Nouvelle mini-série évènement diffusée par Netflix, Unorthodox est l’adaptation des mémoires de Deborah Feldman, Unorthodox : the scandalous rejection of my Hassidics roots : une jeune femme ayant grandi et vécu dans une communauté juive hassidique de New York à Williamsburg ne supportant plus cette vie régie par une religion omniprésente tirant vers l’extrêmisme et qui décide fuir pour débuter une nouvelle vie. Ce n’est pas un sujet très gai qu’on a décidé de nous dévoiler, donc pas le genre de série qu’on regarde pour « se changer les idées » mais elle vaut la peine qu’on s’y intéresse tant le sujet est poignant et encore trop occulté comme c’est le cas de pas mal de pratiques religieuses.
Que d’émotions en seulement 4 épisodes ! Personnellement, je n’avais aucune connaissance sur cette branche du judaïsme dont je n’ai entendu que le nom alors pour apprendre, j’ai appris !
Tout d’abord, ce que j’ai aimé, c’est qu’on ne nous parle pas de cette communauté comme si c’était le diable incarné. Tout n’est pas blanc ou noir, mais nuancé.
On a cette très jeune femme, Esther (Shira Haas), qui vit au sein de cette communauté depuis toujours et qui nous la fait voir à travers son regard. Tout d’abord enfantin où on nous montre une ambiance plutôt spirituelle, familiale et bienveillante, puis d’un œil de femme adulte où sa vision diffère radicalement : milieu sexiste, rigide et oppressant. Elle fait tout d’abord pleinement partie de la communauté, adoptant tous leurs principes, idéaux et coutumes. Au point de renier sa mère qui a quitté la communauté alors qu’elle était bébé et de montrer un enthousiasme certain à se marier à Yankee (Amit Rahav), un homme qu’elle ne connaît pas, préalablement choisi par une marieuse avec l’accord de sa tante, sa grand-mère et sa future belle-mère.
On lui vend sa nouvelle vie de femme et d’épouse comme un nouveau départ, une nouvelle vie qui l’attendent. C’est le moins qu’on puisse dire ! Mais pas dans le sens entendu par son entourage ! Déjà, malgré un mari à priori sympathique, ils ne se connaissent pas et doivent dès le jour du mariage partager une intimité extrême (nuit de noce, vie à deux…). Bon, inutile de faire la critique du mariage arrangé, il me semble qu’on pense en majorité la même chose : ça pue. A moins d’un coup de foudre ! Et encore ! Ce qui n’est évidemment pas le cas ici. Ils sont sympas tous les deux mais très vite, ils se rendent compte que ça va pas le faire que ce soit d’un point de vue caractère mais aussi dans la chambre à coucher ! Ces scènes sont d’ailleurs particulièrement édifiantes : le manque d’expérience et les dogmes religieux font de ces moments qui devraient être tendres, extrêmement tendus et rendent l’acte sexuel douloureux pour Esty ce qui les empêche d’aller au bout et donc d’avoir un enfant. Cela met évidemment un coup inévitable dans leur vie de couple. Sans compter sur la famille (et plus particulièrement la mère de Yankee à qui il ne cache rien) et la communauté qui s’en mêle (cours d’ « éducation sexuelle », achat de godemiché et leçon de plaisir masculin, le plaisir féminin n’étant évidemment pas en question), mettant toute la faute sur Esty car l’homme ne peut pas avoir sa part de responsabilité dans ce désastre. Bonjour la pression !
(La suite de ma critique ici)