plaisir: 4/5
4/15/2026: Saison 2 Episode 8 : Conduite avec une jeune femme morte :
Après la folie et l 'extravagance de l'épisode précedent, on à droit à quelque chose de beaucoup plus posé. Cet épisode n'a pas peur d'affronter de longs silences et prend son temps pour établir l'atmosphère de chaque scène. On flirt avec le thriller par moment et la tension est bien construite (la scène d'intro par exemple), mais les instants de douceurs sont eux aussi touchants et efficaces (Andy qui voit son gosse pour la première fois ou Audrey qui parle de son père par exemple) J'ai aussi l'impression que contrairement aux autres épisodes, les personnages sont un peu plus "lucide" et le côté "wtf" omniprésent habituel est laissé de coté. On a même le droit au shériff Truman qui remet en question les visions de l'agent Cooper. xD (Enfin !)
Le thème du déni est beaucoup plus explicite. L'absence de soupçon de la part des habitants est plus troublant maintenant qu'on sait que Leland est le meurtrier. On reconnecte donc avec l'essence de Twin Peaks, à savoir chercher l'obscurité en dessous d'une surface innocente, et les sous-intrigues un peu bête de sitcoms ne prennent pas trop de place.
Note: 7?8/10
Plaisir: 3/5
4/17/2026: Saison 2 Episode 9 : Loi arbitraire :
Bon… C’est la conclusion de l’intrigue principale, il y a donc beaucoup de choses qui se passent dans cet épisode, et il y a donc énormément de choses à dire.
Tout n’est qu’expérience et représentation. La vie que nous vivons n’est en aucun point différente d’un rêve, ce qui fait que lorsque nous voulons expliquer ou décrire le monde physique de façon objective, nous nous heurtons à un mur métaphysique. Comment expliquer le physique avec le psychique ? Comment expliquer l’extérieur avec l’intérieur ? Transformer un jugement subjectif en un jugement objectif ? La « vue à la troisième personne » objective et complètement rationnelle n’est qu’un fantasme naturaliste, peut-être utile, mais fragile d’un point de vue épistémique.
Twin Peaks embrasse cette vision des choses. Il n’y a pas d’autre réalité que celle qu’imaginent les personnages de la série. Ce n’est pas que la frontière entre le réel et l’imaginaire est floue, c’est que cette frontière n’existe tout simplement pas ; l’imaginaire et le réel sont une seule et même chose. Il est donc inutile de chercher à comprendre si Bob « existe » vraiment, ou de savoir où il se trouve, puisqu’il existe en nous et que toutes choses existent en nous sous forme de représentations.
« — Vous croyez vraiment qu’une entité maléfique existe ?
— Est-ce plus crédible qu’un père ait violé et tué sa fille ? »
Cette phrase résume bien la philosophie de Twin Peaks. Il est inutile de se chamailler sur le statut de l’existence de cette entité, puisque ses effets, eux, existent bel et bien et sont expérimentés. Que ce soit un démon qui ait pris possession de Leland ou alors son inconscient, associé à un traumatisme refoulé (on a l’impression que Leland a été violé enfant), qui l’ait poussé à tuer sa fille, y a-t-il une vraie différence ? On peut s’enorgueillir de trouver des explications plus « réelles » et réalistes que celle de la possession, mais en fin de compte, même ce jugement scientifique et psychiatrique est lui-même basé sur des impressions et des représentations subjectives. Loin d’avoir percé les mystères de la « vérité objective » et de la réalité du monde physique, ce n’est qu’une reformulation un peu plus sophistiquée de l’explication par le surnaturel. Comme je l’avais prédit dès l’épisode 2 de la première saison, Twin Peaks se passe dans un rêve.
Carl Jung avait prédit la Seconde Guerre mondiale plus de 20 ans avant qu’elle n’arrive grâce à des rêves communs que faisaient ses patients. Le spectateur peut trouver ça ridicule que, dans le cadre si réaliste de Twin Peaks, la notion de rêve prémonitoire soit introduite, mais l’inconscient collectif est une réalité. Libre à vous de penser que c’est une révélation divine, ou alors un phénomène sociologique naturaliste ; la conclusion et les effets restent les mêmes. Perdre son temps à donner des explications naturalistes pour rassurer les spectateurs naturalistes, ou à donner des explications mystiques pour satisfaire les spectateurs mystiques détournerait du propos; Twin Peaks reste parfaitement neutre. La série ne s’intéresse pas aux causes et aux explications, mais aux effets, aux phénomènes. Cela permet d’attaquer le sujet de façon frontale, sans distraction. Le résultat est quelque chose de pur, quelque chose de VRAI avec un grand V.
Je ne sais pas si « Loi arbitraire » est le meilleur épisode de Twin Peaks, mais c’est clairement le plus important. Il répond à la majorité des mystères que la série développe depuis maintenant 17 épisodes et rend explicite, une fois pour toutes, le cœur du message de cette fiction. Il y a encore tant de choses à dire sur cet épisode, et je n’ai fait qu’effleurer la surface. Je n’ai même pas parlé de mise en scène alors qu’habituellement je ne fais que ça ! Mais je laisse ça pour quand je reverrai cet épisode et que j’écrirai une autre critique. Je pourrai faire une analyse moins globale et m’intéresser davantage aux détails.
Note: 8/10
Plaisir: 5/5
5/11/2026: Saison 2 Episode 9 : Loi arbitraire :
Toujours une très bonne conclusion au mystère. Très juste. Une masterclass de développement narratif et thématique, y a rien à dire, malgré des moments de soap opera qui sortent un peu du truc. Même si Loi arbitraire est essentiellement une prouesse scénaristique, c'est un épisode qui est aussi bien mis en scène. Il y a un sens de la scénographie remarquable qui donne un sentiment « théâtre », sentiment accentué par le fait que les personnages récitent parfois des monologues sans se regarder, ainsi que la façon de nous montrer avec des plans larges tout le décor, mimant le point de vue général qu'un spectateur a sur la scène quand il regarde une pièce de théâtre. On a donc parfois l'impression d'être devant une tragédie grecque, ce qui va parfaitement avec le ton sérieux et grave. De plus, Tim Hunter est toujours inventif dans sa réalisation ; il ne tombe jamais dans des champs-contrechamps génériques ou les réflexes de mise en scène de séries lambda, et même si parfois il en fait un peu trop (les plans inclinés par exemple) ça n'est jamais gênant. Un petit miracle de télévision.
Note: 8/10
Plaisir: 4/5
4/22/2026: Saison 2 Episode 10 : Dispute entre frères :
Bon bah on s'est bien amusé pendant une saison et demie, maintenant on va bouffer de la merde en attendant le final...
En vrai, ça commence relativement bien. En dépit d'un manque dans l’exécution, l'idée de montrer tous les personnages se réunir afin de montrer comment ils arrivent à maintenir les apparences malgré les multiples tragédies vécues par les habitants est intéressante et bien trouvée. Mais c'est vite rattrapé par un florilège d'intrigues de remplissage qui ne racontent rien. En plus d'être inintéressantes au possible, elles s'enchaînent extrêmement mal. On passe du coq à l'âne et les transitions sont si abruptes qu'on a l'impression que ce sont parfois des tentatives comiques...
De plus, c'est mal filmé, et beaucoup de choix de cadres sont très dérangeants et font amateur (des plongées ou contre-plongées qui ne vont pas avec l'action, des gros plans agressifs qui ne servent à rien, etc.).
Je suis quand même obligé d'avouer que ça marche encore un peu, et il y a des vestiges de ce qui faisait de Twin Peaks une bonne série, mais ils sont rares, et souvent cachés sous des couches de merde.
Bref, sans aucune transition, on passe d'une fresque sur l’Amérique et l'obscurité du monde, tutoyant Blue Velvet, à un dessin animé pour enfants produit par Nickelodeon. C'est simple : après l'épisode 9, je ne vois pas ce qu'il y a à rajouter à l'histoire. C'est sûrement intéressant pour voir l'impact que la restriction créative de la part des producteurs peut avoir sur une œuvre, mais en attendant, moi, je me fais chier hein.
Note: 5/10
Plaisir: 2/5
4/23/2026: Saison 2 Episode 11 : Bal masqué :
C'est mieux filmé que l'épisode précédent. Pas de mise en scène, mais au moins on comprend ce qu'il se passe sans trop de problème, et il n'y a aucun plan dérangeant ou agressif. C'est terriblement quelconque. La seule chose intéressante est le personnage trans joué par David Duchovny. Une nouvelle intrigue se dessine mais je suis profondément désintéressé car j'ai l'impression qu'elle ne raconte rien et qu'il est uniquement question de faire du remplissage. Les quelques moments « Twin Peaksiens » sont en réalité des répliques bateaux, balancées au spectateur, qui semblent parodier l'esprit de la série. À part ça, absolument rien ne me donne l'impression de voir la série de Lynch et de Frost. Les sous-intrigues me font physiquement mal.
Note: 5/10
Plaisir: 1/5
4/29/2026: Saison 2 Episode 12 : La veuve noire :
Twin Peaks n'a plus rien à raconter et est devenu le terrain de jeu de réalisateurs bons et mauvais. Ca a beau etre vide, cet épisode fait parti de ceux qui sortent du lot en terme de réalisations. Les couleurs, les cadres, la lumiere, donnent parfois l'impression d'etre devant un film, et cette impression est tout a fait justifié vers les dernieres minutes de l'épisode. Dommage que (que ce soit au niveau de la mise en scene ou du scenario) il n y ait rien à dire ou d'interessant à montrer.
Note: 6/10
Plaisir: 3/5
5/7/2026: Saison 2 Episode 13 : Échec et mat :
Je sens que je vais commencer à me répéter… Une bonne fois pour toutes : ce n'est plus la série de Lynch et de Frost ! C'est techniquement au-dessus de la moyenne des soap operas, la photo, l'éclairage et la musique sont toujours au top certes, mais le script patauge continuellement dans la merde avec une ou deux intrigues potables dans le tout, sur les 36 douloureuses de nullité… La seule chose intéressante que propose cette deuxième moitié de saison est une multitude de réalisateurs ayant tous une grande liberté, et donc, c'est un exercice intéressant d'analyser épisode par épisode la mise en scène, qui ne suit pas de canevas prédéfini.
Que fait Todd Holland dans Échec et mat ? Il a une approche intéressante de l'espace : tout ce qui se passe en hors-champ semble ne pas exister. La réalité se déroule uniquement dans le cadre qui nous est montré, et il y a donc des scènes assez loufoques, où un personnage apparaît de nulle part, émanant du hors-champ, et rentrant dans la réalité dans laquelle vivent les personnages comme par magie. Une vision intéressante de l'espace, bien que je doute qu'elle soit vraiment réussie ou utile pour l'épisode. Un autre aspect de la mise en scène de Todd Holland est la façon dont il filme les visages de très près, ainsi que sa manière de séparer les personnages par des champs-contrechamps, ou de les rapprocher par un plan large. Les dernières minutes de l'épisode, tout droit sorties d'un film d'horreur ou d'une série B d'action américaine, sont pour moi une réussite.
Note: 5,5/10
Plaisir: 3/5
5/7/2026: Saison 2 Episode 14 : Double jeu :
Réalisé par le très moyen Uli Edel, on à le droit à des idées de mises en scènes de mauvais gouts, vulgaires et grossières, au mieux amusantes. Ecrit par Scott Frost et non Harley Peyton, on troque la platitude tranquille mais efficace, avec de longues tirades verbeuses qui ne mènent nulle part. Un ou deux "sketchs" amusants et c'est tout il me semble ? On touche le fond oui; jviens de voir l'épisode et je ne me rappel même pas ce qu'il s y ait passé... je dois avoir fait une amnésie post-traumatique.
Note: 4/10
Plaisir: 2/5
5/9/2026: Saison 2 Episode 15 : Esclaves et Maîtres :
YOOOOOOOOO
Je suis entrain de devenir un peu fou hein. Si je bouffe encore une scene sur la guerre de sécession je suis capable d'aller en Suisse ou c'est légal, et de faire une Godard. Euuh Léo j'en ai un peu rien à foutre hein et le passé de l'agent Cooper c'est fou comme je m'en tape. Le climax de l'épisode avec Evelyn ou je sais pas quoi j'étais entrain de dormir et si jrevois encore un gag sur le fait que Nadine est super forte je supprime mon compte letterboxd et j'arrete de regarder des films. La seule émotion que j'ai ressenti c’était de la souffrance, je comprends pourquoi David Lynch a eu du beef avec Harley Peyton (pour la fun fact, il lui a crié dessus au téléphone et lui a demandé de lui rendre le pc sur lequel il ecrivait les scénarios à la fin de la série)
Le seul truc sympa que fait cet épisode, c'est offrir un terrain de jeu pour Diane Keaton (c'est amateur, c'est pas bien meme si y a des idées corrects de temps en temps, mais au moins elle s'amuse un peu)
Bref, tuez moi svp.
Note: 4/10
Plaisir: 1/5
5/13/2026: Saison 2 Episode 16 : "La femme condamnée :
Yooo alors Hank il a tiré sur Léo qui voulait tuer sa meuf, il prend 20 ans de prison, et Josie qui a un bodycount (nombre de personnes tuées) de 48 on lui pardonne parce que elle est quand même jolie, faut pas déc.
Plus sérieusement, La femme condamnée est un épisode "miracle" dans ce ramassis de merde, pour la simple raison que l'intrigue concernant Josie est plutôt intéressante, et que les intrigues débiles ne prennent pas trop de place (la guerre de Sécession est finie, youhou !). La mise en scène n'est pas mauvaise, même si elle abuse un peu des rails de travelling ; elle a quand même le mérite de tenter des choses et il y a quelques scènes presque réussies (les 5 dernières minutes sont très sympas malgré un léger manque de maîtrise).
C'est pas non plus au niveau de la saison un, mais les tons cohabitent plutôt bien, et même thématiquement, il y a quelque chose d'intéressant qui sort de l'histoire de cette femme qui, après avoir fait d'horribles décisions pour s'en sortir, meurt presque magiquement alors qu'elle braque son amant avec un pistolet.
C'est quand même sacrément triste ce qu'ils ont fait au personnage d'Audrey, hein. Elle était super intéressante en adolescente impossible à cerner qui avait des comportements contradictoires tout en restant un personnage cohérent et sans tomber dans l'aléatoire. Elle n'est maintenant qu'une "fille sexy" avec un semblant de personnalité. Cette simplification et ce lissage, en vérité, tous les personnages y ont eu droit, et c'est normal quand on se rappelle que les gens qui écrivent ces épisodes ne sont ni Mark Frost, ni Lynch ; les créateurs de ces personnages.
Note: 6/10
Plaisir: 2~3/5
5/16/2026: Saison 2 Episode 17 : Blessures et cicatrices :
Ça porte bien son nom parce que j’ai l’impression de m’être fait tabasser pendant 45 minutes. Non mais sérieusement, je suis en train de m’infliger ce truc alors que même Lynch n’a pas eu le courage de voir ces épisodes...
J’en peux vraiment plus... Et la liaison que va commencer Cooper, c’est pour m’achever ? J’ai pas compris le projet. Non mais soyons sérieux deux minutes : il me semble que, scénaristiquement parlant, rien ne marche ; on ne sait pas pourquoi Horne s’est transformé en Jésus, je vois pas l’intérêt de la romance avec Audrey, l’intrigue avec Nadine et celle avec Dick sont super connes et n’amènent à rien, je ne ressens rien pour le bro qui vient de perdre sa meuf qui a tué 3 ou 4 personnes, et le passé de Cooper est juste balancé comme ça sans raison, pour avoir un fil rouge un peu « sérieux ». Tout n’est que remplissage, et ça ne s’en cache même pas. Il ne reste que la mise en scène, qui a l'unique mérite d'etre un tout petit peu mieux que celle qu'on retrouve la moyenne des séries tv (la bonne affaire...)
Je commence à questionner l'interet d'ecrire des reviews épisode par épisode, vu qu'ils ne proposent absolument rien, si ce n'est des qualités techniques évidentes (musiques, photographie, décors etc) et parfois, une réalisation un peu mieux que médiocre.
Quelconque et douloureux.
Note: 4/10
Plaisir: 1/5
5/20/2026: Saison 2 Episode 18 : Les ailes de l'amour
Toujours la même merde dans laquelle la série patauge depuis l'épisode 10 (que j'ai décrite de 100 manières différentes au cours des dernières reviews), MAIS ! Pour la première fois depuis longtemps, on a une scène avec (un peu) de matière. Celle où Gordon (Lynch) regagne miraculeusement l'ouïe devant la beauté de Shelly. Ce qui est beau avec cette scène, c'est qu'elle est écrite de sorte que l'explication surnaturelle (le mec a vraiment retrouvé l'ouïe miraculeusement) et l'explication rationnelle (c'est juste un charo qui fait genre) soient possibles, et c'est au spectateur de « choisir » quelle explication il préfère. De toutes façons, dans les deux cas, ça ne change pas grand-chose au cœur de la scène, qui garde finalement la même signification.
Il y a aussi le fait qu'on s'est enfin débarrassé de la plupart des intrigues débiles des anciens épisodes et que narrativement, ça se dirige enfin vers quelque chose de concret (la Loge Noire). Même si cet élément n'est pas vraiment traité dans cet épisode, il annonce une suite prometteuse.
Bon, comme je l'ai dit au début de la review, ça reste le même foutage de gueule d'Harley Peyton, avec en supplément un début d'amourette cul-cul de Cooper.
Note: 5,5/10
Plaisir: 2/5
5/20/2026: Saison 2 Episode 19 : Variations on Relations :
Fallait voir comment j'ai célébré quand j'ai vu que l'épisode était coécrit par Mark Frost. Je retrouve enfin Twin Peaks et pas la vulgaire sitcom d'Harley Peyton, portant sans raison le même nom. J'étais content de voir un peu de matière dans l'épisode précédent, et bien ici (si on oublie les amourettes connes) il y en a tout le temps !
Les relations entre personnages ont enfin un sens et elles racontent des trucs, ont un but, vont quelque part. Pour la première fois, on ressent le décalage entre l'ancien Horne cupide et le nouveau Horne « Jésus » aux bonnes intentions. Les confrontations et dialogues ne sont pas là uniquement pour faire avancer des intrigues et développent des idées ou des émotions (la confrontation silencieuse de Donna et sa mère ; celle d'une ado qui découvre que sa mère n'est pas une sainte, les dialogues à propos de Rosie qui parlent du fait que la seule qualité de cette femme est sa beauté, ou qui essaient de nuancer ses horribles actions… etc.)
Le concours de beauté de Twin Peaks semble être une réflexion de la série sur elle-même, qui avoue qu'elle n'est qu'une vitrine de jolies actrices, en plus d'être une jolie façon de montrer la superficialité des habitants. L'intrigue concernant la Loge Noire est prometteuse et suffisamment intrigante pour se permettre de ne pas trop en révéler pour l'instant.
L'épisode est néanmoins parasité par les restes de remplissage, mais c'est presque le premier bon épisode depuis très, très longtemps.
Note: 6,5/10
Plaisir: 3/5
5/23/2026: Saison 2 Episode 20 : Le chemin vers la Loge noire :
"-Quelle est votre plus grande peur ?
-La possibilité que l'amour ne suffise pas"
Le premier degré constant de la série fait que ce genre de phrase soit très frappante. On les prend au sérieux, et quand on nous explique que la source du Mal universelle se trouve à l'intérieur d'une chambre noire dans une forêt, on ne rigole pas ; on prend cette révélation avec gravité. Si l'idée d'obscurité cachée derrière des apparences de bonté n'était jusque-là que symbolique, elle devient d'un seul coup très concrète. Le Mal et l'Amour ne sont pas des constructions de l'esprit, ce sont des choses qu'on touche, qui se trouvent quelque part dans l'espace. Il n'est même pas question d'allégorie, ce sont les concepts eux-mêmes dont on parle. La mise en scène de Stephen Gyllenhaal réussit à montrer ce Mal concret, s'infiltrant dans le quotidien et les intrigues niaises des personnages. Il se manifeste physiquement par des tremblements, et sa présence est signifiée au spectateur par une intelligente utilisation d'un ostinato (motif musical récurrent), par le travail sur l'ambiance sonore ou sur des choix de découpage. La scène qui réussit le mieux à le faire est celle de la discussion entre Cooper et Heather Graham (pardon, j'ai oublié son nom dans la série) dans le café de Norma : le dialogue est un flirt banal, mais le son des portes qui se ferment, des assiettes et les bruits de pas sont accentués. La caméra s'éloigne lentement et une musique angoissante se superpose petit à petit à la musique joyeuse qu'il y avait au début. Une assiette se casse, et la scène se clôt sur un gros plan des morceaux tranchants éparpillés sur le sol.
Les dernières minutes expérimentales sont bien faites je trouve, et la réalisation est presque toujours inspiré, meme si ca manque parfois de maîtrise (mouvements de caméras tape à l'oeil ou inutile, bonnes idées mal exécutées... etc)
La tragédie approche. Tout le monde le sait. Tout le monde le sent.
L'amourette d'Audrey gâche un peu l'épisode cependant.
Note: 7/10
Plaisir: 4/5
Journal de bord à suivre sur Letterboxd: https://letterboxd.com/konigsberg2006/film/twin-peaks/