Journal d’un vampire m’a semblé être une série très divertissante et, franchement, bien meilleure que la médiocrité de Twilight. Elle part d’un matériau qui, entre d’autres mains, aurait facilement pu devenir un simple produit adolescent jetable, peuplé de beaux vampires, de regards intenses et de drame romantique sans vraie tenue. Mais ici, on sent qu’il y a eu un vrai travail des scénaristes pour donner à l’histoire du rythme, des rebondissements et des personnages capables de soutenir plusieurs intrigues sans s’écrouler trop vite.
Ce qui fonctionne le mieux, c’est que la série sait très bien ce qu’elle veut être et ne perd pas son temps à se faire passer pour une œuvre de prestige. C’est une série d’amours impossibles, de tension surnaturelle, de rivalités, de secrets, de trahisons et de personnages qui passent sans cesse de la douleur au désir à un rythme presque addictif. Mais l’important, c’est qu’elle sait faire circuler tout cela avec une vraie fluidité. Il se passe toujours quelque chose, et il y a presque toujours une raison de regarder un épisode de plus. Cette énergie narrative est l’une de ses grandes qualités.
La dynamique entre les personnages principaux fonctionne aussi très bien. Le triangle central a évidemment son pouvoir d’attraction, mais là où la série trouve vraiment son énergie, c’est dans la relation entre les deux frères, dans ce mélange de ressentiment, de lien, de rivalité et d’affection empoisonnée qui la rend plus intéressante qu’elle ne le semblait au départ. C’est là qu’elle cesse d’être seulement une série de romance vampirique et qu’elle gagne une vraie nervosité dramatique.
J’aime aussi le fait que, dans son propre registre, elle ne soit ni aussi molle ni aussi mièvre qu’elle aurait pu l’être. Elle a de l’humour, de l’obscurité, une certaine cruauté, et une vraie capacité à exploiter ses propres clichés sans s’y noyer. Elle ne réinvente pas le genre et n’atteint évidemment pas le niveau des plus grandes séries, mais elle sait transformer ses limites en partie de son charme. Lorsqu’elle assume pleinement sa nature de plaisir coupable et qu’elle l’exécute bien, elle devient beaucoup plus efficace.
Cela ne veut pas dire que tout fonctionne toujours. Il y a des hauts et des bas, des personnages qui dépendent parfois un peu trop du retournement de situation du moment, des passages assez absurdes et une tendance nette à l’excès émotionnel. Mais dans une série comme celle-ci, cela fait partie du contrat, et elle compense par son rythme, son charisme et sa vraie capacité à accrocher le spectateur. Tout n’est pas au même niveau, mais l’ensemble a de la vie.
Au final, Journal d’un vampire me semble être une série très agréable, très bien menée dans son propre registre et plus intelligente que beaucoup ne l’ont dit. Cela reste un feuilleton surnaturel, oui, mais un feuilleton bien construit, avec du rythme, des personnages attractifs et des scénaristes qui savaient maintenir le moteur en marche.