J’avais ce drama dans ma liste depuis plus d’un an, portée par l’empreinte laissée par The Glory et Youth of May. Autant dire que mes attentes étaient là, peut-être trop.
Très vite, une première réserve s’impose : les personnages secondaires. Leur traitement frôle souvent la caricature. Une touche d’exagération peut fonctionner, mais ici elle devient envahissante, au point de nuire à la crédibilité du récit. À force, on ne regarde plus des individus, mais des fonctions.
Autre difficulté : ce mélange de genres. Romance, thriller, vengeance, politique, comédie… sans véritable hiérarchie. C'est une signature fréquente des dramas coréens, mais ici, j’y ai surtout vu une logique presque “commerciale" comme si le récit cherchait à cocher toutes les cases plutôt qu’à creuser une direction. Le résultat donne une impression de dispersion.
La vengeance, qui aurait pu être le cœur du récit, reste étonnamment convenue. L’écriture manque de précision et surtout de tension. Rien ne m’a réellement surprise, au contraire, j’avais souvent une longueur d’avance sur le déroulé. Ce n’est pas tant un problème de simplicité, mais d’absence de prise de risque.
Mais malgré tout, quelque chose résiste.
La relation entre la mère et son fils apporte une vérité que le reste du drama n’atteint pas toujours. C’est là que le récit devient sincère, sans doute parce qu’il renvoie à une réalité que je ne connais que trop bien.
Chez elle, la sévérité n’est pas un trait de caractère : c’est une nécessité. Une manière de tenir debout quand tout repose sur vous. Sa dureté devient alors une forme de courage, presque une discipline de survie, qu’elle tente de transmettre à son fils.
Lui ne voit que la rigidité. Elle refuse toute forme d’apitoiement, parce que la vie, justement, ne le permet pas.
C’est dans cet écart que le drama trouve sa justesse.
Il pose, sans vraiment y répondre, une question troublante : faut-il une telle exigence pour que les enfants réussissent ?
À travers elle, c’est aussi tout un système éducatif qui se dessine, en contraste avec le nôtre. Une pression plus forte, plus frontale, où l’amour semble parfois passer par la rigueur plutôt que par la douceur.
Au fond, ce drama me laisse une impression paradoxale : celle d’un récit trop maîtrisé dans sa mécanique pour surprendre, mais suffisamment ancré dans une réalité humaine pour toucher, par moments, avec justesse.